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Belgique : le lobby bancaire vent debout pour saboter Glass-Steagall

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Alors qu’une partie de la classe politique belge envisage avec sérieux et détermination la perspective d’une séparation stricte entre banques d’affaires et banques de dépôts, le lobby bancaire est désormais vent debout pour empêcher ce qu’il considère comme un cauchemar absolu : la séparation stricte des banques.

Comme le disait le banquier progressiste Eric de Keuleneer dans La Libre Belgique :

Le lobby bancaire s’organise très efficacement et d’une manière internationale. Et même si la Belgique n’est pas un grand enjeu, les grandes banques veulent surtout éviter un précédent. Et si un pays, même un petit pays comme la Belgique, appliquait une réforme de ce genre et qu’elle donne de bons résultats, cela pourrait être un exemple pour d’autres. Je crois que le lobby bancaire fait de très grosses pressions.

Après tout, en Belgique, il n’existe plus que deux banques susceptibles d’être coupées en deux : Belfius (les dépôts belges de Dexia rapatriés dans une nouvelle structure de banque « universelle ») et la Kredietbank Banque de Crédit (KBC).

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Sur son blog, le député NV-A Peter Dedecker se livre à une défense passionnée du modèle bancaire actuel mélangeant trading, crédits et dépôts. Mais dans un article publié dans De Tijd, il pousse le bouchon beaucoup plus loin en accusant directement le Parti socialiste (PS francophone) de conspirer contre la très grande et belle banque (flamande), la KBC.

Dès le 2 décembre, le PDG de BNP Paribas Fortis Herman Daems, toujours dans De Tijd, estimait qu’il serait grotesque que la Belgique aille plus loin que les propositions européennes dont on attend toujours la couleur.

Plus sérieux, le PDG de la KBC, Thomas Leysen, également PDG d’Umicore, plaide pour une « réforme bancaire pas trop sévère » dans le quotidien flamand, De Standaard. Leysen, bien conscient qu’il préside le dernier groupe financier dont l’épicentre décisionnel est en Belgique,« s’étonne du manque de nuances et du ton dogmatique » du débat en cours.

Reconnaissant que le secteur bancaire a commis un certain nombre d’erreurs graves en 2008, Leysen nous prie aujourd’hui de faire la différence « entre la mentalité en vogue à la City et à Wall Street et la banque-assurance tel qu’on la pratique chez nous », supposément plus sage, mais vendant, avec bien plus de précautions, les même produits que là-bas. Les coûts des plans de sauvetages bancaires doivent être nuancés, affirme-t-il. Si Dexia reste un gouffre pour l’Etat, le plan d’aide à la KBC rapportera 5 milliards d’euros aux contribuables, ose-t-il.

Que le gouvernement veuille empêcher les banques de spéculer avec l’épargne des gens, rien de plus normal. Seulement, c’est quoi « la » spéculation ? Dans un monde où tous les marchés sont dérégulés, les produits dérivés s’imposent comme des instruments financiers capables de protéger les producteurs contre les risques.

C’est là où M. Leysen, pourtant banquier, devrait examiner les chiffres. D’après des analystes cités dans Le Monde, la valeur notionnelle des dérivés, au premier trimestre 2013, s’élevait à 693 000 milliards de dollars, soit dix fois le PIB mondial ! A priori, cela fait cher comme assurance. Ensuite, 78 % des dérivés sont des dérivés sur taux d’intérêt. Selon la BRI, sur les 5 300 milliards de dollars échangés tous les jours sur le seul marché des changes, seuls 7 à 8 % seraient utilisés par des opérateurs finaux non financiers souhaitant réellement se prémunir contre les risques... Comme quoi l’argument de M. Leysen est un peu léger...

Rappelons également que la dérégulation des taux fut imposée par les mêmes banques qui proposaient par la suite des assurances justement contre le risque qu’elles avaient elles-mêmes organisé. Non satisfaits de faire beaucoup d’argent avec cela, comme les condamnations récentes le prouvent, les taux de référence (Libor, Euribor, etc.) furent fixés en secret entre les grandes banques, afin de pouvoir gagner encore plus !

M. Leysen manque d’un minimum d’autocritique. Rappelons qu’en mai 2008 une petite tempête politique avait secoué la Belgique quand la presse avait révélé que KBC vendait des assurances-vie indexées sur le prix galopant des denrées alimentaires, notamment le blé, le sucre, le maïs, le soja, le café et le cacao. Sur sa plaquette, la banque qui vantait le produit clamait haut et fort : « Tirez avantage de la hausse du prix des denrées alimentaires ! »

Si nos banques ne peuvent plus vendre des dérivés à nos producteurs de pommes de terre, avance Leysen caressant le cliché d’une Flandre du passé, c’est les horribles banques étrangères implantées en Belgique qui le feront, affirme-t-il.

Sur ce point, Leysen n’a pas entièrement tort. Un « Glass-Steagall » belge ne sera qu’efficace que s’il réussira à catalyser un « Glass-Steagall global » et une mise en échec organisée des Empires financiers de Wall Street et de la City.

Et M. Leysen poursuit :

Ce qui m’inquiète encore plus, est le fait que certains ministres et partis politiques – si l’on en croit la presse – veulent aller encore plus loin (…) C’est le scénario d’une séparation totale entre les activités de trading et de dépôts. Un tel cantonnement dans un véhicule juridique à part – mais hors du cercle de consolidation – est l’objectif de certains. Mais est-ce bien réaliste dans le contexte belge ? Une banque d’affaires ne peut que fonctionner que si elle dispose de fonds propres conséquent.

En clair, déplore M. Leysen, si la loi est « trop sévère » si c’est la séparation stricte des banques qui est adoptée, c’est la catastrophe.

Ce qu’il oublie, c’est que le krach est devant nous et non derrière et que demain, les banques à qui on fera confiance, ce seront celles qui se seront débarrassées des produits à haut risque. Le but d’une vraie banque, c’est de réduire les risques et non pas d’en faire son beurre.

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