Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire Flash : 2 décembre - François Fillon veut six fois moins de communes et zéro départements Lire
Accueil Actualité

Un hôpital public au bord du suicide ?

visites
953
JPEG - 86.9 ko
PDF - 165.3 ko

Le tract de Solidarité & Progrès en soutien de la Vague blanche.

Pourquoi le nier plus longtemps, l’hôpital public, un exemple de qualité et de professionnalisme au XXe siècle pour le monde entier, n’est plus ce qu’il était et souffre gravement des derniers plans ministériels. Sa restructuration, due à la gestion aberrante des coûts, malmène le patient, pousse le personnel médical au burn-out et les médecins au suicide.

Quand la porte de sortie de crise est le suicide

Comme le précise le Bulletin du Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins de la ville de Paris en Mars 2013, les médecins sont deux fois plus déprimés que la population générale (10 à 15 % selon des études) soit près d’un médecin sur trois est touché par la dépression.

Les coupes franches des derniers Projets de loi de financement de la Sécurité sociale dans le milieu hospitalier ont porté autant sur le matériel que sur le personnel. À la tête de chaque établissement hospitalier, les nouveaux administrateurs ne que sont des comptables dont la tendance est de gérer les divers services hospitaliers comme une bureaucratie. Or, comme le soulignait le Professeur et médecin cancérologue Jean Bernard « ... la médecine n’est pas seulement la biologie moléculaire, c’est l’amour de son prochain » et cela ne se pratique pas à horaires bureaucratique ; les urgences en sont un exemple.

Les désastreux événements qui se sont passés dernièrement dans le Vaucluse peuvent nous éclairer. Début octobre, treize des vingt-six médecins que compte le service des urgences de l’hôpital Henri-Duffaut à Avignon, ont annoncé leur démission. Patrick Bourdillon, secrétaire général de la CGT dans cet hôpital, s’explique dans Le Figaro :

Nous sommes le troisième service des urgences de la région Paca, avec une hausse de l’activité de 6 % par an. Autrement dit, c’est un service avec beaucoup d’afflux de patients. Or les effectifs ne sont pas suffisants car nous sommes dans une logique de réduction des coûts. Les médecins urgentistes ont choisi ce moment pour démissionner car après un été marqué par une forte affluence avec notamment les touristes et les festivals, ils voient arriver le vent glacial de l’hiver avec son lot de maladies.

En effet, le surcroît de travail sans qu’on leur en donne les moyens pousse les médecins vers le burn-out ou pire. Selon le Quotidien du médecin, le Conseil de l’Ordre du Vaucluse a déjà alerté sur le nombre de décès prématurés des médecins dans leur département : 11 suicides sur 21 décès. Sensibilisé, le Conseil de l’Ordre commande une enquête auprès des Conseils départementaux et les Docteurs Gleizes et Ariane Ravazet ont conclu :

Le stress, proportionnel à la charge de travail, frappe pratiquement un médecin sur deux. Comme cause de leur stress, les médecins indiquent le poids financier (82 %), les contraintes administratives (70 %), la paperasse, le téléphone (62,8 %) et la perturbation de la vie privée (56,5 %) ; pour presque 50 % l’encadrement et les conditions d’exercice.

Un collectif d’hospitaliers et de patients ont rendu public un manifeste « Santé 2017 » pour engager les candidats à la présidentielle à mettre « la santé au cœur de leur programme », alors que le projet de loi de financement (PLF) 2017 de la Sécurité sociale est adopté. Mais la ministre de la santé Marisol Touraine se défend : « 10 Mds€ et 26 000 postes d’infirmières auraient été ajoutés depuis 2012 ». Appliquer un cautère sur une jambe de bois ne guérit pas un unijambiste.

Le PLF prévoit de nouvelles coupes, et la réalité est bien au delà : l’endettement des hôpitaux publics a triplé en dix ans et se monte aujourd’hui à 30,64 Mds€. Désespéré, le personnel en souffre et se tourne vers les administrateurs mais les réponses sont parfois inquiétantes. Le Professeur André Grimaldi, président du Mouvement de défense de l’hôpital public, s’indigne :

Dans mon service, un cadre administratif a dit à une infirmière qu’il fallait qu’elle fasse le deuil de la qualité. Ça a jeté un froid immense.

« Qui trinque ? Les patients »

Nous pourrions prendre de nombreux autres exemples, un seul suffira. Peu avant la démission des médecins urgentistes, le 21 septembre, Joseph Costeplane est admis à l’hôpital Henri-Duffaut à Avignon pour une intervention dans le cadre du protocole médical contre le cancer des poumons et de la plèvre. Il devra attendre trois jours à jeun pour être opéré : son opération à été ajournée trois fois. On prétexte un manque d’anesthésiste. Peut-être ! Partout on réduit le personnel comme le matériel.

Mais ce n’est pas très crédible, car cette malencontreuse histoire se répète dans d’autres hôpitaux publics ! Le professeur Michaël Peyromaure de l’hôpital Cochin à Paris dit tout haut ce que beaucoup de médecins pensent tout bas :

L’hôpital est en train de se désoccuper de ses patients (…) Le sort des patients est imposé par des cadres administratifs. Je passe mon temps à gérer les restrictions.

On ne peut faire carrière dans le monde médical sans exprimer du dévouement pour l’autre. Celui-ci est remis en cause par la gestion des coûts et les contraintes horaires imposées souvent sans attention ni au personnel médical ni aux patients. Il faut donner en permanence des comptes-rendus sur chaque acte sans bénéfice réel ni pour l’un, ni pour l’autre. Le Docteur Isabelle Gautier Membre du Conseil départemental de l’Ordre des médecins de la ville de Paris, explique :

Le contrat qui lie le médecin à son patient est le soin. Cet engagement, tacitement basé sur une confiance mutuelle, est subrepticement mis en question notamment par le devoir de preuve d’information et de transmission des dossiers médicaux. Ces nouvelles obligations légales mettent en cause les modes de communication habituels et alourdissent la relation.

Le médecin se sent de plus en plus souvent traité comme un livreur de pizzas au supermarché de la santé. Les exemples ne manquent malheureusement pas : La direction de l’hôpital Cochin a décidé de fermer les blocs opératoires pendant les vacances de la Toussaint. Sans doute les maladies et les accidents prennent des congés dans ces périodes là. Parfois on déprogramme une intervention chirurgicale car la direction ferme ses blocs opératoires à 17h et si les interventions précédentes ont pris plus de temps que prévu, le dernier patient, préparé et mis à jeun depuis la veille, se trouve reprogrammé pour le lendemain ou pire... On ne tient pas compte des complications qui peuvent survenir pendant une intervention et obligent à allonger le temps de celle-ci. Une salle d’opération chirurgicale n’est pas une chaîne dans une usine textile. Voilà ce qui peut expliquer ce qui est arrivé à ce patient du CHU d’Avignon.

La bonne santé des patients dépend de celle des médecins et de l’hôpital et les mettre dans les mains d’une gestion comptable est tout simplement criminelle. Il faut dès aujourd’hui penser l’hôpital du futur avec un matériel technologique qui sera sans doute plus sophistiqué et un personnel de santé hautement qualifié au service du patient. On mesure la santé économique d’un pays à la santé de ses hôpitaux.

Contactez-nous !