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Canal Seine-Nord Europe : le gouvernement s’incline devant le boycott des banques

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En écartant une réforme bancaire ambitieuse et une réforme de notre système de crédit, aux mains de banques prédatrices, le gouvernement se livre à un exercice de masochisme. Restant disposé d’un coté à venir au secours de banques dont les bilans restent truffés de créances douteuses et toxiques (Dexia, Crédit Agricole, BNP Paribas, etc.), il doit subir simultanément l’emballement d’une bulle financière spéculative qui détourne les liquidités de tout investissement dans l’économie réelle.

Pas de meilleure preuve de cette impasse que ce qui vient d’arriver avec le projet de canal Seine-Nord Europe, projet universellement reconnu comme capable de participer à la relance de la croissance, l’emploi et l’aménagement du territoire.

Hier, à Lille, devant les responsables politiques et économiques de l’association Seine-Nord Europe, en pleine séance de lobbying pro-canal, le ministre du Transport Frédéric Cuvillier, lui-même originaire de Boulogne-sur-Mer, a eu bien du mal à trouver les mots pour justifier ce qui revient à une capitulation en rase campagne.

Et cela, alors que même Martine Aubry, maire de Lille, a rejoint la liste des 75 députés et sénateurs signataires d’une lettre du sénateur du Nord René, Vandierendonck et du député de la Somme Stéphane Demilly, envoyée vendredi à Jean-Marc Ayrault le sommant de réaliser le projet « sans plus tarder. » Un consensus exceptionnel. Quasiment tous les parlementaires de Picardie et du Nord - Pas-de-Calais ont demandé audience au Premier ministre.

Cependant, hier, devant les élus, le ministre a confirmé la remise à plat complète du dossier. De nouvelles études sont en cours (Ah les études !). « Le contexte économique a changé, le coût a changé, les modalités de financement ont changé », résume Frédéric Cuvillier qui estime qu’il a trouvé un dossier plombé par « une impasse financière d’un milliard et demi à deux milliards », le devis de départ de 4,3 milliards étant largement dépassé.

En réalité, comme l’écrit la Voix du Nord, les entreprises chargées de réaliser le projet (notamment le géant du BTP Bouygues) « considèrent qu’au vu des conditions de prêt actuelles, de l’incertitude des revenus tirées des péages fluviaux, des contraintes techniques et environnementales, et du dimensionnement des installations, le projet ne peut être rentable ».

Cette remarque est révélatrice :

  1. D’abord, elle démontre, et là nous sommes d’accord avec le ministre, que la politique des partenariats privé§public (PPP) est une catastrophe puisqu’elle livre les grands projets d’infrastructure à la logique prédatrice du court terme financier.
  2. Ensuite, elle confirme que la banque de Bouygues, BNP-Paribas, toujours la première pour prétendre qu’elle est au service de la nation, refuse de « prendre des risques » en investissant dans l’économie réelle.
  3. Enfin, elle démontre clairement que l’Etat, en renonçant à toute forme de crédit souverain se retrouve à la merci des banques privées et de leurs caprices.

Au lieu de prendre le peuple à témoin dans ce crime, M. Cuvillier nous chante qu’Il faut tenir compte des nouvelles réalités liées à la crise et à la rigueur budgétaire et donc « infléchir la trajectoire », et « trouver des financements innovants »...

Alors qu’Anglais et Allemands cherchent à raboter au maximum le budget européen, le ministre se fixe pour objectif de faire passer la participation de l’Union européenne de 6 % à 20 % voire 30 % du total et affirme que les nouvelles règles budgétaires des 27 pour la période 2014-2020 le permettent. Les collectivités territoriales, les partenaires belges et néerlandais (et pourquoi pas le Qatar ?) seront à nouveau sollicités. Les modalités du partenariat public-privé seront réexaminées. « Le budget de la commission Transports a baissé, mais je n’ai pas d’inquiétude sur la capacité de l’Europe à financer et le projet de TGV Lyon Chambéry Turin et le canal », affirme sans ironie Alain Gest, président de Voies Navigables de France (VNF).

Le drame dans cette histoire, c’est qu’en votant en faveur du simulacre de réforme bancaire proposée par M. Moscovici, une réforme qui écarte une séparation stricte des banques, nos députés ont rejetés précisément le type de « financement innovant » qui aurait fait l’affaire : celui d’un retour au Glass-Steagall Act et à une politique de crédit productif public.

Ceux qui veulent prendre cette question au sérieux doivent enfin se rendre compte que la bataille pour le canal Seine-Nord Europe et celle pour une nouvelle politique de crédit ne font désormais qu’une.

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