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Pour J.P. Morgan, les constitutions post-fascistes en Europe sont des obstacles à éliminer

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Comme l’a souligné Jacques Cheminade lors de sa campagne présidentielle, sans l’adoption rapide de solutions Rooseveltiennes (séparation stricte des banques, New Deal et création d’emplois qualifiés), on risque d’assister à la mutation d’un capitalisme financier prédateur en fascisme financier destructeur. C’est une mutation en cours, car avec l’adoption de nouvelles législations de réforme bancaire élaborées par la Banque des règlements internationaux (BRI), la confiscation directe des dépôts s’ajoute au renflouement public des banques en difficulté.

C’est dans ce contexte que la note publiée le 28 mai à Londres par le service économique de la banque anglo-américaine JP Morgan, et intitulée « Les ajustements de la zone euro : presqu’à la moitié du chemin » (The Euro Area Adjustment : About Halfway There), prend une signification toute particulière.

JP Morgan affirme sans sourciller dans son étude que le plus grand obstacle à la relance en Europe sont les constitutions adoptées après la chute des régimes fascistes dans divers pays européens dans l’après-guerre.

La note affirme d’emblée :

L’histoire de la gestion de la crise dans la zone euro revêt deux dimensions : la première, la conception de nouvelles institutions pour la prochaine phase d’équilibre (EMU-2) ; et la seconde, faire face aux problèmes d’héritage national, dont certains existaient déjà lors de la mise en œuvre de l’Union monétaire européenne (EMU) et dont d’autres sont apparus au cours de la première décennie d’existence de l’union monétaire.

Plus explicite encore, le rapport continue :

Aux premiers jours de la crise, on pensait que ces problèmes d’héritage national étaient en grande partie économiques... Au fil du temps cependant, il s’est avéré qu’il y avait également des problèmes d’héritage nationaux de nature politique. Les constitutions et solutions politiques dans la périphérie sud [de l’Europe] mises en places dans la foulée de la chute du fascisme, contiennent des caractéristiques qui apparaissent incompatibles avec une intégration plus poussée dans la région [la zone euro].

Pas encore assez explicite ? Voyons un peu plus loin :

Les systèmes politiques dans la périphérie [sud] ont été établis après la chute des dictatures, et ont été façonnés par cette expérience. Les constitutions tendent à montrer une forte influence socialiste, reflétant la force politique des partis de gauche après la défaite du fascisme. Les système politiques dans la périphérie affichent les caractéristiques suivantes : des exécutifs faibles ; des gouvernements centraux faibles par rapport aux régions ; une protection constitutionnelle des droits des travailleurs ; un consensus dans la construction de systèmes politiques promouvant le clientélisme politique ; et le droit de protester si des changements malvenus sont apportés au status quo politique.

Bien sûr, le rapport ne précise pas s’il fait référence aux constitutions adoptées en Grèce en 1973 après la chute de la dictature des colonels, au Portugal en 1974 après la dictature Salazar, ou en Espagne en 1975 après la chute du franquisme.

Il ne précise pas non plus ce qu’il pense des constitutions adoptées au lendemain de la deuxième Guerre mondiale, en France, en Allemagne ou en Italie, garantissant explicitement les droits les plus fondamentaux pour les populations de ces pays, comme on l’a fait en France à partir du programme du Conseil national de la résistance (CNR).

D’ailleurs, chez nous, Denis Kessler, le 4 octobre 2007 dans la revue Challenge, ne disait rien d’autre :

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement [Sarkozy] peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...

A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

Sous-entendu également à la note de JP Morgan est le fait que le problème ne se pose pas en Grande-Bretagne puisque ce pays n’a pas de constitution écrite, et que l’on peut plus facilement y imposer les réformes demandées par les banquiers, comme l’ont si bien montré les politiques de Margaret Thatcher au cours des années 80 qui, faut-il le rappeler, a explicitement soutenu le régime de Pinochet au Chili.

Ainsi, si nous traduisons la pensée des auteurs du rapport de J.P. Morgan, la « deuxième partie du voyage » [c’est la métaphore qu’ils introduisent eux-mêmes !] devant être marquée par « la conception de nouvelles institutions pour la prochaine phase d’équilibre », sera sans doute, grâce à des réformes politiques, l’avènement d’un fascisme nouveau, intégré dans le futur plan d’Union bancaire européenne, un système capable de dicter ses volontés aux gouvernements élus de la zone euro.

Pour conclure, rappelons que la maison bancaire américaine J.P. Morgan, dont les origines remontent à la banque anglaise Peabody (renommée J.S. Morgan lorsque Junius Spencer Morgan (1813-1890) s’empara de cette dernière vers la fin du XIXe siècle), a été directement impliquée dans la tentative de coup d’état de 1934 pour renverser le président Franklin Delano Roosevelt. Ceci eut lieu après que John Pierpont Morgan (1837-1913), le fils de Junius Spencer, fusse envoyé à New York pour y fonder J.P. Morgan & Co.

J.P. Morgan & Co. fera également les beaux jours du fascisme italien en 1926, lorsque Thomas Lamont, associé et futur dirigeant de la banque, arrangera un prêt de 100 millions de dollars à Benito Mussolini pour stabiliser son régime à un moment clé. L’historien américain John Patrick Diggins expliquera plus tard dans son livre Mussolini and Fascism. The view from America (Princeton University Press, avril 1972), que de « tous les hommes d’affaires américains, celui qui a le plus soutenu la cause du fascisme a été Thomas W. Lamont. Directeur du puissant réseau bancaire J.P. Morgan, Lamont a servi en quelque sorte de consultant financier pour le gouvernement de l’Italie fasciste ».

Décidément, il y a des traditions qui ne se perdent pas !

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