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Désavouant son Premier ministre, la Banque nationale de Belgique s’oppose à la séparation des banques

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Lors de sa déclaration de politique générale devant le Parlement, le Premier ministre belge Elio di Rupo a rappelé son intention d’adopter une réforme bancaire, qui pourrait aller jusqu’à une séparation des banques selon le principe du Glass-Steagall. Comme en France ou aux États-Unis, le débat sur cette question continue de prendre de l’envergure même si l’envol se fait toujours attendre, avec le risque que la piste de décollage se dérobe brusquement.

Dans le rôle du boulet cette semaine, nous avons Luc Coene, gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB), qui, dans les pages de L’Echo du samedi 24 novembre, annonce sans rougir pourquoi une telle réforme serait une si mauvaise idée.

D’après le gouverneur, dans l’environnement international actuel, nos entreprises auraient absolument besoin de faire appel à des produits financiers sophistiqués pour se protéger. Donc, en cas de séparation entre les banques de dépôt, seules autorisées à faire du crédit, et banques d’investissement qui créent et vendent les produits complexes, les entreprises devront s’adresser à plusieurs banques afin de pouvoir exporter ou se financer.

M. Coene semble ignorer l’histoire de son pays. Car pendant les 60 années où ce principe fut appliqué en Belgique, les entreprises n’ont eu aucun problème à se développer, tandis qu’au Canada et en Chine où il est en application actuellement, cela ne semble pas insurmontable. De plus, en régulant de nouveau le système bancaire et financier international, certains risques disparaîtront d’eux-mêmes et par conséquent, le besoin de s’assurer contre eux.

Là où le cas de M. Coene inquiète et devrait interpeller le gouvernement, c’est quand, évoquant un prétendu risque de bulle immobilière, il dit craindre qu’une telle scission n’encourage les banques à accorder plus facilement des crédits… Cela fera certainement plaisir aux ménages et aux entreprises qui se plaignent amèrement des difficultés à trouver des financements.

Pour se couvrir, le gouverneur de la BNB avance qu’il suffirait de s’attaquer à la politique de rémunération des employés de banques, qui sont incités à vendre des produits complexes pour faire du chiffre. Ignore-t-il qu’ils ne font qu’obéir à leur direction ? Et que pense-t-il des « golden hello » et « parachutes dorés » de certains dirigeants de banques, qui poussent leurs employés à vendre des produits toxiques plutôt que de conseiller leurs clients ?

Il est grand temps que la BNB cesse d’écouter les sirènes des banques universelles et fasse ce que le gouvernement lui demande : préparer la scission des banques universelles pour mettre fin au risque systémique qu’elles représentent. Combien de Dexia faudra-t-il pour le comprendre enfin ?

Dans ce sens, on peut se demander si Luc Coene mérite vraiment de garder le gouvernail de la BNB, alors que dans le privé, il pourrait si bien trouver de quoi remplir sa gamelle.

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