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Un anglais à Paris, un américain à Londres : Ken Loach et Cornel West ne mâchent pas leurs mots

La rédaction
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Le 1er mai 2013, le grand réalisateur anglais Ken Loach était à Paris pour présenter avec la ferveur qu’on lui connaît son nouveau documentaire The Spirit of ’45 (à voir absolument, présentement à l’affiche dans les salles de cinéma en France), sur la création de l’Etat Providence en Grande Bretagne suite aux affres de la deuxième Guerre Mondiale.

Il avait déclaré lors d’une interview à Laura Tufféry pour MediaPart :

MédiaPart : L’ennemi d’alors était le nazisme, quel serait l’adversaire aujourd’hui ?

Ken Loach : L’ennemi c’est la haute bourgeoisie et les politiciens qui la représentent : Cameron, Obama, Rajoy, Hollande… Ils sont les représentants des grandes entreprises, ils sont donc l’ennemi. 

Cela a le mérite d’être clair.

Ce mois de mars 2013, Ken Loach a été parmi les initiateurs d’un appel à créer un nouveau parti de gauche afin de « coaliser tous ceux qui défendront l’Etat Providence et présenteront une alternative économique à l’austérité ».

L’appel dit notamment : « L’Etat providence est en train d’être démantelé par le gouvernement de coalition, imposant de grandes souffrances… Le plus déplorable, est que le Parti Travailliste ne fait aucune opposition à l’austérité et semble adopter tant la politique néo-libérale qu’une démarche favorisant l’austérité et la privatisation. »

Mais Ken Loach n’est pas seul. Depuis dix jours, Cornel West, américain, professeur de Philosophie à l’Université de Princeton, est en tournée en Angleterre. Selon Hugh Muir du Guardian (13 mai 2013) :

S’il y a quelques universitaires qui attirent encore les foules, la présence de Cornel West à King’s College (Université de Cambridge) a déclenché un phénomène de type rock star : l’excitation dans l’air, son image sur des affiches sur toutes les portes et tous les panneaux, sa carrière académique – et les hauts, et maintenant les bas, de sa relation avec Barack Obama.

Lorsque West est arrivé à Cambridge, des foules ont rempli les salles.

"L’Angleterre va mal… très mal, a-t-il déclaré. La privatisation, la militarisation, la financiarisation – hors de contrôle ! La Reine vient de présenter le budget, un budget mesquin, pétri d’indifférence sociale. Les travailleurs, les pauvres, vivent dans la crainte, sans parler de votre obsession avec l’immigration – on préfère s’en prendre aux plus faibles, plutôt que de confronter les plus forts. Non seulement les immigrés noirs, mais nos frères de Pologne, de Bulgarie, de Romanie, tous. L’idéologie de la suprématie de la race blanche est très vivace en Angleterre. Grattez la surface – même si c’est moins apparent et vulgaire qu’aux USA. En Angleterre, il y a 10 000 professeurs d’université, mais 50 seulement ont la peau noire !” 

A Londres, Cornel West a parlé en public trois fois aux côtés du professeur Paul Gilroy, le professeur de philosophie Mary Margaret McCabe (voir ici) et Ben Okri. Puis il est parti à Sheffield pour dévoiler une plaque en l’honneur de Malcolm X. Devant l’affluence, à plusieurs reprises des salles plus grandes ont dû être louées. West a également été interviewé sur BBC Newsnight.

Mais ce sont les paroles de Cornel West à propos du président Obama qui ont déclenché le plus grand choc :

Obama est sans doute brillant, charismatique – mais il est beaucoup trop proche de Wall Street. Et désormais il est criminel de guerre. Comment peut-il arriver au bureau tous les mardis avec une liste de gens à flinguer et lancer des bombes sur eux à partir de drones ? Si cela était arrivé une fois, deux fois, et qu’il eut dit ’’jamais je n’aurais dû le faire, il faut que j’arrête’’... mais remettre cela mois après mois, année après année, nous sommes face à un schéma bien rodé. A mon sens Obama devrait être traîné en justice et c’est ce qu’il avait dit de George Bush. Car il s’agit bien de crimes de guerre.

West a ensuite expliqué pourquoi il avait, au début, soutenu Obama :

Je croyais qu’Obama allait mettre en œuvre une véritable option publique d’assurance santé, qu’il tirerait d’affaire les gens qui perdaient leur logement grevé d’hypothèques, comme il a tiré d’affaire les banques. Je croyais qu’il allait prendre le taureau de la misère par les cornes.

Pendant la campagne présidentielle, Obama n’a cessé de parler de Martin Luther King. Ce dernier est mort en se battant non seulement contre la misère, mais contre les bombardements à saturation au Vietnam – les crimes de guerre sous Nixon et Kissinger. Comment peut-on citer Martin Luther King sans faire siennes ses priorités ? Lorsqu’Obama a été élu Président, il s’est entouré de gens proches de Wall Street : Tim Geithner, Larry Summers. Il n’a pas prononcé un seul mot sur les institutions qui ont détruit deux générations d’afro-américains et autres jeunes de couleur, le nouveau Jim Crow, le complexe industriel des prisons. Obama devrait au moins déclarer que si les Etats-Unis sont passés en peu d’années de 300 000 à 2,5 millions d’incarcérés, il faut intervenir. Tout au moins dire la vérité ! Pour ma part, je préfère un président blanc qui se lance à fond pour éliminer la misère et secourir les travailleurs qu’un président noir en bons termes avec Wall Street et accro aux drones. 

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