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G20 de Hambourg : Russie, Chine et Etats-Unis pourraient s’entendre pour mettre fin au chaos planétaire

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La percée tant attendue a bien eu lieu au G20 de Hambourg. La rencontre Trump-Poutine a été, de tous points de vue, constructive. Les Etats-Unis, la Russie et la Chine sont donc désormais en mesure de se porter au chevet d’un monde, bien malade des guerres et crises de ces 30 dernières années. Le feront-ils ? A nous de jouer aussi pour les y pousser.

Deux mois à peine depuis le Forum de la Nouvelle Route de la soie à Beijing, mais combien de changements depuis ! Les développements saisissants qui ont eu lieu à Beijing, puis à Astana, lors du Sommet des chefs d’Etat de l’Organisation de la coopération de Shanghai (OCS), suivis du sommet entre Xi Jinping et Vladimir Poutine à Moscou, les 3 et 4 juillet derniers et des percées au G20 de Hambourg, ouvrent un nouvel espoir pour le monde.

Des discussions de plus en plus franches et ouvertes, exemptes d’a priori idéologiques et d’ambitions de pouvoir, se sont ouvertes entre les dirigeants des principales puissances, Etats-Unis, Chine et Russie, ouvrant la voie à une discussion urgente sur les principaux problèmes de notre planète : la crise économique et financière qui sévit dans les pays transatlantiques depuis la crise de 2007-2008, la nécessité d’établir un ordre de croissance gagnant-gagnant à travers le monde et celle de mettre fin à la tentation de certains pouvoirs oligarchiques occidentaux de recourir à la guerre pour faire face à cette crise et à la montée des puissances émergentes.

Au G20 en tant que tel, la seule percée – mais de taille – aura été la rencontre entre Trump et Poutine, déjouant toutes les tentatives des néoconservateurs pour l’empêcher. Côté américain, outre Donald Trump qui a qualifié sa rencontre avec Poutine de « formidable », les commentaires de Rex Tillerson, chef de la diplomatie américaine, sont précieux. Selon lui, cette rencontre qui a duré 2h15 s’est avérée « très constructive ».

Les deux dirigeants se sont mis en phase très rapidement. Il s’est instauré une alchimie clairement positive entre eux. Ce que j’ai observé de positif (et j’ai eu l’occasion de participer à de très nombreuses rencontres avec le président Poutine) est qu’ils n’ont pas chicané sur le passé. Je crois que tous deux savent qu’il y a eu beaucoup de choses dans le passé dont nous sommes chacun très mécontents.

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Côté russe, les réactions sont similaires. Pour Sergueï Lavrov, « les deux présidents ont agi chacun dans l’intérêt de leur pays » et les commentaires sobres et précis de Vladimir Poutine vont dans le même sens :

Concernant les relations personnelles, je crois qu’elles ont été établies. L’image que donne M. Trump à la télévision est très différente du vrai personnage ; c’est une personne très terre à terre et directe ; (…) il analyse les choses rapidement (…) Je pense que si nous construisons nos relations dans la même veine que la rencontre d’hier, il y a de bonnes raisons de croire que nous pourrons ranimer, au moins partiellement, le niveau d’interaction dont nous avons besoin.

L’annonce surprise, lors du G20, d’un accord russo-américain pour un cessez-le-feu dans le sud de la Syrie est venue confirmer les promesses de cette nouvelle capacité russo-américaine de travailler ensemble. Entré en vigueur le 9 juillet, l’accord a été négocié à Amman, en Jordanie, par des experts russes, américains et jordaniens. Il instaure une quatrième zone de « désescalade » dans les provinces de Deraa, Qouneitra et Soueida, s’ajoutant aux trois autres issues des négociations d’Astana entre la Turquie, l’Iran et la Russie, dans les régions d’Idlib (nord-ouest), la province de Homs (centre) et la Ghouta orientale (banlieue est de Damas). Celle du sud, cependant, sera gérée de concert avec les Etats-Unis et la Jordanie, en raison de la proximité des frontières avec ce pays.

Concluons en disant que si les graves problèmes du monde n’ont pas reçu ne serait-ce qu’un début de solution, les relations de confiance qui se sont nouées entre la Chine, la Russie et les Etats-Unis créent le nouvel esprit de détente nécessaire pour y parvenir.

Trump-Poutine, une alchimie clairement positive

Les commentaires du secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson

Concernant la nature de la rencontre qui a duré 2h15, elle a été très constructive. Les deux dirigeants se sont mis en phase très rapidement. Il s’est instauré une alchimie clairement positive entre eux. Ce que j’ai observé de positif (et j’ai eu l’occasion de participer à de très nombreuses rencontres avec le président Poutine) est qu’ils n’ont pas chicané sur le passé.

Leur perspective à tous deux était que leur relation est vraiment importante. Ce sont les deux principales puissances nucléaires au monde. (…) Comment commencer à la faire fonctionner. Comment vivre l’un avec l’autre. Comment travailler l’un avec l’autre. Nous devons tout simplement trouver la façon d’aller de l’avant. C’était là le désir fort que les deux présidents ont exprimé tour à tour, et de multiple façon.

La relation est très compliquée aujourd’hui car il y a tant de questions sur la table. Et l’une des raisons pour lesquelles ça a pris aussi longtemps est qu’une fois qu’ils se sont rencontrés et qu’ils se sont familiarisés l’un avec l’autre, il y a eu tellement de choses à couvrir. Presque tout a été couvert, à un degré ou un autre. Et le niveau d’engagement et d’échange était tel que ni l’un ni l’autre ne voulait arrêter. (…) Ils ont même envoyé la Première dame pour voir si elle pouvait nous sortir de là. Mais ça n’a pas marché non plus !

Decryptage : l’alternative sino-russe au désordre mondial

Comme le révèle le vide du communiqué final du sommet du G20, ce n’est pas à Hambourg que l’on a pu voir les vingt pays les plus puissants au monde adopter les politiques nécessaires à une sortie de crise. Contrairement au dernier sommet du G20, très productif, organisé à Hangzhou en Chine, où le président Xi Jinping avait défini un agenda de croissance pour l’ensemble du monde, tirée par les innovations scientifiques et technologiques, celui de Hambourg aura surtout été marqué par les scènes de violence dans la rue, terrible signe de l’incapacité des principaux pays occidentaux à résoudre leurs problèmes économiques et politiques.

Pour avoir une idée du projet proposé au monde par la Chine et la Russie, il faut revenir sur plusieurs rencontres qui se sont succédé entre le Sommet de la Nouvelle Route de la soie de Beijing, les 14 et le 15 mars, et celui de Hambourg.

Rappelons qu’à Beijing, où Vladimir Poutine était l’invité d’honneur, c’est devant un parterre de 29 chefs d’Etat et de gouvernement et 130 délégations gouvernementales et d’institutions internationales, que le président Xi-Jinping a présenté sa vision d’un ordre mondial défini par une coopération gagnant-gagnant entre tous les pays, quelle que soit leur taille ou leur richesse.

Tiré par des investissements dans les grands équipements (barrages, chemins de fer, ports, énergie, communications) et dans la recherche scientifique de pointe et l’innovation, ce projet qui mobilise déjà 1700 milliards de dollars (12 fois le Plan Marshall), vise à éradiquer la pauvreté extrême dans le monde et à faire entrer la plupart des nations dans le XXIe siècle !

Montée en puissance de l’Organisation de la coopération de Shanghai (OCS)

Depuis Beijing, la Chine a franchi un nouveau cap à Astana, les 8 et 9 juin derniers. Lors de la rencontre du Conseil des chefs d’Etat de l’OCS, une organisation créée en 1996 à l’initiative chinoise et qui rassemble en outre aujourd’hui la Russie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kirghizistan et le Tadjikistan, la Chine a réussi un coup de maître diplomatique. Cette année, deux autres pays, et non des moindres, sont venus la rejoindre, l’Inde et le Pakistan, de sorte que cette organisation représente désormais l’équivalent de 60 % de la masse continentale eurasiatique et 43 % de la population mondiale !

Que ces « frères ennemis » l’aient rejointe est un signe qui ne trompe pas qu’en l’absence de toute politique raisonnable venant des pays occidentaux, l’ordre du monde a basculé vers l’Asie. D’autant que d’autres pays asiatiques importants comme l’Iran y ont déjà le statut d’observateur ou que d’autres comme la Turquie ont déjà engagé des discussions pour se rapprocher de l’OCS. Au cœur de ses missions, la lutte contre ce que Xi Jinping appela dans son discours introductif « les trois fléaux » de la région : terrorisme, extrémisme et séparatisme, mais aussi répondre aux besoins toujours plus grands de développement économique de ses membres grâce aux initiatives russes et chinoises : l’Union économique eurasiatique et la Nouvelle Route de la soie.

Sommet sino-russe à Moscou

Mais c’est la rencontre des présidents Xi Jinping et Poutine à Moscou, les 3 et 4 juillet, à la veille du sommet du G20 de Hambourg, qui a révélé à quel point l’alliance entre ces deux grands pays s’est consolidée depuis quelques années et le fait que loin d’être en embuscade contre l’Occident, comme le clament nombre de commentateurs stratégiques, ils se perçoivent au contraire comme le point de stabilité d’un système entré dans une dangereuse phase de chaos.

Avant même d’arriver à Moscou, le président Xi Jinping déclarait aux médias russes que les relations sino-russes sont actuellement « les meilleures de leur histoire ». Les deux nations, a-t-il ajouté, « sont aujourd’hui les partenaires les plus fiables l’une pour l’autre ». « Le président Poutine et moi-même avons bâti de bonnes relations de travail, mais aussi une relation personnelle très étroite », a ajouté le dirigeant chinois. Les domaines de la coopération sont très vastes, mais le président Xi Jinping a mis l’accent sur les efforts en cours pour « aligner » leurs deux grandes initiatives : la Nouvelle Route de la soie de la Chine et l’Union eurasiatique de la Russie. Au vaste ensemble de projets transfrontaliers entre les deux pays (gazoducs, coopération énergétique, chemins de fer), Xi Jinping a ajouté le développement de la route polaire du nord.

Comme il l’a noté en arrivant à Moscou, c’était son sixième voyage en Russie en tant que président chinois et sa 3e rencontre avec le président Poutine depuis le début de cette année ! Poutine, quant à lui, a remis à son hôte chinois la plus haute distinction de la Russie, celle de l’ordre de St-André, créée par Pierre le Grand en 1698. Lors de la réception de sa décoration, Xi Jinping prononça cette phrase d’une très grande portée : « M. Poutine et moi sommes totalement d’accord sur le fait que les relations sino-russes doivent être à l’abri de toute influence extérieure, quels que soient les changements dans l’arène internationale. »

Cette amitié est bien entendu soutenue par des accords économiques de plus en plus importants entre les deux pays. « La Chine n’est pas juste notre proche voisin, c’est aussi notre premier partenaire économique », déclara à Xinhua le ministre russe du Développement économique, Maxim Oreshkin.

Les échanges couvrent tous les domaines : « La création de corridors de transports (chemins de fer, autoroutes, ports) à travers le territoire de la Russie et connectant les marchés chinois et européens. (…) La coopération avec les entreprises chinoises implique la création de nouvelles entreprises et d’emplois, ainsi que des investissements dans les infrastructures », notamment en Extrême-Orient. Quelque 10 milliards de dollars de contrats devaient être signés entre les deux pays.

Voici un monde aux relations « gagnant-gagnant » qui se construit en Asie. Notre perspective à nous, en France, en Europe, aux Etats-Unis, doit être de reconstruire nos économies productives et de travailler d’un commun accord avec les initiatives sino-russes.

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  • BONIN Stéphane • 12/07/2017 - 11:42

    Bizarrement, nos chers mé(r)dias n’ ont pas le même son de cloche ! Qui donc, en France notamment, a intérêt à faire croire à "une entente impossible" entre Occidentaux, Russes, et Chinois ?

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