Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire Flash : 2 décembre - François Fillon veut six fois moins de communes et zéro départements Lire
Accueil Actualité

« Cessation de paiements » de l’Argentine : l’hommage du vice à la vertu

La rédaction
visites
841
JPEG - 103.7 ko
Affiches dans les rues de Buenos Aires : « Basta buitres » (Ça suffit, les vautours !)
Crédit : NA

L’Association internationale des swaps et dérivés (ISDA), qui a présidé à la croissance d’une bulle mondiale de produits dérivés de 1,7 millions de milliards de dollars, a eu l’audace de déclarer le 1er août l’Argentine en « cessation de paiements » pour son incapacité prétendue à effectuer un remboursement de 539 millions de dollars aux détenteurs d’obligations, situation qualifiée d’« événement de crédit ».

L’Argentine, comme tout le monde le sait, a effectué son paiement de 539 millions sur sa dette souveraine, qui avait été réorganisée en 2005 et 2010 avec l’accord de 93 % de ses créditeurs, transférant comme d’habitude les fonds en temps et en heure sur les comptes de son agent fiduciaire, la Bank of New York. Les 7 % de créditeurs qui avaient toutefois refusé l’entente, dont le fond vautour NML Capital de Paul Singer, ont reçu l’autorisation, par le juge de la Cour fédérale Thomas Griesa et son Special Master Daniel Pollack – maintenue par la Cour Suprême – d’être payés à 100 % de la valeur nominale pour les obligations déclassées et rachetées il y a six ans à faible prix, empêchant la BoNY de procéder au paiement à moins que les fonds vautours ne soient simultanément payés. L’Argentine a refusé, soulignant le profit de 1680 % qui en découlerait pour les fonds vautours, et le fait que la clause RUFO (droit sur les offres futures) exigerait que tous les détenteurs de la dette soient traités sur un pied d’égalité, ce qui conduirait le pays à la faillite.

Lors d’une conférence de presse le 31 juillet, le chef de cabinet du gouvernement argentin Jorge Capitanich a dénoncé le gouvernement Obama pour son manque de « rationalité », ainsi que les magistrats biaisés, qualifiant à juste titre Griesa et Pollack d’« agents des fonds vautours » :

Les Etats-Unis sont responsables de ne pas avoir agi de manière appropriée. Nous ne voulons pas entendre l’excuse de l’indépendance du système judiciaire. Ce dont ils sont indépendants, c’est de la rationalité. Ils sont indépendants de décisions qui sont compatibles avec le fonctionnement du système financier international, mais ils ne sont pas indépendants des fonds vautours. (…) Qu’il n’y ait aucun doute (...) le juge Griesa n’est pas indépendant ; il est un agent des fonds vautours, tout comme Pollack. De quel système de justice parlez vous donc ? (…) La communauté internationale ne peut endosser les actes de groupes minuscules ayant pour objectif de subvertir le processus de réorganisation volontaire de la dette d’un pays souverain. Que pouvons-nous espérer de dirigeants qui ne sont même pas capables d’intervenir pour mettre fin à des guerres où des gens sont tués ? Ils ne s’en soucient même pas – cela ne les dérange pas de voir la souveraineté des pays bafouée.

Dans un message vidéo du 25 juillet pour célébrer l’ouverture d’une nouvelle usine sidérurgique dans la province du Chaco, la présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner a de son côté souligné, sans en mentionner le nom (Glass-Steagall), qu’« il y avait jadis une loi aux Etats-Unis qui interdisait ce type de spéculation » que pratiquent les fonds vautours contre l’Argentine. Elle a clairement indiqué pourquoi une telle loi est nécessaire aujourd’hui :

Quiconque achète des titres suite à une cessation de paiements n’a clairement pas une bonne intention à l’esprit (...) car il veut spéculer et voir comment il peut faire plus d’argent. (...) Si ces pratiques arrivent à triompher dans le monde, qui voudra s’engager dans des investissements productifs tels que ceux consentis pour construire l’usine sidérurgique de Chaco, si dans six ans quelqu’un peut empocher un retour de 1680 % sans avoir rien [investi] ou rien risqué ? Si les vautours arrivent à leurs fins, il sera très difficile dans le monde de réorganiser les dettes, ou de convaincre les gens d’investir pour réactiver une économie mondiale qui a grand besoin d’emplois, de recherche et de développement dans la science et la technologie, etc.

Le « crédit démocratique » de Jaurès contre l’oligarchie

Contactez-nous !