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Endiguement de la Russie : les avertissements prémonitoires de George Kennan

La rédaction
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Dans le contexte de l’actuelle crise autour de l’Ukraine, un examen, avec le recul du temps, des conditions d’intégration de la Pologne, de la République Tchèque et de la Hongrie dans l’OTAN il y a seize ans s’impose pour mieux comprendre la réaction russe d’aujourd’hui.

Lors d’un entretien avec le journaliste Thomas Friedman du New York Times le 2 mai 1998, l’ancien ambassadeur américain en Union soviétique George Kennan, célèbre pour son hostilité à la Russie communiste et pour avoir inventé la doctrine d’endiguement de l’Union soviétique de l’après-guerre, dénonçait le vote du Sénat autorisant à l’époque l’inclusion des trois anciens membres du pacte de Varsovie au sein de l’OTAN.

Les avertissements de Kennan, qui était alors âgé de 94 ans, sur les dangers d’un élargissement agressif de l’OTAN, prennent aujourd’hui tout leur sens :

Je pense qu’il s’agit du début d’une nouvelle guerre froide. Je pense que les Russes vont réagir avec toujours plus d’adversité, et cela va affecter leurs décisions politiques. Je pense que c’est une erreur stratégique. Il n’y a aucune raison pour cela [l’intégration de la Pologne, la République Tchèque et la Hongrie dans l’OTAN, ndlr]. Personne ne menace qui que ce soit. Cette politique d’élargissement ferait se retourner dans leur tombe nos Pères fondateurs. Nous nous sommes engagés à protéger toute une série de pays, même si nous n’avons ni les ressources ni l’intention de le faire de manière sérieuse. (…) Bien sûr que les Russes réagiront de manière négative, et alors les [partisans de l’expansion de l’OTAN] diront : nous vous avons toujours dit comment sont les Russes. Mais ce n’est tout simplement pas approprié.

Réfléchissant à ce que lui avait dit Kennan, le journaliste Thomas Friedman écrivait que peu importe ce qu’écriraient les futurs historiens à propos de l’expansion de l’OTAN au cours des années 1990, il y a une chose qu’« ils remarqueront sûrement, c’est le manque d’imagination qui aura caractérisé la politique étrangère américaine à la fin des années 1990 ». Ils ont réagi à l’un des plus grands événements du XXe siècle – la chute de l’Empire soviétique – par l’augmentation de la Guerre froide contre la Russie et en la rapprochant des frontières de cette dernière. « Nous sommes dans l’ère des nains de jardin », écrivait alors Friedman.

Les avertissements de Kennan sont repris en écho aujourd’hui par deux anciens ambassadeurs en Russie, l’Américain Jack Matlock et le Britannique Tony Brenton. Dans un entretien à Democracy Now, Matlock présente la liste des abus commis par les États-Unis à l’encontre de la Russie au cours des dernières décennies, en commençant par l’expansion de l’OTAN jusqu’aux frontières russes, en Ukraine et en Géorgie. Celui-ci dresse le parallèle avec la manière dont les Etats-Unis « avaient perdu la tête » [en fait les frères Kennedy avaient réussi à contenir la réaction des militaires du Pentagon, contrairement aux continuelles provocations d’Obama, ndlr] lorsque la Russie avait établi une tête de pont près des frontières américaines à Cuba, en 1962.

Le britannique Brenton a fait des remarques similaires dans un article publié hier dans l’Independent, soulignant que « nos ministres, en particulier notre Premier ministre, devraient répondre en cherchant les moyens de communiquer avec les Russes, plutôt que de crier contre eux comme ils le font actuellement. Nous devrions accorder plus d’attention aux véritables craintes de la Russie, qui est de voir l’Ukraine se faire avaler par l’Occident. »

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