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Et si le grand krach avait déjà commencé ?

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La hausse du rendement des bons du Trésor américain, provoquée par le changement de cap de la Fed, commence à faire exploser des bulles en série (obligations, dettes souveraines, actions, marchés émergents, etc.)

Pour certains, c’est l’annonce d’une expédition punitive imminente contre la Syrie qui fait tousser les marchés. Pour d’autres, comme l’analyste financier Bill Lynch de Hinsdale Associates, c’est précisément une nouvelle guerre qu’il faut pour convaincre Barack Obama et la Réserve fédérale de renoncer à l’engagement pris en mai de mettre graduellement fin à la politique ultra-accomodante de la banque centrale américaine, engagement dont Bernanke doit préciser les modalités exactes le 18 septembre.

Comme l’affirme un dossier de l’Expansion dédié aux krachs :

En ouvrant en grand les vannes de la liquidité au lendemain de la faillite de Lehman Brothers, Bernanke a sauvé le système bancaire américain – et mondial – d’une cascade de faillites.

Soyons plus précis : la politique de la Fed, imposée par les banques privées et la Banque des règlements internationaux (BRI) de Bâle, en achetant du temps, cherche surtout à empêcher qu’un nouveau Glass-Steagall Act, accompagné d’une politique de crédit public et d’effacement des dettes illégitimes, ne vienne résoudre la crise systémique mondiale.

Certes, depuis 2008, Bernanke a ramené les taux de l’argent à 0,25% et depuis décembre 2012, pour peser sur les taux à long terme et sauver le marché de l’immobilier, la banque centrale américaine s’est engagée à acheter chaque mois pour 85 milliards de dollars de bons du Trésor américain et de MBS (obligations adossées à des crédits hypothécaires). Résultat : en deux ans, le bilan de la Fed a triplé pour atteindre 3000 milliards de dollars, un record.

Est-ce que cela a relancé la croissance et l’emploi ? Non, et comme l’affirme Patrick Legland, directeur de la recherche à la Société générale,

nous sommes face à la plus grosse bulle financière depuis la Seconde Guerre mondiale. En cause : la politique ultra-accommodante de la banque centrale américaine.

Or, aujourd’hui, si la Fed décide de réduire ses achats d’obligations comme le prévoient 83% des experts consultés par l’Expansion, la montée des taux provoquera mécaniquement [1] une tempête sans précédent sur les marchés obligataires. Elle rallumera à son tour le brasier des dettes souveraines de la zone euro, où un krach des emprunts souverains fera des ravages dans les bilans des banques. Ces dernières, après avoir été renflouées par les Etats, se sont engouffrées dans l’achat de dettes émises par leurs « partenaires étatiques ».

En Espagne, 90% des obligations souveraines détenues par les banques (152 milliards d’euros en juin 2012) proviennent de leur propre Etat. Idem pour les banques italiennes aux coffres gorgés de bons romains (184 milliards d’euros). Chez nous, la bad bank de Dexia est truffée d’obligations souveraines espagnoles et italiennes, dont la valeur fondra encore un peu plus en cas de krach obligataire, ce qui obligera les Etats belge et français à la recapitaliser.

« Les Etats et les banques marchent main dans la main. Si dans le couple, l’un vacille, il emporte l’autre dans sa chute. C’est un risque systémique au carré », affirme Bruno Colmant, ancien président de la Bourse de Bruxelles.

A cela s’ajoute que le changement de cap de la Fed provoquera également un krach du marché des actions, un marché qui s’est emballé par l’excès de liquidités. Les actions européennes dépassent d’environ 10% leur valeur réelle. Ce risque de krach s’élève à 66% selon les estimations de BNP Paribas.

Et pour couronner le tout, la simple anticipation de la nouvelle politique de la Fed vient de provoquer ce que les économistes qualifient de « crise des émergents ».

Jusqu’ici, les grandes banques occidentales pouvaient s’endetter sans trop de risque à moins de 1% aux Etats-Unis et en Europe et ensuite placer l’argent en Inde, en Indonésie, au Brésil, etc., sur des actifs exotiques aux rendements prometteurs. Or, les 215 milliards de dollars placés depuis deux ans sur les marchés émergents pourraient partir très vite si les bons du Trésor américain ou allemand, avec un risque bien moindre, offraient de nouveau des rendements élevés. Déjà, le rendement des bons à 10 ans du Trésor américain, encore à 1,6% au mois de mai, frôle les 3%, une hausse qui touche les marchés émergents qui subissent eux-mêmes les conséquences du déclin de la zone transatlantique. De fait, quelque 97 milliards de dollars ont déjà quitté les marchés émergents. Comme le précise le communiqué de la Reserve Bank de l’Inde : « La perception du marché quant au probable rétrécissement de l’assouplissement quantitatif américain a déclenché des sorties d’investissements de portefeuille, en particulier du segment de la dette. »

Comme le canari du mineur, l’effondrement de la roupie indienne n’est que l’un des signes qu’un grand krach est en cours. Certes, il n’est visible que pour ceux qui ont le courage de regarder ces signes en face. En tout cas, ce ne seront pas quelques missiles de croisière envoyés contre l’armée de Bachar al-Assad qui réussiront à les cacher.


[1Comprendre la relation entre taux et rendement des obligations

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  • petite souris • 29/08/2013 - 20:09

    messieurs Legrand et Colmant,
    allez plus loin si vous êtes convaincus du chaos qui arrive ........
    installez et faites pression sur vos chefs pour un Glass-Steagall act maintenant !
    ..........
    nous aurons si vous ne faites rien dans les jours qui viennent et le krach et la guerre !

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