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Ce 18 juin…ou la vraie combativité dans le combat politique

La rédaction
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Nécessaire réflexion pour vaincre le fascisme et ses maîtres aujourd’hui :

par Eric Sauzé.

Venant de lire un livre de Maurice Schumann (né en 1911, mort en 1998, une des principales voix de la France Combattante à Radio Londres pendant la Deuxième Guerre mondiale), intitulé Un certain 18 juin (Omnibus, 1998), je me suis dit que je devais vous en faire part.

En effet, la créativité dans le politique relève strictement de la même nature que celle qui opère dans la science et les arts, et c’est à un « festin de créativité », si inspirateur pour notre temps de commémorations (1914, 1944), mais aussi de crise gravissime, que l’auteur nous convie.

Si cet ouvrage date de 1980 (40 ans après les événements, et il y a 34 ans déjà !), il relate de manière originale et puissante, ce jour de l’appel qu’on a qualifié, à bon droit, d’« historique », mais qui fut si discret dans son retentissement « médiatique » immédiat (comme on dit abusivement aujourd’hui). Ce livre n’a pas pris une ride. Il sait communiquer de manière extrêmement vivante, et donc bouleversante, le sens de l’action, pour qui prend au sérieux la nécessité d’agir aujourd’hui pour changer les choses. Il jette le lecteur sérieux dans le torrent à la fois tumultueux et rafraîchissant de l’histoire en marche, où nager pour y intervenir devient à la fois une nécessité et un plaisir.

On peut ne pas nécessairement se reconnaître dans tout ce qu’a dit ou fait Maurice Schumann (ce qui est mon cas). Son action pendant la Deuxième Guerre mondiale n’en demeure pas moins remarquable, commencée, notons-le, à 29 ans, âge où beaucoup se complaisent encore dans la fausse insouciance de ce qu’on appelle de nos jours, « l’adulescence », syndrome qui frappait déjà à l’époque, mais plus encore aujourd’hui. Modeste, mais sûr de son fait, l’auteur sait donc de quoi il parle ; il le fait avec cette autorité si naturelle à ceux qui ont « fait l’histoire » en toute simplicité, sans ostentation, mais avec courage. Cette étude en prend du coup une épaisseur remarquable.

Schumann y procède à une sorte de ’tour du monde’ de la journée historique du 18 juin. Il nous présente celle-ci telle que l’ont vécue, pensée et menée : Hitler, Mussolini, Pétain, Churchill, Roosevelt, Staline, Yonaï (Premier Ministre japonais), Franco, le général Noguès, Résident Général du Maroc, alors protectorat français, et les Parisiens.

Bien sûr, l’ombre portée de Charles de Gaulle, de son action ce jour même, de son célèbre appel et de ses répercussions historiques, est omniprésente. Mais le plus frappant est ailleurs : dans cette ’certaine idée’ de la France, si souvent mal comprise, que nous devons reprendre en main aujourd’hui pour demain.

Et, surtout, l’auteur dévide le double fil rouge, qui traverse tout ce livre palpitant et qui est brillamment exposé dès l’entrée :

  1. la conscience qu’ont les dirigeants fascistes et nazis de la fragilité de leur victoire, et même, pour certains, de la fatalité de leur défaite, et
  2. dans le même temps, comme en contrepoint, la mobilisation, à travers le monde, des émotions et de la raison de leurs ennemis, les acteurs de la victoire à venir, ce qu’on a pu appeler « le sursaut ».

Ainsi, le récit met le lecteur dans une position double, simultanée : celle du spectateur (avec le recul panoramique et historique que le déroulé implique) ET celle de l’acteur (avec la passion que suscite le vécu de l’action qui se fait en direct). Du coup, cette expérience double, « polyphonique », éveille en nous cette excitante sensation de la liberté dans l’action « qui se déplie », pour ainsi dire : l’émotion unique et intense de l’acte créateur, qui donne le goût d’agir.

Voici comment, étonnamment, s’ouvre le livre, dans son premier chapitre, consacré fort significativement à l’entrevue d’Hitler et Mussolini à Munich ce jour « fatal » (dans tous les sens du terme) :

J’ai perçu dans le peuple allemand les premiers germes de la défaite.’ Cette phrase est tombée des lèvres d’un personnage très célèbre, Benito Mussolini, le soir du 18 juin 1940, presque à l’heure même où quelques centaines de Français entendaient pour la première fois la voix d’un général à peu près inconnu. C’est Galeazzo Ciano qui recueille la boutade... ou la prophétie de son beau-père et s’empresse de la transcrire dans son Journal politique.

Il y a un autre point fondamental dans cette double entrée percutante, telle que Schumann la met en scène : S’il a choisi de commencer sa description par l’entrevue entre les deux dictateurs, c’est pour nous frapper. Nous l’avons vu, il nous montre, chez les chefs fascistes et nazis —apparemment maîtres de -presque- tout et les vainqueurs du jour—, la conscience, non seulement de la fragilité de leur « victoire » (on est le 18 juin 1940, quand même, et la France est écrasée à la suite d’une guerre éclair dont la rapidité a surpris les Allemands eux mêmes), mais aussi de l’inéluctabilité de leur échec. Ceci est déjà choquant en soi, pour qui en reste à la surface des choses.

Mais, dans son vaste panorama d’un jour, extrêmement documenté, par lequel il décrit les actions mais scrute aussi la psychologie des acteurs du drame, Schumann va plus loin : en optimiste combattant, il nous montre que, si le mal peut détruire (et souvent beaucoup, hélas), précisément parce qu’il n’est QUE destructeur, il ne peut jamais « gagner », à la fin.

L’autre point, lié au premier, et appelé par celui-ci, est une leçon pour nous autres, en 2014, pour tout combattant sérieux pour la liberté : ne jamais se laisser piéger par la culture castratrice de l’oligarchie porteuse de ce mal (songez à l’« opinion » instillée dans la population par cette caste « dominante », qui induit nos contemporains - et peut-être parfois vous mêmes ? - à penser ou dire, face au combat que nous menons à Solidarité & Progrès, ce type de commentaire impuissant : « c’est bien beau, tout ça, mais vous n’y arriverez jamais, on ne peut rien faire, ’ils’ sont trop forts », nous ne sommes pas assez,…).

Effrayée par le potentiel de révolte qui gronde dans le peuple (et de plus en plus ces jours-ci)contre ses politiques meurtrières et contre nature, cette caste veut nous maintenir le nez enfoncé dans le pessimisme des fausses apparences, qu’elle choisit de nous montrer, pour nous jeter dans des voies sans issue (populismes rageurs et impuissants, par exemple).

Notre défi de tous les instants doit donc être, au contraire, de voir et agir au niveau efficient, celui de la cause profonde des choses, qui réside toujours dans les principes créateurs, ceux qui engendrent leurs effets visibles et nouveaux dans le monde.

Vrai dans tous les domaines, en tous lieux de l’univers et à toutes les époques, ce phénomène est le fondement même d’une attitude vraiment humaine, et particulièrement dans le politique : c’est l’action créatrice, dans toute sa puissance et toute sa simplicité, d’un homme qui, identifiant la vraie causalité des événements, va, en agissant sur celle-ci, inspirer à agir d’autres hommes, de plus en plus nombreux, dans l’immédiat, mais aussi au-delà, dans le temps et l’espace.

Comme il est un parfait exemple de ce que j’ai tenté de décrire, je vous cite le dernier et remarquable paragraphe de la sorte d’épilogue par lequel Schumann, significativement, clôt son livre. Après avoir dit que, bien que De Gaulle ne pût pas savoir tout ce qui se passait dans le monde ce 18 juin 1940, même s’il l’avait su, il n’aurait pas changé son appel d’un iota (et pour cause ! -c’est moi qui ajoute), l’auteur conclut :

Cet acte de désobéissance (celui de De Gaulle, bien sûr) — bien que né d’un cœur révolté — fut d’abord un acte d’obéissance à l’Histoire. Un défi au destin, mais dicté par le bon sens, c’est-à-dire par l’art de deviner le monde. .

Les exceptionnelles circonstances d’aujourd’hui diffèrent, certes,sur de nombreux détails, de celles d’il y a 70 ou 100 ans. Mais elles leur sont si semblables, dans l’essentiel, que je n’ai pas résisté au plaisir de vous communiquer ce sens que « l’art de deviner le monde », et d’y agir pour le rendre meilleur, nous est donné à tous, pourvu que nous y travaillions en nous dépassant (ce qui n’est pas si compliqué qu’on l’imagine, quand on va au fond des choses...).

C’est dans cet esprit que je vous invite à (re)découvrir cet ouvrage, à lire ou relire Jaurès et De Gaulle, vous tous, et en particulier tous ceux qui ont oublié ou ne connaissent pas cette action, qui eut lieu dans une époque si tumultueuse, et par « ce si bel été 1940 » (du point de vue météorologique), en ces jours mêmes de notre été 2014 commençant.

Comme nous le rappellent Jaurès il y a 100 ans, ou ceux qui, comme et avec De Gaulle, combattirent et vainquirent il y a 70 ans, pour tout homme de bonne volonté est venue l’heure de faire l’histoire.

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