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EHPAD : S&P réclame une politique réellement humaine

La rédaction
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Aujourd’hui, les personnels des Ehpad et de l’accompagnement à domicile ont bien raison de descendre dans la rue pour réclamer plus de moyens, contester la réforme de leur financement et témoigner de la souffrance assez largement inaudible des métiers du grand âge, aussi bien en établissement qu’à domicile.

Pour certains de ces professionnels, le manque de moyens conduit tout simplement à une « maltraitance institutionnelle ».

Depuis vingt ans, pour des bonnes mais également pour des mauvaises raisons, nos gouvernements ont voulu maintenir les personnes âgées chez elles. Comme le rapporte l’Humanité : « Entre 2007 et 2010, la moitié des lits hospitaliers d’unités de soins de longue durée ont été transférés en places en Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), moins encadrées donc moins coûteuses. Et d’autant moins que le ratio de personnel y est très bas : 0,6 agent en moyenne. » Et ceci alors que tout le monde reconnaît qu’un personnel pour un patient est le strict minimum.

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Ainsi, aujourd’hui, sur les 700 000 seniors vivant dans une maison de retraite, 573 000 sont dans un Ehpad. En 2015, leur âge moyen dépassait les 87 ans. 93 % a besoin d’aide pour la toilette ; 86 % pour s’habiller. 260 000 souffrent de la maladie d’Alzheimer. Un séjour facturé 1400 à 3000 euros par mois, une somme dépassant largement les ressources des pensionnaires. Dans 80% des cas, ces derniers se voient obligés de faire appel à leurs proches pour régler le restant.

Comme l’explique la sociologue Valentine Trépied :

Au lieu d’être des lieux de vie de vieillesse, les Ehpad sont devenus des lieux de médicalisation de l’existence. Avant, le personnel pouvait jouer au scrabble ou faire du tricot avec les résidents. Aujourd’hui, ils sont accaparés par les soins d’hygiène et de confort (toilette, habillage, distribution de médicaments), qui sont devenus prédominants et rythment un quotidien avec une organisation de travail à la fois cadencée et très rationalisée.

Lors de sa campagne présidentielle de 2017, Jacques Cheminade avait identifié, parmi les pistes pour la création d’un million d’emplois par an, la création de « 100 000 postes d’aide à la personne (aides à domicile) et d’accompagnement de personnes âgées ».

Aujourd’hui, Solidarité et Progrès diffuse le tract suivant :

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Chez Solidarité et Progrès, nous nous battons à la fois pour reprendre le contrôle de la « planche à billets » (avec un système de crédit national permettant de réorienter l’argent vers ce qui est utile à la population et d’investir à long terme pour équiper les territoires), et contre les effets d’une approche de comptabilité financière qui attribue un coût à notre vie.

Nous refusons donc que la question de la vieillesse soit posée presque exclusivement en termes du « coût de la dépendance », car la véritable solution au problème de la dépendance est de la réduire au maximum en améliorant les conditions de vie et de santé. C’est, en amont, toute une politique de prévention qui est à repenser. Il faut, notamment, améliorer le suivi psychopathologique de la personne âgée qui est fragilisée et renforcer un personnel spécialisé au sein des Ehpad.

Comme l’ensemble des syndicats de la profession, nous refusons la tarification à la ressource (où les besoins sont de fait déterminés par les moyens, par ailleurs réduits), inscrite dans la loi d’adaptation de la société au vieillissement (décembre 2015), avec pour conséquence de diminuer le budget de la dépendance, et donc le budget global des Ehpad et des aides à domicile.

Cette nouvelle tarification (basée sur une formule mathématique) induit une baisse des effectifs qui doit être stoppée. Il faut non seulement plus d’agents auprès des résidents, mais également un effort de formation des personnels et la création d’un statut, allant de pair avec un contrôle plus rigoureux des établissements.

Nous proposons enfin l’intégration des Ehpad dans le budget de l’État, afin de rester fidèle à l’esprit ayant présidé au lancement de la Sécurité sociale, conçue par la France libre.

En revenir à l’esprit de justice sociale de la Libération, dans les conditions du XXIe siècle, suppose une orientation radicalement opposée à celle suivie depuis 40 ans par tous les gouvernements qui se sont soumis à la dictature financière de la rentabilité à court terme. Notre combat est d’en sortir pour réorienter l’argent vers où il doit être : la vie, la justice sociale et les générations futures.

Voir les 2 commentaires

  • BONIN Stéphane • 30/01/2018 - 13:01

    La santé de nos anciers - qui ont tant oeuvré au développement du pays - devrait être une cause nationale.................bien avant celle des banques vautours !

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  • BONIN Stéphane • 31/01/2018 - 19:34

    Le traitement réservé à nos anciens est une honte.........................et symptomatique d’ une société "de l’ argent roi".

    Répondre à ce message

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