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Des Grands projets pour sortir de la tragédie africaine, de notre envoyé spécial au sommet de N’Djamena

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Forum mondial sur le lac Tchad, N’Djamena 29-31 octobre 2010

Des Grands projets pour sortir de la tragédie africaine

Echec des transferts d’eau en Afrique du Sud, inévitabilité de la désertification liée au réchauffement climatique anthropogénique, conservation de la biodiversité existante autour du Lac, manque de moyens financiers, démographie galopante, etc. Tout l’arsenal écologique anti-développement et malthusien des élites européennes était de sortie pour s’opposer à la demande générale des populations africaines d’un changement radical de leur mode et de leur niveau de vie. Emile Malet, organisateur, avec l’association Passage Adapes, du 8ème Forum mondial du développement durable dont le sujet était la sauvegarde du Lac Tchad, a commencé son discours en déclamant que l’air de N’Djamena était « inspirant ». Or la capitale du Tchad est en plein chaos. Suite aux récentes inondations, le choléra a déjà contaminé plus de 600 personnes, dont 41 sont décédées. Il est terrifiant de parcourir les rues de cette ville, qui ressemble à un grand marché permanent où chacun essaie de vendre quelque chose pour nourrir sa famille, pour certains quelques morceaux de bois, d’autres des fruits ou encore des cailloux que des familles entières passent la journée à concasser. C’est par milliers que les enfants errent dans les rues, le regard vide d’espérance, sans que leurs familles puissent leur payer ni scolarité, ni soins médicaux du fait de la récente augmentation des prix alimentaires, comme me le racontait un chauffeur de taxi. Quelques routes goudronnées parcourent la ville mais le reste n’est que poussière et chemins de terre. Si l’air de N’Djamena peut nous inspirer quelque chose, c’est la honte de voir comment plus d’un million de personne peuvent encore, au XXIe siècle, vivre sans eau et sans électricité, sans soins ni éducation et que la France en est en grande partie responsable.

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Enfants dans les rues de N’Djamena.

C’est au milieu de cette tragédie que s’est donc tenue la conférence pour sauver le Lac Tchad, à laquelle été invitée la vice-présidente de l’Institut Schiller, Portia Tarumbwa-Strid, originaire du Zimbabwe, ainsi qu’un représentant de la campagne présidentielle de Jacques Cheminade. Il faut savoir que c’est du Lac que dépend exclusivement la survie de 30 millions de personnes, dont certaines viennent de pays comme le Sénégal et le Mali. Les deux premiers jours de conférence étaient consacrés aux contributions scientifiques, dont la plupart par des académiciens européens et africains. Or, quel était réellement l’enjeu de cette conférence et qu’entendent ces scientifiques par « la sauvegarde du Lac Tchad » ?

En fait, la plupart des intervenants ont prêché un écologisme radical, attaquant tour à tour la « surexploitation des écosystèmes au lieu d’une exploitation rationnelle de l’eau » (entendre rationnement), la « responsabilité des pêcheurs dans la destruction des ressources du Lac » et l’abomination des hommes et des femmes qui utilisent le bois (seul source énergétique pour les 80 % de la population vivant en milieu rural), accélérant ainsi le processus d’ensablement. Un certain M. Bouquet, professeur géographe à l’université de Bordeaux, appela quant à lui à faire sauter le tabou des idées de Malthus, « la démographie galopante aux abords du lac étant l’un des facteurs aggravants dans la réduction des ressources halieutiques » ! Académiciens et spécialistes du bassin du Lac Tchad se succédèrent ainsi pendant deux jours pour ne parler que des conséquences néfastes de l’intervention de l’homme sur la vie du Lac. Pour eux, le vrai problème de la région n’est pas le manque d’infrastructure et d’aménagement des eaux du bassin du Chari (source du Lac), mais la pêche, l’agriculture de décrue et l’élevage. Dans ce cadre, même le modeste projet consistant à dévier les eaux de l’Oubangui au Sud pour réalimenter le Chari est source de controverse, et n’est pas encore d’actualité aujourd’hui car, comme il a été décidé lors de cette conférence, une étude d’impact sur l’environnement et la biodiversité devra être entreprise au préalable.

D’autres voix plus modérées se sont faites entendre, comme celles d’Yves Le Bars, président du GRET (Groupe de recherche et d’échanges technologiques), mettant l’enjeu du débat sur la sécurité alimentaire (la malnutrition touche aujourd’hui 40 % des enfants tchadiens), ou de M. Maugrin, chercheur au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), qui a adopté également une approche plus rationnelle et politique, sans toutefois s’engager dans des propositions de grands projets capables de recréer un poumon de vie économique au cœur de l’Afrique centrale.

La contribution scientifique la plus intéressante est venue d’un chercheur centrafricain : Gaétan Roch Moloto-A-Kenguemba, docteur en géologie de l’Université de Bangui. Il présenta la version courte du projet Transaqua, ainsi que le véritable potentiel en eau de tout le bassin en montrant l’existence en Centrafrique de deux châteaux d’eau, dont celui du massif de Yadé. Dans des discussions en marge du séminaire, il a pu nous démontrer la totale faisabilité de la diversion des eaux de l’Oubangui, nécessitant, près de la capitale Bangui, la construction du barrage hydro-électrique de Palombo ainsi que d’un tunnel pour acheminer les eaux sur un peu plus de 120 km, à travers la chaîne de montagnes qui sépare le versant sud de l’Oubangui (eaux coulant vers le sud) du versant nord (Chari, eaux coulant vers le nord).

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Portia Tarumbwa-Strid (Institut Schiller) présentant les projets de développement continentaux lors du panel scientifique.

Toutefois, le projet Transaqua n’est pas un simple projet pour sauver le Lac Tchad mais, comme l’a expliqué Portia Tarumbwa à la tribune, c’est une pièce majeure d’un plan de développement continental. Il s’agit de créer un nouveau canal, long de 2400 km, qui partirait de la région du Kivu, en République démocratique du Congo, créant ainsi une autoroute maritime au cœur de l’Afrique, autour de laquelle pourraient être irrigués plus de 50 000 km² de terres agricoles afin d’éviter la mort annoncée de plusieurs dizaines de millions d’Africains si rien n’est entrepris. Un vrai marché intérieur africain pourrait alors voir le jour. Ces propositions soulevèrent à la fois le plus grand enthousiasme de la part des Africains, mais aussi les plus grandes peurs chez les Européens. Les cartes d’Afrique que Portia présenta pour les cinquante à cent ans à venir, avec le projet Transaqua, lié au développement d’un réseau de transport ferroviaire continental de trains à lévitation magnétique, ainsi que la mise en place de centrales nucléaires de IVe génération capables de fournir de l’eau en quantité massive, créa un mouvement d’intérêt très grand autour des idées que Jacques Cheminade met de l’avant dans sa campagne présidentielle en France. Tout le monde voulait alors se procurer notre dossier sur les grands projets africains et des dizaines de cartes de visite se sont accumulées dans nos poches.

Beaucoup de discussions de fond purent ensuite avoir lieu dans les hôtels ou autour des repas, sur ce que nous proposons et surtout, comment le mettre en place.

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Le Projet transaqua, version intégrale (Bonifica, 1990)

Le troisième jour de la conférence était consacré à la politique, en présence de cinq chefs d’Etats africains : Wade (Sénégal), Goodluck (Nigéria), Bozizé (Centrafrique), Khadafi (Lybie) et Déby pour le Tchad. Y participaient également des délégations d’autres pays comme le Congo Kinshasa. La secrétaire d’Etat du ministère français de l’Ecologie, Valérie Létard, s’est également exprimée lors du segment politique en commençant par ces mots : «  Je ne voudrais pas simplifier vos débats, mais je crois pouvoir dire que les évolutions du niveau du Lac Tchad sont liées, au moins en partie, aux conséquences du réchauffement climatique et des activités humaines. Depuis quatre décennies, l’activité humaine croissante liée à l’augmentation de vos populations, qu’il s’agisse des activités de la pêche, de l’agriculture et de l’élevage, a des effets tangibles sur cet environnement.  » Et d’engager la France derrière elle : «  C’est ainsi que la communauté internationale a procédé avec le GIEC, sur le changement climatique, et souhaite à présent le faire avec l’IPBES (plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services éco-systémiques), dans le domaine de la biodiversité. C’est dans cette perspective que la France s’engage à poursuivre son engagement, et c’est pourquoi nous sommes prêts à contribuer au financement de cette étude.  »

A la fin de l’après-midi, une conférence de presse des cinq chefs d’Etats nous a donné l’occasion de remettre sur la table la réalité de la crise financière, ainsi que le paradoxe entre d’un côté, les milliers de milliards de dollars qui sont déversés dans les banques privées du monde transatlantique et de l’autre, le manque de fonds pour nourrir un milliard d’êtres humains. A la question de savoir si les dirigeants africains allaient suivre les recommandations de l’Institut Schiller en se battant pour changer le système afin de lancer une véritable reprise économique, à commencer par le projet Transaqua, son excellence Idriss Déby a préféré botter en touche, affirmant que ce type de grands projets coûte trop cher. M. Wade demanda également à répondre à la question, disant qu’il avait lui-même écrit un article dans le Financial Times au moment de la crise des subprimes et avait jugé la politique d’alors comme n’étant pas la bonne. En ce qui concerne le projet Transaqua, il fit malheureusement la même réponse que son hôte, ajoutant qu’il fallait plutôt réduire les aménagements humains autour du Lac et trouver d’autres alternatives. Toutefois cette intervention diffusée en direct sur la télévision tchadienne suscita un grand intérêt dans la délégation congolaise sur place, ainsi que parmi la population. Ainsi, alors que je m’apprêtais à partir, attendant patiemment mon avion, un membre la police nationale s’est rué vers moi en disant : « C’est vous, c’est vous, bravo ! On vous a vu à la télé et on vous a applaudi, vous avez dit la vérité. Tout le monde ici, chrétiens et musulmans, nous voulons un changement radical. Et le Président n’a pas su répondre à votre question sur la crise, ils ne veulent pas dire la vérité ! » En aparté, il me confia que la situation ne peut continuer comme elle est et que les Tchadiens ne savent plus sur qui compter pour les sortir de l’oppression, tant le gouvernement délaisse la population.

Si l’âge des ténèbres dans lequel est plongée l’Afrique, et le Tchad en particulier, est indescriptible car insoutenable, cela ne doit pas faire impuissamment couler nos larmes, mais nous réveiller, nous révolter contre la politique que la France a menée et mène encore dans ce pays. Nous avons présenté, lors de ce forum, notre projet pour une Renaissance africaine, qui a été reçu avec enthousiasme et impatience. La campagne présidentielle française de Jacques Cheminade doit être le levier pour faire connaître également à nos concitoyens que ces politiques existent, et qu’elles sont la seule possibilité pour notre pays de regagner l’estime de soi dans le développement de l’autre.


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