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La va-t-en guerre Merkel dénoncée par les ténors de la classe politique allemande

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Obama et Merkel, complice dans les provocations anti-russes
Crédit : Reuters

« De nouveau la guerre en Europe ? Pas en notre nom ! » C’est avec ce titre choquant que Die Zeit, un des hebdomadaires les plus prestigieux [1] que compte l’Allemagne, a publié vendredi le 5 décembre un appel lancé par Horst Teltschik, un membre éminent de la CDU et ancien conseiller du chancelier Kohl à l’époque de la réunification allemande, et signé par une soixantaine de personnalités allemandes de premier plan.

Cet appel vient en écho à la mise au point dramatique de Vladimir Poutine devant la Douma le 4 décembre. Le Président de la Fédération russe, tout en se montrant ouvert à une coopération avec les États-Unis et l’UE pour sortir de l’impasse, avait rappelé dans des termes on ne peut plus clairs que les provocations occidentales en Ukraine peuvent conduire le monde au bord d’une guerre mondiale.

Il ne fait aucun doute qu’ils [les anglo-américains] auraient aimé voir à l’œuvre chez nous le scénario yougoslave d’un effondrement et d’un démembrement avec toutes les tragiques conséquences que cela aurait eu pour les peuples de Russie. Ça n’a pas marché. Nous ne l’avons pas permis. Comme ça n’a pas marché pour Hitler qui voulait détruire la Russie avec son idéologie xénophobe et nous repousser au-delà de l’Oural. Personne ne devrait oublier comment tout cela peut finir.

Depuis plusieurs semaines, il est apparu que la chancelière allemande Angela Merkel a complètement rejoint le parti de la guerre qui règne à la City et Wall Street. Cette orientation transparaît de ses déclarations lors du sommet de l’APEC à Pékin et dans la décision allemande de prendre la tête de la Force de déploiement rapide de l’OTAN qui organisera des manœuvres en Europe de l’Est.

APPEL :
Une autre guerre en Europe ?
Pas en notre nom !

Die Zeit

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Personne ne veut la guerre. Mais l’Amérique du Nord, l’Union européenne et la Russie se dirigent tout droit vers une guerre si l’on ne met pas fin à la spirale mortelle des menaces et contre-menaces.

Tous les Européens, y compris la Russie, partagent la responsabilité du maintien de la paix et de la sécurité. Seuls ceux qui ne perdent pas de vue cet objectif peuvent éviter de nous engager sur la mauvaise voie.

Le conflit en Ukraine montre que la soif de pouvoir et de domination sont des problèmes toujours bien réels. En 1990, à la fin de la Guerre froide, nous avions tous espéré le contraire. Mais le succès de la politique de détente et les révolutions pacifiques nous ont rendus imprudents et nous ont endormis. À l’est comme à l’ouest. Aussi bien les Américains que les Européens et les Russes, ont oublié le principe fondamental de bannir définitivement la guerre des rapports internationaux. Sinon, on ne s’explique pas l’élargissement occidental vers l’Est, menaçant pour la Russie, en l’absence totale d’une collaboration contextuelle plus approfondie avec Moscou ; ou encore l’annexion de la Crimée par Poutine, contraire au droit international .

Dans un moment de grand danger pour le continent comme celui que nous sommes en train de vivre, l’Allemagne a une responsabilité particulière dans le maintien de la paix.

Sans la volonté de réconciliation du peuple de Russie, sans la clairvoyance d’un Mikhaïl Gorbatchev, sans le soutien de nos alliés occidentaux et l’action prudente du gouvernement fédéral d’alors, nous n’aurions jamais pu surmonter la fracture de l’Europe. Le fait de rendre possible la réunification pacifique de l’Allemagne fut un acte majeur et d’une grande sagesse de la part des puissances sorties vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. De la fin de cette fracture devait naitre un ordre européen durable fait de paix et de sécurité, allant de Vancouver à Vladivostok, comme cela fut établi en novembre 1990 par tous les chefs de gouvernement des 35 États membres de l’OSCE signataires de la « Charte de Paris pour une nouvelle Europe. »

Sur la base des principes convenus ensemble et des premières mesures concrètes mises en œuvre, il fallait construire une « maison européenne commune », dans laquelle chaque État membre pourrait jouir du même niveau de sécurité. Cet objectif fondamental de la politique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui n’a pas été atteint. Les Européens ont encore des raisons d’avoir peur.

Nous, signataires de ce texte, appelons le gouvernement fédéral à agir de façon responsable pour la paix en Europe. Nous avons besoin d’une nouvelle politique de détente en Europe. Celle-ci ne peut exister que sur la base d’une sécurité égale pour tous, et entre partenaires aux droits égaux et au respect réciproque. Le gouvernement allemand serait dans son rôle si compte tenu de la situation de blocage, il lançait un appel au calme et au dialogue avec la Russie. Le besoin de sécurité des Russes est aussi vaste et légitime que celui des Allemands, des Polonais, des Ukrainiens ou des habitants des Pays baltes.

Nous ne pouvons pas chasser la Russie de l’Europe. Ce serait contraire à l’Histoire, irrationnel et dangereux pour la Paix. Jusqu’au congrès de Vienne de 1814, la Russie était reconnue comme une des puissances dirigeante de l’action politique en Europe. Tous ceux qui ont essayé de changer cet état de fait par la violence ont failli et ont généré un immense bain de sang, comme ce fut le cas avec la tentative meurtrière et mégalomane de l’Allemagne d’Hitler qui s’aventura hors de ses frontières pour tenter de soumettre également la Russie à son propre régime.

Nous exhortons tous les députés du Bundestag allemand, en tant que représentants du peuple, à être à la hauteur de la gravité de la situation, et à se faire les gardiens des engagements de Paix du gouvernement fédéral. Ceux qui ne font que construire l’image d’un ennemi, et manipuler les faits en lui attribuant unilatéralement les fautes, exacerbent les tensions à un moment où au contraire devraient prévaloir les signes de détente. Incorporer, intégrer, ne pas exclure, devraient être le leitmotiv des politiques allemands.

Nous en appelons aux médias, afin qu’ils se conforment de façon plus convaincante à leurs obligations de rapporter les faits sans a priori. Les éditorialistes et les commentateurs diabolisent des nations entières, sans donner suffisamment de crédit à leurs récits. N’importe quel journaliste expert en politique étrangère comprendra facilement la crainte des Russes, depuis que fin 2008, les membres de l’OTAN invitent la Géorgie et l’Ukraine à entrer dans l’Alliance atlantique. Il ne s’agit pas de Poutine. Les chefs vont et viennent. Il s’agit de l’Europe. Il s’agit d’ôter aux gens la peur de la guerre. Dans ce contexte, un compte-rendu responsable des faits, basé sur des recherches solides, ne peut qu’être bénéfique.

Le 3 octobre 1990, le jour de l’Unité allemande, le président Richard von Weizsäcker a dit :

La guerre froide est surmontée. Liberté et démocratie ont été rapidement appliquées à tous les États… Désormais ceux-ci peuvent intensifier leurs rapports et les consolider au niveau institutionnel, au point que pour la première fois, pourra se former un ordre commun de vie et de paix. […] C’est ainsi que commence pour les peuples d’Europe un nouveau chapitre de leur histoire. Son but est une union paneuropéenne. C’est un objectif formidable. Nous pouvons l’atteindre, mais nous pouvons aussi le rater. L’alternative qui se présente à nous est claire : unir l’Europe, ou bien retomber dans des conflits nationalistes dans la lignée d’autres exemples historiques douloureux.

Jusqu’au conflit ukrainien, nous avions cru, en Europe, que nous étions sur la bonne voie. Aujourd’hui, le discours de Richard von Weizsäcker, prononcé voilà un quart de siècle, n’a jamais été plus actuel.

Les signataires :

  • Mario Adorf, acteur
  • Robert Antretter (e- parlementaire au Bundestag)
  • Prof. Dr Wilfried Bergmann (Vice-président de l’Alma Mater Europaea)
  • Luitpold Prinz von Bayern (Königliche Holding und Lizenz KG, manufacture de porcelain de Nymphenburg)
  • Achim von Borries (metteur en scène et scénariste)
  • Klaus Maria Brandauer (acteur, metteur en scène)
  • Dr Eckhard Cordes (président de la commission pour les relations économiques avec l’Europe de l’Est)
  • Prof. Dr Herta Däubler-Gmelin (ex-ministre de la Justice)
  • Eberhard Diepgen (ex maire de Berlin)
  • Dr Klaus von Dohnanyi (maire de la Cité libre de Hambourg)
  • Alexander van Dülmen (Conseiller d’administration de la A-Company Filmed Entertainment AG)
  • Stefan Dürr (Managing Partner et administrateur délégué de la Ekosem-Agrar GmbH)
  • Dr Erhard Eppler (ex-ministre fédéral pour le développement et la coopération)
  • Prof. Dr Heino Falcke (recteur)
  • Prof. Hans-Joachim Frey (président du Conseil d’Administration de la Semper Opernball de Dresde)
  • Père Anselm Grün (moine)
  • Sibylle Havemann (Berlin)
  • Dr Roman Herzog (ex-président fédéral)
  • Christoph Hein (scénariste)
  • Dr H. C. Burkhard Hirsch (ex Vice président du Bundestag)
  • Volker Hörner (recteur)
  • Josef Jacobi (agriculteur biologique)
  • Dr Sigmund Jähn (ex-astronaute)
  • Uli Jörges (journaliste)
  • Prof. Dr H. C. Dr Margot Käßmann (ex-présidente du Conseil Protestant allemand et évêque)
  • Dr Andrea von Knoop (Moscou)
  • Prof. Dr Gabriele Krone-Schmalz (ex-correspondant de la chaine tv ARD à Moscou)
  • Friedrich Küppersbusch (journaliste)
  • Vera von Lehndorff Gräfin (artiste)
  • Irina Liebmann (scénariste)
  • Dr H. C. Lothar de Maizière (ex premier ministre de la RDT, ex-ministre de la RFT)
  • Stephan Märki (directeur du Theatre de Bern)
  • Prof. Dr Klaus Mangold (président de Mangold Consulting GmbH)
  • Reinhard e Hella Mey (auteur chanteur)
  • Ruth Misselwitz (pasteur protestant de Pankow)
  • Klaus Prömpers (journaliste)
  • Prof. Dr Konrad Raiser (ex-secrétaire général du Conseil oecuménique mondial des Églises)
  • Jim Rakete (photographe)
  • Gerhard Rein (journaliste)
  • Michael Röskau (ex dirigeant ministeriel)
  • Eugen Ruge (scénariste)
  • Dr. H. C. Otto Schily (ex-ministre federal de Interieur)
  • Dr H. C. Friedrich Schorlemmer (spécialiste en théologie, militant des droits civils)
  • Georg Schramm (comique)
  • Gerhard Schröder (ex-Chancellier federal)
  • Philipp von Schulthess (acteur)
  • Ingo Schulze (scénariste)
  • Hanna Schygulla (actrice, chanteuse)
  • Dr Dieter Spöri (ex-ministre des Affaires économiques)
  • Prof. Dr. Fulbert Steffensky (théologue catholique)
  • Dr Wolf-D. Stelzner (Managing Partner : WDS-Institut fu ?r Analysen in Kulturen mbH)
  • Dr Manfred Stolpe (ex ministre fédéral, ex-gouverneur du Brandebourg)
  • Dr Ernst-Jörg von Studnitz (ex-ambassadeur)
  • Prof. Dr Walther Stützle (ex-secrétaire d’État à la Défense)
  • Prof. Dr Christian R. Supthut (ex-Conseiller en Droit)
  • Prof. Dr H. C. Horst Teltschik (ex-conseiller auprès du Bureau fédéral pour la sécurité et la politique étrangère)
  • Andres Veiel (metteur en scène)
  • Dr. Hans-Jochen Vogel (ex ministre federal de la Justice)
  • Dr Antje Vollmer (ex-Vice-président du Bundestag)
  • Bärbel Wartenberg-Potter (éveque emerite de Lubecca)
  • Dr Ernst Ulrich von Weizsäcker (scientifique)
  • Wim Wenders (metteur en scène)
  • Hans-Eckardt Wenzel (Auteur chanteur)
  • Gerhard Wolf (écrivain, éditeur)

[1Die Zeit (Le Temps) est un hebdomadaire allemand d’information et d’analyse politique qui paraît le jeudi. Les directeurs de publication sont actuellement l’ancien Bundeskanzler Helmut Schmidt (depuis 1983) et Joseph Joffe.

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Vos commentaires

  • Le 10 décembre 2014 à 11:37
    par bul

    l’europe c’est la guerre, vive la France indépendante, article 50 du TUE >> upr.fr

    Répondre à ce message

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