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La criminalité financière « est une menace pour l’humanité »

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« Le crime organisé, c’est la face noire de la mondialisation » nous dit d’emblée Antonio Maria Costa, ancien directeur de l’Organisation des Nations unies contre la drogue et le crime ; « Leur richesse est significative aujourd’hui pour la stabilité des marchés financiers » , explique ensuite Jean-François Gayraud, expert de la police française sur la criminalité financière, « cet argent sale qui colonise le monde » , ajoute le narrateur, « c’est une menace pour l’humanité » , conclut Costa.

Ainsi débute le documentaire révélateur de Nicolas Glimois, Argent sale, le poison de la finance , diffusé le 11 septembre sur France 5 . Cela tranche avec le discours constipé des politiques et des économistes pour qui la crise financière et la criminalité en col blanc évoluent dans deux mondes séparés. Ce que montrent Nicolas Glimois et ses intervenants réputés, est que le gigantesque flux de l’argent sale, qui s’est progressivement emparé de l’économie mondiale depuis 30 ans, joue désormais, à la faveur de la crise débutée en 2007-2008, un rôle moteur dans la mondialisation financière.

Depuis l’explosion du trafic de drogue à la fin des années 1970, les revenus des réseaux criminels sont devenus si conséquents que leur souci n’est plus de gagner de l’argent, mais de l’investir et de le blanchir. Certes, les petits criminels continuent de blanchir leur petit pécule à travers les commerces locaux, mais pour les grandes mafias, blanchir des dizaines de milliards d’euros par an nécessite le recours permanent aux mécanismes de la finance moderne. Autrement dit, la libéralisation et la dérégulation des marchés sert aussi bien le trader que le dealer, au point que les experts interrogés par Nicolas Glimois tirent la sonnette d’alarme sur la collusion entre crime et finance.

« Pas une banque n’est épargnée » , explique Antonio Maria Costa, « ce ne sont plus les mafias qui cherchent des banques, mais les banques qui cherchent l’argent des mafias » . Pour Martin Woods, ancien de Scotland Yard qui fut le chef de la lutte anti-blanchiment de la banque Wachovia, il règne dans le système bancaire une corruption endémique. En effet, lorsque Woods a alerté sa direction sur des flux suspects de plusieurs milliards de dollars en provenance du Mexique, il a été évincé. Ce fut le scandale Wachovia révélé en 2010, où la banque américaine, via sa filiale londonienne, a été reconnue coupable du blanchiment de 380 milliards ! Wachovia a-t-elle été condamnée ? Non, la justice a stoppé la procédure en échange de 160 millions de dollars d’amende... car sans l’argent du crime, le système bancaire aurait coulé depuis 3 ans.

Si les experts déplorent que l’argent du crime ne soit plus identifiable, c’est que l’ensemble du système financier opaque qu’il utilise est criminel. Il n’y a donc plus de différence entre finance et crime, les deux sont des prédateurs dépendants l’un de l’autre.

Le documentaire souligne très bien le rôle de « plaque tournante » joué par la City de Londres, disant qu’elle a développé son système offshore via le Commonwealth comme une « stratégie » délibérée. Toutefois, il faut bien souligner une chose fondamentale si l’on veut entrevoir une solution politique à ce fléau : il s’est agi pour l’oligarchie financière britannique à la sortie de la Deuxième Guerre mondiale, comme l’a établi Nicholas Shaxson dans son ouvrage Treasure Islands , de maintenir son empire global. Lançant la finance offshore, le shadow banking et le marché interbancaire dès les années 1950 en collusion avec la mafia italo-américaine et Wall Street, la City de Londres a ainsi créé les bases pour reprendre dès les années 70 le pouvoir sur les économies souveraines issues de l’après-guerre, qui s’étaient dotées d’un système de crédit à l’économie où l’émission monétaire était sous contrôle public.

Si le combat contre l’impérialisme financier britannique a été gagné par Franklin Roosevelt en 1933 et par le CNR en 1945, on peut tout à fait le faire aujourd’hui, à condition de substituer au fatalisme le goût de la victoire !

Argent sale, le poison de la finance


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Vos commentaires

  • Le 13 septembre 2012 à 17:24
    par petite souris

    Si le combat contre l’impérialisme financier britannique a été gagné par Franklin Roosevelt en 1933 et par le CNR en 1945, on peut tout à fait le faire aujourd’hui, à condition de substituer au fatalisme le goût de la victoire !

    Les peuples seront faciles à convaincre car ils ne veulent pas mourir .........

    Il sera impossible de convaincre nozélites car ils ne veulent pas mourir non plus !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Il y a encore des hommes libres ..... ils sont dans la première catégorie ...........

    Répondre à ce message

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