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Les brésiliens disent non à la dictature du foot... et à la dictature financière !?

La rédaction
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Par Jérôme Sinpaseuth, militant S&P

Alors que des millions de brésiliens descendent dans la rue pour protester contre la vie chère et la corruption, doit-on s’étonner des propos tenus récemment par le secrétaire général de la Fifa (Fédération internationale de football association), Jérôme Valcke : « Je vais dire quelque chose de fou, mais un moindre niveau de démocratie est parfois préférable pour organiser une Coupe du monde. »

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Manifestants brésiliens le 15 juin 2013 devant le Stade national de Brasilia ; « On a pas besoin de la coupe du monde, on a besoin d’argent pour les hôpitaux et l’éducation ».

En effet, selon lui, démocratie et football ne font pas bon ménage. Outre les pertes en gains financiers que font peser un peuple en colère qui réclame que l’investissement gouvernemental porte sur les services publiques, notamment les transports en commun, ce constat consistant à dire que le football et la démocratie sont antinomiques à plus de sens qu’il ne semble...

Dans un monde où la dictature douce ou le « soft power » domine les masses, il convient de souligner le fait que le football en tant que divertissement est l’ennemi de la liberté. Déjà au Ve siècle, Juvénal ,un poète romain, dénonçait le « Panem et circences » mis en place par l’oligarchie romaine pour éviter les rébellions d’esclaves. Depuis, avec l’idéal révolutionnaire français, il semble que cet aspect du système de contrôle des masses ait été exclu des analyses révolutionnaires.

Mais, au Brésil, c’est bien ce système de contrôle qui ne tient plus. Dans le pays qui a gagné le plus de coupes du monde dans l’histoire, il semble que la sacralisation du foot ne soit plus un frein aux revendications populaires. Au contraire, c’est en constatant les sommes colossales investies par le gouvernement brésilien dans la coupe du monde 2014 que le peuple s’est soulevé face à cette irrationalité institutionnelle. Le football passe avant le prix des tickets de bus !

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Sócrates, le philosophe brésilien du ballon rond.

En y regardant de plus près, les férus d’histoire du foot brésilien, ne seront pas insensibles au fait que ce sont des joueurs de football, qui ont participé à mettre fin à la dictature militaire en promouvant la démocratie.

Sócrates, [1] le philosophe brésilien du ballon rond, tel un spartacus des temps modernes, avait réussi à faire du football, alors outil de contrôle des masses, un catalyseur de changement face à la dictature.

Inspiré de son homonyme grec d’il y a 2000 ans, Sócrates utilisait sa notoriété pour transmettre ses idéaux progressistes et non pour gagner de l’argent grâce aux sponsors. Il disait :

Avec plus de liberté, de joie et de responsabilité. Nous étions une grande famille, avec les épouses et les enfants des joueurs. Chaque match se disputait dans un climat de fête. […] Sur le terrain, ils luttaient pour la liberté, pour changer le pays. Le climat qui s’est créé leur a donné plus de confiance pour exprimer leur art.

Au Brésil comme ailleurs, les niveaux de rémunération des joueurs de foot laissent sans équivoque leur soumission face aux puissances de l’argent. Fini le temps de la démocratie corinthienne. Les footballeurs qui marchent sur les millions, tel Lionel Messi (mis en examen pour fraude fiscale), ne se comportent pas mieux que nos chers Cahuzac et autres politiciens.

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Le footballeur barcelonais Lionel Messi et son ballon « d’or ».

Nulle surprise que du sommeil de la raison, resurgissent des monstres tels la banque JPMorgan, pour réitérer des propos inédits depuis les années 30 ; dans un document intitulé : « L’ajustement de la zone euro – bilan à mi-parcours », les analystes de la banque anglo-américaine expliquent la nécessité d’imposer des réformes politiques afin de supprimer l’opposition à l’austérité promue pour sauver les banques. [2]

Ils écrivent notamment :

Les systèmes politiques autour de la périphérie affichent de manière typique les caractéristiques suivantes : (...) une protection constitutionnelle des droits des travailleurs (...) et le droit de protester si des modifications peu appréciées sont apportées au statu quo politique. Les lacunes de cet héritage politique ont été révélées par la crise.

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Ainsi, force est de constater que la Fifa et la banque JP Morgan s’accordent pour dire que l’expression du peuple par le peuple et pour le peuple, est une mauvaise chose. L’Europe qui subit la dictature du foot et la dictature financière, doit donc s’inspirer du modèle brésilien et dire non ! Ca suffit ! Non à la dictature de l’austérité, non à la dictature du foot !


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[1Sócrates Brasileiro Sampaio de Souza Vieira de Oliveira (1954-2011), dit « Sócrates », est un milieu de terrain brésilien et ancien capitaine de la sélection nationale. Docteur en médecine et politiquement engagé pour la démocratie, il fut l’un des leaders du mouvement « démocratie corinthiane ».

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