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G20 : à Brisbane, Obama devant le mur des BRICS

La rédaction
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Les dirigeants des BRICS à Brisbane.

Décidément, quinze ans après sa création en 1999, le Groupe des 20 (G20) reste toujours aussi stérile. Créé à la suite des crises financières des années 90 (crise du peso mexicain, crise asiatique, LTCM, obligations russes) et intégrant les pays émergents (Chine, Inde, Indonésie, Brésil, Mexique, Afrique du Sud), et la Russie, aux grandes puissances occidentales (Etats-Unis, Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie, Canada, Union Européenne) et affiliées (Arabie Saoudite, Australie, Japon, Turquie, Corée du Sud), en vue de stabiliser le système financier mondial, le G20 n’a pas pu imaginer quelque réforme que ce soit à ce système financier à l’agonie.

Certains se souviendront que Nicolas Sarkozy avait même promis à Toulon, en vue du sommet du G20 de Londres qui avait suivi la crise financière de 2008, que la France allait militer activement auprès des autres pays pour créer un « Nouveau Bretton Woods ». Ce concept avait été subtilement emprunté (vidé de son contenu) à Jacques Cheminade par la plume du Président, Henri Guaino.

Le sommet du G20, qui vient de se conclure à Brisbane en Australie, a été un échec cuisant, uniquement à cause de l’opposition occidentale à toute réforme significative de l’ordre mondial actuel. Un échec que la presse occidentale s’est empressée de dissimuler en insistant, à l’unisson, sur l’« isolement du président russe Vladimir Poutine ».

En réalité, Obama, qui vient de subir une défaite électorale majeure aux États-Unis et dont la proposition pour un partenariat de libre-change dans le Pacifique (TPP) a été ignorée lors du sommet de l’APEC de Beijing, ne pouvait qu’exprimer tout son mépris pour les BRICS. Affirmer devant des étudiants australiens que les Etats-Unis sont « la seule superpuissance mondiale » et répéter lors de G20 que les trois menaces majeures pour l’humanité sont l’État islamique, Ebola et la Russie de Poutine, apparaissent clairement comme un aveu de faiblesse d’un Président sur la voie de la sortie.

Que les médias occidentaux aient concentré leur tir contre Poutine montre une fois de plus à quel point ils ne font pas grand cas des populations chinoise, indienne, brésilienne et sud-africaine, pour ne nommer que celles-ci, qui constituent la moitié de l’humanité et qui voient d’un très bon œil l’engagement de Poutine et de son pays en faveur de la paix et du développement mondial.

Ceci montre également qu’elle se moque éperdument de la colère des peuples américain, britannique et français à l’encontre de leurs propres dirigeants, dont la seule priorité est de maintenir en vie, à n’importe quel prix, le système financier défaillant de Londres et de Wall Street.

Les BRICS

Heureusement, dans les coulisses du sommet, les cinq dirigeants des BRICS se sont réunis pour coordonner mieux encore leurs positions : ils se sont mis d’accord pour faire ratifier par leurs parlements respectifs la « Nouvelle banque de développement » (NBD) créée en juillet à Fortaleza, forte d’un capital de 100 milliards de dollars, ainsi que l’« Arrangement de réserves en devises » également à hauteur de 100 milliards de dollars. Tous deux ont vocation à financer la croissance économique et à mieux protéger les pays partenaires contre des attaques spéculatives, des sanctions et autres pressions politiques internationales.

Lors de son discours au G20, le président Xi, à l’opposé d’Obama, a souligné le lien entre développement et paix mondiale :

La coopération entre les pays des BRICS doit rouler sur les deux ’’roues’’ que sont l’économie et la politique, pour que les BRICS puissent agir en tant que locomotive de l’économie mondiale tout en servant de bouclier à la paix mondiale.

Car la dynamique dominante dans le monde aujourd’hui est bel et bien celle des BRICS, associée aux programmes chinois de Ceinture économique de la Nouvelle Route de la Soie et de Route de la Soie maritime du XXIe siècle qui, comme aime à le répéter le président Xi Jinping, sont ouverts à tout pays désireux d’y participer.

Le président Poutine, qui accueillera le sommet des BRICS en 2015 à Oufa en Russie, a souligné de son côté l’importance des dispositifs de crédit fondés à Fortaleza :

Ils auront un capital total considérable de 200 milliards de dollars. Ceci nous donnera les mécanismes capables de stabiliser les marchés nationaux de capitaux en cas de situation de crise de l’économie mondiale. Entre-temps, de nouvelles possibilités de prêts conjoints nous permettront d’accroître nos liens commerciaux et économiques.

A l’opposé, la déclaration rachitique du G20 ne promet que la poursuite des politiques d’austérité et de vagues « réformes » visant à maintenir en vie le système financier en faillite.

Les « Occidentaux » ont notamment imposé la proposition avancée par la Conseil de stabilité financière (FSB), qui oblige les banques dites systémiques à émettre des obligations qui seront achetées par des fonds de retraite et des compagnies d’assurance. Lors d’un krach, une banque en difficulté sera autorisée à comptabiliser ces titres comme des fonds propres.

Quant à la croissance, la déclaration n’y consacre que des mots vides de toute substance. Un « centre d’infrastructure global » et un « dispositif d’infrastructure global » sont annoncés, sans donner de chiffres, mais avec la vague idée qu’ils seraient financés par des capitaux privés.

Anatomie d’un bouleversement de l’ordre mondial

Un résumé succinct des développements des deux dernières semaines donne une idée du changement fondamental en cours. Malheureusement, les médias dominants en Europe ne leur ont accordé qu’une très faible couverture.

  •  Dans le contexte du sommet de la Coopération économique en Asie Pacifique (APEC) à Beijing, la Chine a annoncé un nouveau fonds de la Route de la soie, d’un montant de 40 milliards de dollars, ouvert à tous les pays participants.
  •  Les Chinois entendent tripler leurs investissements directs à l’étranger d’ici 2020, pour atteindre un total de 1250 milliards de dollars.
  •  Lors du sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-est (ASEAN), consécutif à celui de l’APEC, on a appris que les Chinois fourniraient 20 milliards de dollars supplémentaires pour la Nouvelle Route de la soie, cette fois-ci pour les pays membres de l’ASEAN ou qui en sont proches.
  •  La Chine et la Russie ont annoncé lors du sommet de l’APEC un second contrat majeur portant sur un gazoduc, ainsi qu’un projet hydroélectrique lié à un dispositif de contrôle des crues sur le fleuve Amour, et la coopération au niveau de la recherche spatiale. Les Chinois invitent des cosmonautes à visiter la station spatiale que la Chine est en train de développer, et les Russes ont invité des taïkonautes à se rendre à la Station spatiale internationale (ISS).
  •  Un débat sur une réforme du système bancaire à la Glass-Steagall en Russie prend de l’ampleur, comme l’a indiqué l’économiste Mikhaïl Delyagine.
  •  La Corée du Sud, pilier traditionnel de la politique de Washington en Asie, vient de signer un accord commercial avec la Chine, son plus important partenaire commercial avec 26 % des exportations sud-coréennes, contre 11 % vers les Etats-Unis.
  •  Des progrès ont été faits vers la réduction des tensions entre la Chine et le Japon, couronnés par une rencontre à Beijing entre le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre japonais Abe.
  •  La Thaïlande soutient l’accord de libre-échange promu par la Chine pour la région de l’Asie Pacifique (FTAAP), tandis que l’Indonésie a hâte de rejoindre la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB), tout comme la Nouvelle-Zélande, pourtant membre du Commonwealth britannique.
  •  L’Inde, l’un des piliers majeurs des BRICS, compte créer un million de nouveaux emplois par mois pour les dix années à venir, et bâtir 100 nouvelles villes modernes.
  •  Le Chili et le Pérou, tous deux pays du Pacifique, ont participé au sommet de l’APEC. La présidente chilienne Bachelet est très ouverte à la proposition d’accord pour une Zone de libre-échange Asie-Pacifique (FTAAP), d’autant plus que la Chine est le premier partenaire commercial de son pays. Le président péruvien Humala, en route pour Beijing, s’est rendu à Moscou pour signer d’importants contrats, notamment dans la construction ferroviaire.
  • Vladimir Poutine se rendra en Inde décembre pour consolider les relations historiques, toujours cordiales, entre les deux pays. La coopération dans les hautes technologies figure en bonne position de l’ordre du jour, notamment dans l’espace, l’énergie nucléaire et la défense.
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Notre avenir est avec les BRICS

Cette nouvelle dynamique des BRICS est le fruit d’un combat international pour le droit au développement mené par Solidarité et progrès en France et l’Institut Schiller à l’international.

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