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L’Asie renvoie Obama dans ses buts

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Alors qu’Obama lui avait fortement déconseillé de se rendre en Russie, le Premier ministre japonais Shinzo Abe s’est entretenu à Sotchi avec Vladimir Poutine.
Crédit : AP

Le président Obama est arrivé le 23 mai au Vietnam, pour une visite de trois jours, avant de se rendre au Japon, les 26 et le 27 mai, pour le Sommet des pays du G7.

Objectif principal de cette tournée, reprendre en main ces deux « alliés » et les embrigader dans sa politique d’endiguement et de guerre contre la Russie et la Chine.

Sauf que… le monde change et que tout le monde n’a pas envie de se retrouver sur le paquebot Titanic anglo-américain. Obama clame partout que c’est aux Etats-Unis d’écrire les règles du jeu en Asie Pacifique. Mais, avant même que son avion ne touche le sol vietnamien, les grands et moins grands pays asiatiques, le Japon, la Chine, la Russie et le Vietnam, s’étaient déjà concertés pour dépasser les sujets qui fâchent et définir une politique de coopération économique et de sécurité pour la région.

La vérité est que la volonté de Washington de s’imposer comme seule superpuissance, sa politique de sanctions contre la Russie et d’hostilité contre la Chine se retournent désormais contre lui. Les investissements dans les infrastructures de transport et énergétiques, les échanges dans le cœur eurasiatique explosent, et le dollar est de plus en plus délaissé en faveur du yuan, voire même du rouble.

Rencontres Abe-Poutine

Le 6 mai dernier, la rencontre entre le chef d’état japonais Shinzo Abe et Vladimir Poutine, à Sotchi, a déjà fait bouger des plaques tectoniques. En y allant, en effet, M. Abe a rompu les rangs avec Obama qui lui avait demandé en février d’ajourner sa visite jusqu’après le sommet du G7. Plus récemment, Elizabeth Trudeau, la porte-parole du département d’Etat, rappelait à M. Abe « l’importance de l’unité des alliés face à la Russie »

Et deux autres Sommets sont prévus entre Abe et Poutine, l’un à Vladivostok et l’autre au Japon avant la fin de l’année.

Les Anglo-américains escomptaient aussi que le dialogue russo-japonais s’embourberait dans le conflit sans fin sur les îles Kouriles, mais ce sont plutôt les intérêts à long terme entre les deux qui ont primé.

Alexei Chekunkov, PDG du Fonds de développement de l’Extrême-Orient russe, vient de proposer aux investisseurs japonais 16 mégaprojets pour 29 milliards de dollars. Pauvre en ressources énergétiques, le Japon cherche à diversifier ses sources de pétrole et de gaz alors que la Russie a besoin de nouveaux investissements, sur fond de crise mondiale. Et le Japon est devenu, en termes cumulatifs, le plus gros investisseur étranger en Russie.

Par ailleurs, lors d’une séance plénière de la Société des chemins de fer russe, qui s’est tenue en février à Tokyo, son président Oleg Belozerov notait que le fret entre la Russie et le Japon s’est multiplié par neuf en 2015 et que la Russie souhaite « attirer les investissements japonais dans le développement des infrastructures de transport en Extrême-Orient », notamment la modernisation de la ligne Baïkal-Amour et du Transsibérien ainsi que les connections ferroviaires entre les ports d’Extrême-Orient.

Conscients du danger, Joshua Walker, un ancien du Département d’Etat, et Hidetoshi Azume, de l’American Security Project, expriment leur désarroi par rapport à la Russie dans le magazine du très oligarchique Conseil de relations étrangères de New York (CFR) :

Aucun dirigeant européen ne sait quoi faire exactement avec la Russie, au moment où elle exerce une influence stratégique à travers l’Eurasie… Aussi déclinante soit-elle, la Russie est une puissance eurasiatique à ne pas sous-estimer. Elle peut encore façonner unilatéralement les événements géopolitiques à travers la région, en Ukraine orientale, en Syrie et même en Asie du Nord où elle construit actuellement plus de 2500 milles de pipelines gaziers vers la Chine. Aucune autre puissance eurasiatique, pas même la Chine, n’a autant de pouvoir là bas.

Le Vietnam renoue avec la Russie et avec la Chine

Au Vietnam, Barack Obama tentera de rallier le pays à sa stratégie antichinoise, en jouant sur le conflit sur les îles Spratly et Paracelse, revendiquées par les deux pays, et en annonçant la levée de l’interdiction d’exporter des armes, ce qu’il a fait dès son arrivée.

Mais, fier de son indépendance, le Vietnam, qui s’est en effet rapproché des Etats-Unis, n’entend pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Il l’avait déjà fait savoir en mars 2015 lors qu’il a refusé sèchement l’injonction des Etats-Unis de fermer la base militaire de Cam Rahn aux avions russes ; il vient de récidiver en organisant, en marge du sommet commémoratif des 20 ans du partenariat Russie-ASEAN (19 au 20 mai), une visite de trois jours de son Premier ministre et du ministre des Affaires étrangères à Sotchi, pour y rencontrer Vladimir Poutine.

Le partenariat stratégique global Vietnam-Russie, que les deux pays sont prêts à renforcer, va bon train. En mai 2015, le Vietnam a établi une zone de libre-échange avec l’Union eurasiatique fondée par la Russie et 17 projets prioritaires avaient été sélectionnés : fourniture au Vietnam d’avions civils (Sukhoi superjet 100), coopération énergétique entre Gazprom Neft et la Corporation vietnamienne du pétrole et du gaz, construction de la première centrale nucléaire au Vietnam, ainsi que dans les chemins de fer. Lors des rencontres récentes, neuf accords de coopération dans les domaines du pétrole, du gaz, de l’agriculture et du commerce bilatéral ont été signés.

Il faut noter également que dans le même temps, s’opère un rapprochement avec la Chine, indiquant une volonté nouvelle de résoudre par le dialogue les problèmes en mer de Chine méridionale. Le 20 mai, à la veille de l’arrivée d’Obama, une rencontre a eu lieu à Hanoï entre l’ambassadeur de Chine au Vietnam, Hong Xiaoyong, et le ministre vietnamien de la Défense, Ngo Xuan Lich. Ce dernier a salué la coopération militaire entre les deux pays et réaffirmé le besoin pour chacun de continuer à respecter les principes « de bon voisinage, de coopération globale, de stabilité à long terme et de regard tourné vers l’avenir », en se comportant en « bons voisins, bons amis, bons camarades et bons partenaires » !

L’ASEAN, l’Union eurasiatique et l’Organisation de coopération de Shanghai (ICS)

Concluons avec un rapport sur la rencontre enthousiasmante entre l’ASEAN-Russie. Outre la nécessité d’une coopération pour la paix, la sécurité et la croissance économique, le communiqué conjoint évoque des projets concrets pour la période 2016-2020, dans le « pétrole et le gaz, l’électricité, l’efficacité énergétique et l’énergie nucléaire civile ». Il s’agit aussi de promouvoir une forte collaboration dans le domaine agricole, la sécurité alimentaire et l’accroissement du commerce et des investissements dans le secteur alimentaire.

Les signataires s’engagent également à « promouvoir la coopération scientifique et technologique afin de faciliter une économie d’innovation dans les domaines de l’aéronautique, des technologies bio-nano-spatiales et de la médecine, ainsi que d’explorer (…) la capacité de construire une technologie spatiale et ses applications ».

Enfin, et surtout, les dirigeants de ces pays ont discuté de la possibilité d’établir une zone de libre-échange total entre l’Union eurasiatique, l’Organisation de coopération de Shanghai et l’ASEAN. « Cette idée a rencontré un soutien unanime », selon le président Poutine. Questionné par un journaliste sur ce que « son partenaire au sein de l’OSC, la Chine, pensait de cette initiative russe », il a répondu :

Pour ce qui est de nos amis chinois, nous devrons discuter cette question avec eux, mais en général, nous connaissons leur position. La ceinture économique de la route de la soie est une idée proche, en esprit, des propositions dont nous avons discuté aujourd’hui. Je ne vois donc aucune contradiction sur ces questions.

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