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Face à Obama et aux fonds vautours : nous sommes tous des Argentins !

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Affiches dans les rues de Buenos Aires : « Basta buitres » (Ça suffit, les vautours !)
Crédit : NA

Après avoir propulsé Vladimir Poutine dans les bras de la Chine, par réaction à sa politique d’encerclement et aux sanctions insensées contre la Russie, voici que Barack Obama, en laissant ses juges réactionnaires prendre le parti des fonds vautours contre l’Argentine, vient de provoquer un rapprochement retentissant entre la République argentine et les BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud.

Comme l’explique Jacques Cheminade dans son communiqué, c’est le refus de la Cour suprême des Etats-Unis, le 16 juin, d’examiner l’appel de l’Argentine contre le jugement d’une Cour fédérale de New York, donnant raison à deux fonds vautours contre l’Argentine, qui a mis le feu aux poudres.

Car en condamnant l’Argentine à payer 1,3 milliards de dollars à ces fonds, la justice américaine prend non seulement parti pour une poignée de charognards contre la population d’une nation souveraine, mais elle menace tout l’édifice qui a permis à l’Argentine de se reconstruire péniblement depuis sa faillite retentissante en 2001, et crée un dangereux précédent à l’échelle planétaire. « Je m’y attendais », a déclaré Cristina Kirchner le 16 juin, dénonçant une tentative « d’extorsion ». Il ne s’agit pas là « d’un problème économique ou financier, ni même juridique. » La Cour ne fait que défendre « une forme de domination globale des produits dérivés qui entend mettre les nations à genoux ».

Rappelons que ces fonds vautours achètent la dette souveraine des pays en faillite, au rabais, pour récupérer ensuite à travers des procédures judiciaires l’entièreté de la somme, plus amendes et taxes ! Lorsque la justice américaine condamne l’Argentine à payer 832 millions de dollars au fonds NML Capital [1], pour des obligations payées par celui-ci 48,7 millions de dollars, celui-ci empoche un joli bénéfice de 1600 % !

C’est pourquoi l’Argentine ne tient pas pour responsable tel petit juge, ni même la Cour suprême des Etats-Unis, mais le Président américain lui-même. Dans une déclaration du 26 juin, elle « met en garde les Etats-Unis sur les conséquences de leurs actes, étant donné leur responsabilité internationale face aux décisions de leur pouvoir judiciaire ». Ce n’est « rien d’autre qu’une manière sophistiquée de tenter de nous faire courber l’échine devant des usuriers mondialisés ».

Les BRICS à la rescousse !

Et c’est bien ce qu’ont compris les BRICS, principaux opposants aux politiques impériales de l’oligarchie anglo-américaine, qui se sont aussitôt portés au secours de l’Argentine. A commencer par Vladimir Poutine, qui a invité sa présidente, Cristina Fernandez de Kirchner, au 6e sommet des BRICS qui aura lieu à Fortaleza, au Brésil, les 15 et 16 juillet, et a annoncé sa visite en Argentine le 12 juillet. Xi-Jinping ensuite, qui se rendra en Argentine le 19 juillet, avec une délégation de 150 hommes d’affaires.

Le 25 juin à New York, ce sont 133 nations du monde, réunies au sein du Groupe de 77 + Chine (78 % de la population mondiale), qui lui ont apporté leur soutien « unanime ». « La cause de l’Argentine est celle du G77 » a déclaré Sacha Llorenti Solis, ambassadeur de Bolivie à l’ONU et actuel président du G 77 + Chine.

Le groupe a envoyé un message au juge, à la Cour suprême ainsi qu’à l’administration Obama, réaffirmant sa position adoptée lors du Sommet du 14 juin en Bolivie, mettant en garde contre les fonds vautours et leur capacité de paralyser les restructurations de la dette souveraine des nations.

Prenant la parole à cette assemblée, Axel Kicillof, le ministre des Finances de l’Argentine, a montré comment la dette étrangère avait été toujours un moyen de piller ses ressources, comme le montre l’emprunt de 570 000 livres auprès de la Barings Bank en 1824, qui n’a apporté aucun développement à l’Argentine, mais lui a coûté 4 millions de livres. Cette « dynamique perverse », obligeant l’Argentine à s’endetter toujours plus pour payer sa dette, a été imposée par la dictature militaire en 1976, conduisant au défaut de 2001. Kicillof a rappelé aussi les mises en garde du Président uruguayen, Jose Mujica, le 21 juillet, contre les prédateurs qui chercheraient à s’emparer des avoirs pétroliers ou autres de l’Argentine pour collecter « leur » dû.

Après l’intervention du ministre, qui a été ovationné, les ambassadeurs se sont levés les uns après les autres pour apporter leur soutien chaleureux à l’Argentine. Parmi eux, l’ambassadeur brésilien Antonio Patriota, qui a qualifié les décisions judiciaires américaines d’« irresponsables et moralement répréhensibles », dénonçant leur impact « destructeur » sur l’Argentine et « systémique sur l’architecture financière internationale ». Pour l’ambassadeur de l’Inde, les décisions américaines sont « graves, non seulement pour l’Argentine, mais pour le système financier international ». Elles sont « un acte de génocide », a ajouté l’ambassadeur cubain Rodolfo Reyes, pour qui « tout sens d’éthique et de capacité morale a été perdu ».

La France est l’un des rares pays avancés à avoir soutenu l’Argentine

 [2], en se joignant à une procédure d’Amicus curiae auprès de la Cour suprême des Etats-Unis. Raison de plus pour exiger que François Hollande cesse d’imposer en France ce qu’il combat là-bas !


[1NML Capital, dont le siège est dans les îles Caïmans - un paradis fiscal, bien sûr -, est une filiale de la société new-yorkaise Elliott Capital Management. En octobre 2012, il avait déjà tenté de forcer la main des autorités argentines en faisant saisir par un juge commercial ghanéen une frégate militaire, la Libertad, mouillée dans le port de Tema, non loin d’Accra.

[2Le gouvernement français, très inquiet des retombées négatives possibles pour ses finances en cas de nécessité de restructuration de sa dette, a décidé de prendre position sans que la Cour ne le demande. Le 4 avril 2012, la Cour de Cassation de Paris avait déjà rendu un verdict favorable à la position argentine en déclarant que ce pays avait le droit de restructurer sa dette et en confirmant la validité des « canjes » de 2005 et 2010. Fin juillet 2013, le ministère de l’Economie et des Finances communique (Communiqué N° 751 du 26 juillet 2013) que « la France va intervenir en tant qu’Amicus Curiae auprès de la Cour Suprême, pour l’alerter des implications potentielles de sa décision sur le bon fonctionnement du système financier international. Le principe même de restructurations ordonnées et négociées des dettes souveraines, menées en particulier dans le cadre du Club de Paris, pourrait en être affecté. La décision de la Cour pourrait en effet dissuader la participation de créanciers de bonne foi à toute résolution de crises d’endettement… » Et le communiqué de préciser que « cette démarche n’est pas liée au cas spécifique de l’Argentine. Elle est motivée par l’attachement de la France à la préservation de la stabilité financière internationale et à son rôle au sein du Club de Paris dont elle assure la Présidence et le Secrétariat depuis 1956… »

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