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Election présidentielle grecque : le spectre de la fin de l’euro

La rédaction
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Le dernier argument pour défendre l’UE en Grèce : distribuer des euros pour acheter l’élection du prochain président. Ici, Panos Kammenos, le président du parti des Grecs indépendants, exhibant une disquette avec l’enregistrement audio prouvant la tentative (ratée) de corruption à l’encontre d’un député de son parti. Une enquête judiciaire a été ouverte.

Le 17 décembre, lors du premier tour de l’élection présidentielle grecque, le candidat pro-Troïka, Savros Dimas, n’a pas réussi à obtenir la majorité des deux tiers des votes des députés ni même à amorcer une dynamique suffisante pour lui garantir la victoire à l’issue du troisième tour, prévu le 29 décembre. Le Président grec n’est pas élu au suffrage universel mais par les membres du Parlement grec.

Dimas, le candidat présenté par la majorité actuelle formée par les Nouveaux démocrates et le Pasok, est un ancien avocat de Wall Street et ancien commissaire européen à l’Environnement (de 2004 à 2009), qui avait présidé à la mise en place du système de spéculation sur les droits d’émission sur le CO2. Les maigres 160 votes qu’ils a obtenus au premier tour (ses parrains en espéraient au moins 166) soulèvent la probabilité d’un échec à l’issue du troisième tour et le déclenchement d’une élection générale anticipée au début de l’année prochaine.

Le gouvernement a déjà lancé une campagne d’intimidation des députés, en mobilisant le « président honoraire » du parti Nouvelle démocratie, un ancien Premier ministre, pour proclamer que le Parlement grec se doit absolument d’élire un nouveau président, sous peine de voir le pays expulsé de l’euro. Le chef du parti de gauche Syriza Alexis Tsipras, un fervent opposant à la politique d’austérité de la Troïka (EU, BCE, FMI) a déclaré à l’issue du premier tour que la stratégie de l’intimidation avait échoué et que la démocratie ne pouvait faire l’objet d’aucun chantage. « Le peuple et la démocratie trouveront une issue à la crise », a-t-il conclu.

Tentative de corruption

Une bombe politique a éclaté le 19 décembre lorsque le chef du parti des Grecs indépendants Panos Kammenos, également opposé à la Troïka, a annoncé lors d’une conférence de presse qu’un représentant de Nouvelle démocratie avait tenté d’acheter le vote de l’un de ses députés en vue de garantir l’élection de Dimas au cours de deux tours suivants. Le député en question, Pavlos Chaikalis, a déclaré avoir reçu 700 000 euros en argent comptant (plus des accords pour des prêts bancaires et autres arrangements totalisant 2 à 3 millions d’euros), et qu’il avait remis les preuves audiovisuelles à la disposition du procureur Panos Panagiotopoulos, qui a ouvert une enquête.

L’enjeu n’est effectivement pas anodin. Selon des sondages récents, si une élection générale devait avoir lieu en début d’année prochaine, Syriza obtiendrait 36,5 % des votes, soit 7 % de plus que Nouvelle démocratie (29,5%), le meilleur résultat jamais obtenu par un parti grec, et raflerait ainsi la prime de 50 sièges allouée au parti en tête. Le Pasok (le parti socialiste, qui a dirigé la Grèce depuis les années 70 jusqu’à la crise de 2011) n’obtiendrait plus que 6 %, les communistes 6 % et les Grecs indépendants 3,5 %, assez pour entrer au Parlement.

Le blogue financier bien connu Zero Hedge prédit déjà un scénario digne de faire trembler Goldman Sachs, la banque qui avait organisé l’entrée de la Grèce dans la zone euro : une victoire de Syriza, qui libérerait le pays de la politique d’austérité de la Troïka et du joug de l’euro.

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