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Certains banquiers crient au meurtre devant la perspective d’un Glass-Steagall en Belgique

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25 septembre 2012 (Agora Erasmus) — Depuis que le Premier ministre belge Elio Di Rupo a mis les pieds dans le plat début septembre en annonçant son intention de séparer les banques d’investissement (trading, titrisation, dérivés, etc) des banques commerciales (épargne, dépôts, crédit, etc.), pas un jour ne se passe sans qu’un représentant du secteur financier belge exprime toute son horreur devant une démarche clairement indispensable pour assainir le secteur.

Bien que sa position était déjà connue, dans Le Soir du 11 septembre, le directeur opérationnel de BNP Paribas Fortis, Filip Dierckx, actuellement président de la Fédération belge du secteur financier (Febelfin), nous refait le grand numéro du chantage au financement de l’économie.

Alors même que BNP-Paribas (dont l’Etat belge, avec 10% est un actionnaire significatif) a été accusé d’inciter ses clients belges à se soustraire aux impôts du Royaume grâce à ses nombreuses filiales dans les paradis fiscaux, M. Dierckx n’hésite pas à s’ériger en grand défenseur de la morale.

Pour lui, la grande question est de savoir « où se situe la frontière entre la dite spéculation et la gestion des risques en bon père de famille ». Bien que Dexia et Fortis (devenue BNP Paribas Fortis) ont dû être sauvées par les Etats (c’est-à-dire l’argent du citoyen ordinaire) pour avoir perdu des milliards d’euros dans des paris spéculatifs, M. Dierckx nous annonce que « Les activités des banques d’affaires en Belgique n’ont guère à voir avec la "spéculation" dénigrée en tant que telle ».

Séparer les banques ? « Un régime belge scindant, de manière malavisée, les activités des banques d’affaires de celles des banques de détail risque de compliquer tout ceci. Une telle scission pourrait bien limiter, par exemple, la capacité d’octroi de crédit… » précise-t-il.

Ralph Hamers, le PDG de la banque ING Belgique, s’oppose lui aussi à toute séparation.Pour lui, parler de scission est une chose aisée mais qui doit passer par une profonde « analyse de l’activité ». L’argument est simple : faute d’un système de crédit productif public géré par des banques nationales (interdit par toute une série de traités européens), les banques, pour pouvoir fournir du crédit, sont obligées d’aller chercher des capitaux sur les marchés.

Ajoutons à cela le fait que la dérégulation généralisée du système et donc du risque, ont fait naître un « nouveau marché » pour les banques : celui de la gestion des risques. M. Hamers a donc beau jeu de déclarer aujourd’hui : « Si une entreprise belge nous demande de l’aider à se couvrir contre les taux de change, nous devons aller sur les marchés. Néanmoins, aider cette entreprise c’est également soutenir l’économie belge ».

Thomas Leysen, le grand patron de KBC, dans un interview avec l’hebdomadaire Trends, ne cache pas son irritation : « Une scission n’apporterait rien ; elle ne contribuerait aucunement à résoudre les problèmes (…) Pour moi, légiférer au niveau belge serait peu opportun, car rien que le fait de chercher où tracer la frontière serait prétexte à l’enlisement. »

En France, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, un proche de l’ex-patron de BNP-Paribas Michel Pébereau et conseiller de Pierre Moscovici pour l’élaboration de la réforme bancaire souhaitée par François Hollande, a eu des propos très semblables.

Au moment même qu’aux Etats-Unis et au Royaume Uni, des banquiers de haut niveau se sont « convertis » à un retour complet au Glass-Steagall Act, Noyer, dans un entretien avec le quotidien économique français Les Echos du 16 septembre, a étonné les spécialistes en déclarant que « Ce principe de la séparation des activités, je n’en comprends absolument pas l’intérêt. La seule chose que je souhaite est l’interdiction pure et simple des activités spéculatives et des contrôles internes renforcés sur les risques liés aux activités de marché. Pour le reste, les banques doivent pouvoir accompagner leurs clients, qu’ils soient particuliers, entreprises ou institutions, dans toutes les opérations, sur les marchés obligataires, le change, les opérations de couverture, créer des produits d’épargne. Pour toutes ces raisons là, je ne comprends pas bien le concept de séparation, alors que je comprends celui d’arrêt de la spéculation. »

En Belgique le parti socialiste flamand (sp.a) se mobilise pour appuyer la démarche du gouvernement Di Rupo. Le président du parti, Bruno Tobback, a réclamé vendredi, lors d’une journée d’études de son parti sur la réforme du secteur financier, que le gouvernement fédéral belge se penche rapidement sur la scission des banques de dépôts et des banques d’affaires. Cela est parfaitement possible au niveau belge, a-t-il précisé.

Lors d’une table ronde, le professeur d’économie Paul De Grauwe a renouvelé son plaidoyer en faveur d’une scission « urgente » entre banques de dépôts et banques d’affaires alors que Filip Dierckx a rappelé l’opposition du lobby bancaire à une scission complète.

Sans surprise, Frans van Daele, le chef de cabinet du président du Conseil européen Herman Van Rompuy, a affirmé lors du débat qu’« au niveau européen, la question n’est pas encore à l’ordre du jour ».

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