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Avec le canal Seine-Nord, le retour des grands projets en France ?

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Quelques-uns des projets promus par Solidarité & Progrès.

Après vingt ans d’études, d’estimations et de reports, le canal Seine-Nord devrait enfin voir le jour. Poudre aux yeux, manœuvre politique ou vraie rupture ? Le temps nous le dira. En tout cas, pour le plus grand bonheur des élus locaux, Manuel Valls s’est engagé fermement à Arras vendredi 26 septembre à lancer la construction de ce canal, « beau projet fédérateur pour la nouvelle grande région Nord -Pas-de-Calais Picardie ». Certes, on peut croire qu’il s’agissait également d’un petit clin d’œil pour faire avaler son projet calamiteux de big bang territorial.

Officiellement, pour le gouvernement, il s’agit de démontrer qu’à part organiser l’austérité pour tous, il veut également relancer l’investissement. Si l’État ne déviera donc pas de son intention d’économiser 50 milliards d’euros en trois ans, il ne veut pas s’interdire d’investir pour un « grand projet structurant » comme l’est le canal Seine-Nord-Europe dans lequel 12 à 14 000 emplois directs sont en jeu, dont le coût total est désormais estimé à 3,5-4 milliards d’euros.

Les 106 km du canal Seine-Nord à creuser entre Compiègne et Maquion près de Cambrai doivent permettre à des péniches de gros gabarit de relier la région parisienne et ses deux ports maritimes, Rouen et Le Havre, à l’Escaut et, au-delà, aux 20 000 kilomètres du réseau fluvial d’Europe du Nord.

Ce qui rassure :

  1. C’est que c’est la fin de la désastreuse politique des PPP (partenariat public-privé) qui profitent le plus souvent aux grands groupes et les grandes banques qui les contrôlent. Pour Cuvillier « certains [partenaires privés] voulaient d’abord faire de ce canal une vitrine de savoir-faire, englobant des équipements technologiques démesurés », ce qui faisait exploser les coûts.
  2. C’est que c’est Rémi Pauvros, le maire de Maubeuge et député PS qui soit nommé pour piloter la mise en œuvre du projet. En 2013, à la demande de Frédéric Cuvillier, à l’époque ministre des transports, Pauvros fut chargé de reconfigurer le projet. Résultat : le coût du projet est revu à la baisse. Des écluses moins hautes et un tracé qui reprend sur dix kilomètres celui du canal du Nord. Le coût estimé du chantier passe d’une fourchette de 6 à 7 milliards d’euros à une fourchette de 4,4 à 4,7 milliards d’euros.
  3. C’est que le gouvernement s’affirme déterminé à remettre un dossier de demande de subvention à la Commission européenne pour ce projet à dimension transfrontalière. Cette subvention passera de 6 % à 40 % du projet (1,8 milliard d’euros). Cuvillier annonce qu’il a « obtenu la signature du commissaire européen aux transports Siim Kallas pour un financement possible à hauteur de 40 % ».
  4. C’est que Bercy n’a pas mis son véto. Emmanuel Macron, après tout, est un ami de Michel Rocard qui défend depuis trente ans le canal Seine-Nord.
  5. C’est qu’une date précise a été fixée : le chantier sera lancé en 2017 pour une mise en service en 2023.
  6. C’est que c’est le début d’un retour à un Etat stratège. « On va faire bien attention à ce que les entreprises locales puissent en profiter », s’engage Rémi Pauvros, « Ce qui change par rapport à l’ancien projet, c’est l’allotissement », explique le lobbyiste Christian Decocq. « Ce ne devrait pas être un marché d’un bloc de 4,5 milliards d’euros, seulement supportable par Bouygues, Vinci ou Eiffage, sous-traitant une partie à des entreprises locales sous des conditions très peu avantageuses pour elles. Mais des lots : un appel d’offres pour creuser tant de km de canal, un autre pour construire une écluse… » Résultat, les grands groupes, mais pas seulement eux, décrocheront des marchés. « On ne peut pas se passer de leur technicité et de leur puissance », indique Rémi Pauvros. « Par exemple, quand il faudra terrasser des milliers de mètres cubes de terrain, on aura besoin d’eux », reconnaît Alain Sur, président de la fédération régionale des travaux publics. Mais au nom des 330 entreprises régionales qu’il représente, il espère aussi décrocher des marchés et table sur 1000 des 6000 à 7000 emplois directs prévus sur l’ensemble du tracé. « Il faudra néanmoins être vigilant à ce que les lots ne soient pas trop gros pour qu’ils nous soient accessibles. »
  7. C’est que le gouvernement annonce vouloir être « au rendez-vous financier » en dégainant un milliard d’euros plus 700 millions d’emprunt qui viendront s’ajouter au milliard d’euros réuni par les Régions (Nord - Pas-de-Calais, Picardie et Île-de-France) et Départements (Nord, Pas-de-Calais, Somme et Oise).

Ce qui inquiète :

  1. C’est que le milliard promis par l’État est suspendu à l’écotaxe. Mais Manuel Valls explique que sa nouvelle version, le péage de transit poids lourds, participera à cette manne. Mais comme il va rapporter moins, il est envisagé d’augmenter le gazole de 2 centimes, où, une idée bien plus lumineuse, de se financer sur les sociétés d’autoroute qui ont engrangé des profits considérables.

En France, à part les écologistes (EELV) et le Front national (FN), tout en restant vigilant, tout le monde se réjouit de la direction que prennent les choses.

Pour conclure, soulignons qu’avec le canal Seine-Nord, le gouvernement semble s’inspirer du « New Deal » du président Franklin Roosevelt. Il a seulement oublié que Roosevelt, afin de pouvoir lancer sa politique de grands travaux (barrages, électrification du monde rurale, etc.), avait pris soin de mettre les banques au pas, en particulier en imposant une séparation stricte des banques avec le Glass-Steagall Act. Aujourd’hui il faut faire mieux encore en recréant, comme le préconise Solidarité & Progrès, une véritable force de frappe souveraine de crédit productif.

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