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Italie : l’étrange chant du grillon

La rédaction
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Par Claudio Celani

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Les 24 et 25 février, les Italiens ont voté. La bonne nouvelle, c’est qu’il s’agit d’un rejet total de la politique d’austérité draconienne imposée par l’UE. La mauvaise, c’est que cette colère populaire risque d’être canalisée vers un mouvement fascisant.

Regardons d’abord le bon côté des choses : Mario Monti a été chassé. Après avoir ruiné l’économie italienne (90 milliards d’euros de coupes budgétaires en 14 mois, à comparer aux coupes de 60 milliards sur 5 ans imposées par François Hollande), Monti, qui espérait encore sortir du scrutin comme la troisième force politique du pays, n’a recueilli que 10 % des voix.

Son éjection de la scène sème aujourd’hui à travers l’Europe le doute que l’Italie puisse remplir les conditions d’austérité imposées par la Troïka suite aux plans de renflouements bancaires.

Le vrai vainqueur des élections est le Mouvement cinq étoiles (M5S) de l’humoriste Beppe Grillo. Avec 25,5 %, c’est le parti le plus important à la Chambre des députés, devant le Parti démocrate (25,42 %) et le PDL de Berlusconi (21,56 %). (…)

Cependant, en raison du système politique italien qui donne une prime à la coalition arrivée en tête, le M5S n’obtient que 109 sièges à la Chambre, contre 345 pour le centre gauche de Pierluigi Bersani et 125 pour le Centre droit emmené par Berlusconi. Mais son soutien est nécessaire pour former une majorité au Sénat, où le Centre gauche a obtenu 105 sièges, le centre droit 98, Grillo 54 et Monti 18. Or, majorité au Sénat veut dire 158 voix. Beaucoup d’électeurs du Parti démocrate approuveraient une coalition avec Grillo et pas avec Berlusconi, mais Grillo a déjà déclaré qu’il ne veut aucune alliance.

La mauvaise nouvelle est que, si les Italiens ont chassé Mario Monti du pouvoir, dans le même temps, le mouvement de masses qui a déterminé cette victoire pourrait nous conduire vers une dictature fascisante.

Le Financial Times du 27 février, et d’autres porte-parole de l’oligarchie et de l’élite supranationale européenne, tels que le financier Carlo de Benedetti et la journaliste Barbara Spinelli, ont déjà annoncé ce que devrait être l’agenda du prochain gouvernement. Leur projet vise l’élimination des partis politiques traditionnels, via des « coupes dans les dépenses politiques », c’est-à-dire le financement public des partis politiques et les remboursements aux partis et aux élus. Autre scénario possible, le président italien Napolitano travaillerait à la mise en place d’un autre gouvernement technocratique qui adopterait l’agenda anglo-américain de Grillo. Le nom de Giuliano Amato, auteur du Traité de Lisbonne, circule déjà pour ce poste. (…)

Le regard attentionné d’Obama

Enfin, notons que ce Grillon-là nous chante de vieilles chansons... A l’issue d’une rencontre privée, il y a quelques mois, l’ambassadeur américain Thorne a envoyé à Washington un rapport très élogieux sur le personnage. En décembre dernier, le chef de campagne de Grillo et celui d’Obama, Michael Staby, se sont rencontrés à Rome. « Nous avons parlé, j’ai écouté ses idées sur le rôle de l’individu, et sur comment les gens peuvent être amenés à participer. Ce sont des questions intéressantes pour tout le monde… », a-t-il dit.

Puis, le 28 février, lors du voyage de Kerry à Rome, Thorne organisa une conférence avec une série de personnalités italiennes afin de lui expliquer le « phénomène Grillo ». Selon La Stampa, c’est l’ancien Premier ministre Romano Prodi qui présida cette réunion où, « selon des sources présentes, personne n’a diabolisé le mouvement ».

Par ailleurs, contrairement à certains rapports, Grillo n’est pas contre l’euro. Ainsi, l’économiste le plus proche du mouvement, le professeur Mauro Galegatti, déclara à La Stampa : « Nous n’avons jamais dit que nous voulions quitter l’euro ; ce serait un vrai bain de sang et nous finirions comme l’Argentine. » Par contre, selon Gallegati, pour le M5S le problème principal est « l’empreinte écologique ». Il travaillerait d’ailleurs actuellement avec Joseph Stigliz « à condenser la philosophie économique du M5S » sur ce plan. Grillo s’est aussi prononcé pour l’arrêt de grands chantiers d’infrastructures comme le TGV Lyon-Turin.

Grillo ne rejette pas non plus l’austérité. A la mairie de Parme, que son parti a conquise l’année dernière, les coupes budgétaires sont même plus brutales que celles de Monti au niveau national. C’est ainsi qu’en pleine année du centenaire de la naissance de Verdi, né à Parme, il vient de supprimer l’orchestre du Théâtre !

« Nous serons tous plus pauvres mais plus solidaires », a déclaré Grillo récemment, comme du temps de Mussolini, qui avait coupé drastiquement le salaire des ouvriers, pour le remplacer par un système spartiate d’allocations sociales !

Seule alternative viable à ces scénarios du pire : l’adoption d’un programme rooseveltien de réforme financière et de relance économique massive autour de projets d’infrastructure.

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