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Jean Peyrelevade et la réforme bancaire, le choix de la défaite

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Alors qu’en France tous les partisans d’un retour à une séparation stricte entre banques commerciales (dépôts, crédit, système de paiement) et banques d’investissement (marchés, dérivés, titrisations, etc.), s’accordent à considérer insuffisant le projet de réforme bancaire présenté le 19 décembre par Pierre Moscovici en Conseil des ministres et se mobilisent contre lui, Jean Peyrelevade, dans une interview accordée à l’hebdomadaire Le Point, a fait savoir que « c’est un bon début, car il commence à appliquer le principe de séparation des activités bancaires ».

Fausse séparation bancaire

Quand le journaliste rappelle que le maintien des activités de marché « utiles à l’économie dans la banque universelle permet en fait de garder la plupart des activités de marché en dehors de la filiale », Peyrelevade rétorque que « ce qui est important, c’est que le mouvement ait été lancé. Il sera par la suite facile aux autorités de rajouter des activités dans la filiale séparée. Il n’est même pas sûr qu’il y ait besoin d’une nouvelle loi. Il faut seulement s’assurer que la cloison soit étanche, c’est-à-dire qu’il ne faut pas que la filiale puisse être refinancée par le reste de l’établissement ».

On croît rêver ! Alors que Peyrelevade, président du Conseil de surveillance de la banque d’affaires Leonardo & Co et ancien président du Crédit lyonnais, se dit par ailleurs partisan de la séparation stricte de type Glass-Steagall Act, il est en fait favorable à un compromis laissant les poules et les renards dans le même poulailler ! Là où il faudrait renvoyer les renards de la finance dans leur forêt, Peyrelevade cherche à négocier avec Moscovici une meilleure cohabitation entre les prédateurs et leurs proies sous un même toit.

Si certains experts sont prêts à tout pour éviter que la politique et le peuple se mêlent de ce qu’ils considèrent à tort comme leur affaire, précisons que pour Franklin Roosevelt, comme pour nous aujourd’hui, le retour au principe de séparation stricte dépasse de très loin le concept d’une simple « régulation » permettant de « protéger » l’argent des déposants.

Roosevelt, après le Banking Act de 1933 dont le Glass-Steagall faisait partie, a lancé le New Deal, c’est-à-dire une politique ambitieuse de mobilisation industrielle, de formation et de plein emploi. Or, prôner la survie de l’euro grâce à l’austérité et la modération salariale comme le fait M. Peyrelevade, n’est pas compatible avec un vrai Glass-Steagall.

Même la séparation stricte ne suffit pas

Si Glass-Steagall n’est pas complété par un « nouveau Bretton Woods », c’est-à-dire un nouvel ordre économique mondial plus juste, son effet sera insuffisant pour nous sortir de la crise. Car ce qu’on oublie, c’est que depuis 1957 (Marché de l’eurodollar, création des paradis fiscaux), 1971 (fin de la convertibilité or/dollar et des parités stables entre devises), 1973 (interdiction pour l’Etat français d’émettre son propre crédit) et 1986 (« Big bang » de la dérégulation de Londres), les banques d’affaires ont façonné les marchés financiers mondiaux à leur guise. Le Glass-Steagall sera donc mondial ou ne sera pas !

Ainsi, retourner à un vrai Glass-Steagall doit servir de levier pour :

  1. Conduire au grand jour une enquête parlementaire sur les errements d’une finance qui a sombré dans la corruption et la délinquance (manipulation du Libor, blanchiment d’argent sale, emprunts toxiques, etc.)
  2. Libérer nos Etats du monopole des banques privées en retournant à un système de « crédit productif public » mis en œuvre par une concertation entre banques et monnaies nationales.
  3. Retourner à une politique de grands travaux dans les secteurs de pointe valorisant le potentiel créateur de nos populations : nucléaire, espace, transports à grande vitesse, infrastructures, biotechnologies, recherche et développement.

Ajoutons à cela que, contrairement à ce que vient de déclarer André Lévy-Lang, l’ancien président du directoire de la banque d’affaires Paribas, il existe bel et bien des forces majeures aux Etats-Unis disposées à engager une vraie réforme bancaire séparant les banques commerciales des banques d’affaires (Ce jeudi, une proposition de loi vient d’être déposée par la démocrate Marcy Kaptur et le républicain Walter Jones (La House Resolution 129 qui remplace dorénavant la HR 1489).

Pour conclure, on pourrait dire que les spéculateurs ont raison quand ils accusent les partisans de Glass-Steagall de vouloir « revenir 20 ans en arrière ». Rappelons tout de même qu’il s’agit des Trente glorieuses de l’époque De Gaulle/Kennedy, où nos économies connaissaient des taux de croissance (et non factices) de 3 à 5%, où l’on manquait de main d’œuvre en France et où l’homme pensait explorer l’espace.

On peut donc penser, dans le cas de M. Peyrelevade, qui nous confia un jour qu’il était « pour Glass-Steagall, mais sans Cheminade », que refuser de revenir sur ses pas quand on a fait fausse route, c’est faire le choix de la défaite. Marc Bloch a, en son temps, expliqué comment on en avait fait le choix.

Voir les 2 commentaires

  • petite souris • 09/01/2013 - 16:48

    ........et que fait le gouvernement ?

    Répondre à ce message

  • Eric • 05/01/2013 - 21:01

    "... où nos économies connaissaient des taux de croissance (et non factices) de 3 à 5%,..."
    Dans le cadre de la véritable économie, c’est-à-dire de l’économie non monétaire, de l’économie au sens étymologique du terme ("gestion de la maison"), bref de l’économie basée sur les ressources, le taux de croissance sera (soyons optimistes) nul car on gèrera les ressources non renouvelables de la terre d’une façon intelligente au moyen, notamment, de la cybernétique, ce qui n’empêchera pas le plein emploi car c’est le système monétaire qui crée le chômage.
    Je vous invite à lire l’article suivant qui vous prouvera qu’une "économie" de croissance est pure folie : "Quand le monde manquera de métaux" :
    http://www.bastamag.net/article2635.html

    Répondre à ce message

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