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Foreign Affairs reconnaît que la crise ukrainienne est la faute de l’Occident

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Crédit : Wikipedia Commons

L’édition septembre-octobre du magazine du Council on Foreign Relations, Foreign Affairs, comprend un article qui reflète un peu de bon sens au sein de l’establishment américain. Intitulé « Pourquoi l’Occident est responsable de la crise ukrainienne » (Why the Ukraine Crisis is the West’s Fault), l’article de John J. Mearsheimer remet en question la version officielle des événements mise de l’avant par les Britanniques, l’Otan et Obama, en affirmant : « Les Etats-Unis et ses alliés européens se partagent la responsabilité de la crise. »

Mearsheimer, connu pour son opposition au soutien accordé par l’establishment américain aux extrémistes de la droite israélienne, constate que « la racine du problème est l’élargissement de l’Otan, l’élément central d’une stratégie visant à extraire l’Ukraine de l’orbite de la Russie pour l’intégrer à l’Occident. »

Il retrace l’histoire récente en identifiant le renversement de Ianoukovitch comme un « coup », et en rappelant le fait que le nouveau régime « compte quatre responsables de haut rang qui pourraient être légitimement étiquetés de néofascistes ».

L’article retrace également l’histoire de la politique d’expansion de l’Otan, comprenant une citation de George Kennan de 1998 disant que ce serait « une erreur tragique » que d’élargir l’Otan vers l’Est.

Mearsheimer réfute la rhétorique habituelle anti-Poutine qui le caractérise comme un « Hitler des temps modernes » cherchant à conquérir tous les pays entourant la Russie. Il montre comment Poutine a réagi au contraire de manière défensive et non pas offensive.

La solution évidente à la crise actuelle, conclut-il, est que les États-Unis et l’Otan renoncent à leurs plans d’occidentaliser l’Ukraine, et d’exclure officiellement tout élargissement de l’Otan vers la Géorgie et l’Ukraine. « Il est temps de mettre fin au soutien occidental à toute autre révolution orange. »

Mearsheimer ne comprend pas cependant toute l’étendue de la situation stratégique actuelle. Il voit la Russie comme une « puissance en déclin » qui s’affaiblira davantage avec le temps – et tombe dans le vieux piège géopolitique consistant à chercher à « contenir une Chine en ascension ». Il ne mentionne pas non plus le danger d’une guerre nucléaire pouvant découler de l’actuelle politique occidentale.

En publiant cette analyse, Foreign Affairs fait preuve d’un certain réalisme qui fait cruellement défaut chez Obama et dans les rangs britanniques, ou chez les autres illuminés qui nous conduisent vers une Troisième Guerre mondiale.

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