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L’apport des BRICS a été décisif pour conclure l’accord avec l’Iran

La rédaction
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Les négociations sur le programme nucléaire de l’Iran
Crédit : RT

Le Plan d’action conjoint (JCPA en anglais), conclu le 14 juillet à Genève entre l’Iran et le groupe P5+1, pourrait être salué comme un grand changement positif de la politique mondiale, si ce n’était le manque de transparence et de bonne volonté de la part des grandes puissances, en l’occurrence Washington et le président Obama en personne, ainsi que Londres, qui poursuivent conjointement leur politique de changement de régime au Moyen-Orient et de provocation à l’égard de la Russie et de la Chine.

A première vue, le JCPA est un pas important vers une solution diplomatique aux problèmes de sécurité bien épineux au niveau mondial. L’accord stipule que l’Iran bénéficiera d’un relâchement des sanctions terriblement contraignantes imposées par les Nations unies, les États-Unis et l’UE, s’il est prouvé qu’il respecte bien les termes de l’accord. Cela sera vérifié par l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), dont le directeur général, Yukia Amano, a signé le 14 juillet une « feuille de route » avec le vice-président iranien Ali Akbar Salehi. Les inspecteurs de l’AIEA se verront accorder un accès régulier aux sites nucléaires iraniens.

La condition la plus importante en échange est que l’Iran devra amputer de 98 % ses stocks d’uranium enrichi, et réduire le nombre de centrifugeuses de 19 000 à 6000 pour au moins 15 ans. L’Iran renonce aussi à enrichir l’uranium à plus de 3,7 % pendant la même période et à construire des installations d’enrichissement ou de production d’eau lourde. Une seule usine d’enrichissement sera conservée, utilisant des centrifugeuses de première génération. Les autres installations seront converties pour éviter tout risque de prolifération.

Les négociations, qui ont traîné pendant plus de dix ans, étaient cependant fondées sur une fausse prémisse : l’idée que l’Iran travaillait à fabriquer une arme nucléaire. Même les agences de renseignement américaines ont reconnu dans leurs « rapports d’évaluation » de 2007 et de 2011 que cette affirmation ne pouvait être prouvée. L’Iran a toujours nié sa volonté de développer l’arme nucléaire et le guide spirituel suprême, l’Ayatollah Khamenei, a même publié un décret religieux, une fatwa, interdisant le développement d’armes nucléaires ou chimiques.

Cependant, l’Iran a toujours insisté sur son droit à développer et utiliser la technologie nucléaire, et ses négociateurs et dirigeants politiques ont annoncé à juste titre qu’ils avaient gagné cette bataille le 14 juillet. D’autre part, le président Obama a déclaré qu’il avait remporté une victoire majeure en empêchant l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire.

En tout état de cause, la participation des responsables russes et chinois a beaucoup contribué à la conclusion d’un accord. Désormais, si les sanctions économiques sont réellement levées, l’Iran pourra devenir une puissance économique et un marché régional majeurs. Au-delà, la stratégie de la Nouvelle route de la soie de coopération entre l’Est et l’Ouest se verra propulsée dans une toute nouvelle dimension.

Barack Obama, suite au succès des négociations, a remercie la Russie de Vladimir Poutine pour son rôle positif dans l’obtention d’un accord mais n’a pas pu s’empêcher de proférer des nouvelles menaces contre l’Iran, « au cas où » le pays ne respecterait pas tous ses engagements, y compris le recours à la force militaire. Ceci montre que l’objectif d’Obama n’est pas de défendre la paix mais simplement de redorer son image écorné de Prix Nobel de la paix.

Le monde n’a pas oublié qu’en dépit du fait que l’Irak de Saddam Hussein s’était entièrement plié aux inspections de l’ONU sur les armes de destruction massive, et en dépit du fait qu’il n’en possédait pas, ce que Washington et Londres savaient parfaitement, le pays a été envahi en 2003 et son président pendu par la suite, provoquant un chaos et des conflits sanglants qui se poursuivent encore aujourd’hui.

Le président libyen Mouammar Kadhafi avait lui aussi cédé et remis aux autorités internationales son arsenal d’armes nucléaires, sans obtenir en contrepartie d’assurance contre une invasion de l’OTAN, réalisée avec l’aide des terroristes islamistes qui l’ont exécuté en 2011, plongeant le pays dans le chaos.

Pendant ce temps, l’hystérie générale que ce plan a déclenchée en Israël et en Arabie saoudite n’augure rien de bon pour la région. Les deux pays ont juré de bloquer tout accord, s’engageant dans une guerre par procuration contre l’Iran et ses alliés dans l’ensemble de la région. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou n’a pas caché sa volonté d’utiliser la force militaire contre les installations nucléaires iraniennes. Mais sans le soutien des États-Unis, il ne le fera pas, et tous les experts en sécurité en Israël connaissent les conséquences catastrophiques que cela pourrait entraîner. Face aux desseins d’Israël et de l’Arabie saoudite, il est essentiel que les États-Unis et l’UE refrènent les ardeurs bellicistes de leurs deux alliés.

Bien que le JCPA ait été accueilli en Iran, et même en Europe et aux États-Unis, comme une grande percée – ce qu’il est effectivement, du moins potentiellement – la route vers la paix est encore longue, semée d’embûches et de nombreuses mines.

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