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L’austérité européenne menace la compétivité de la fusée Ariane

La rédaction
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Le 4 avril 2012 (Nouvelle Solidarité) – Les patrons et les syndicats du secteur aérospatial ont conjugué leurs efforts au cours des dernières semaines pour dénoncer la décision du gouvernement français de réduire à 35 millions d’euros le budget consacré au développement d’Ariane 5 ME (qui signifie Middle Evolution), une version améliorée du célèbre lanceur qui devait permettre, d’ici 2017, d’augmenter de 20% (de 10 à 12 tonnes) la charge utile sans coût de fonctionnement supplémentaire.

La version actuelle d’Ariane 5 a été capable d’envoyer, de manière fiable et à un coût compétitif, jusqu’à 10 tonnes de charge utile en orbite géostationnaire, soit deux satellites commerciaux de 5 tonnes chacun en moyenne par tir. Le poids des satellites a cependant progressé de manière significative au cours des dernières années, ce qui limitera de plus en plus souvent la capacité de lancement à un seul satellite à la fois, provoquant un surcoût important et une perte de contrats. Par exemple, Ariane 5 a lancé le 1er juillet 2009 le satellite Terrestar-1, d’un poids de 6,9 tonnes, un record jusqu’à aujourd’hui, mais beaucoup de satellites seront amenés à franchir régulièrement la barre des 6 tonnes au cours des prochaines années.

Or, comme l’explique dans un communiqué la CFE-CGC Astrium (la division spatiale d’EADS maître d’œuvre d’Ariane 5), « le programme Ariane 5 ME est absolument indispensable pour maintenir la compétitivité d’Ariane 5 face à des concurrents capables dès aujourd’hui de lancer des satellites de 6 tonnes en orbite géostationnaire. En effet, Ariane 5 n’est économiquement viable qu’à la condition de lancer 2 satellites à la fois ».

De plus, Astrium travaillait à la mise au point d’un étage supérieur de nouvelle génération pour la nouvelle fusée, équipé d’un nouveau moteur Vinci pouvant être ré-allumé plusieurs fois et permettant d’optimiser la mise en orbite des équipements transportés.

En raison des différentes mesures d’austérité imposées à travers toute l’Europe, l’Etat français a décidé de mettre en berne ce programme jusqu’à la réunion ministérielle européenne prévue pour novembre prochain, au cours de laquelle doivent débuter les pourparlers pour la mise en œuvre de la génération Ariane 6, beaucoup plus puissante mais qui ne devrait voir le jour qu’à partir de 2025.

Le patron d’Astrium François Auque a vivement dénoncé ces économies de bout de chandelle lors d’une conférence de presse le 19 janvier dernier : « Je lance un cri d’alarme sur le risque que constituerait le passage à un nouveau lanceur sans payer l’assurance que représente Ariane 5 ME. Je pèse mes mots : ne pas payer cette assurance serait un crime. » Auque a rappelé que « lors du passage d’Ariane 4 à Ariane 5, nous avons refusé de payer l’assurance qu’aurait constitué la coexistence, pendant quelque temps, des deux lanceurs. Les problèmes d’Ariane 5 au démarrage auraient pu tuer l’industrie spatiale européenne ! Heureusement qu’on avait un peu d’argent disponible à l’époque : on a été obligés de faire une Ariane 5 transitoire. »

La CFE-CGC souligne pour sa part que les progrès accomplis sur Ariane 5 ME seront répercutés sur Ariane 6, correspondant selon ses estimations (ainsi que celles du patron d’Astrium) à la moitié des investissements réalisés. Le syndicat conclut à juste titre qu’« un abandon d’ Ariane 5 ME pourrait porter un coup fatal au programme Ariane, à sa viabilité commerciale, au maintien des compétences études, et à terme à l’indépendance européenne en matière d’accès à l’espace. »

Cette politique d’austérité a fait également d’autres victimes dans le secteur, en l’occurrence l’abandon de l’ATV, le cargo automatique européen capable, après son lancement en orbite basse par Ariane V, de s’amarrer automatiquement à la Station spatiale internationale. C’est une technologie que seule l’Europe, incluant la France, maîtrise à l’heure actuelle.

Ainsi, le 23 mars dernier, le troisième cargo de ce genre, baptisé Edoardo Amaldi, constituait, avec ses 20 tonnes au total dont plus de 6 en charge utile, la plus lourde charge jamais envoyée par l’Europe dans l’espace. Il s’est raccordé avec succès à la station le 29 mars, transportant de précieux vivres et équipements à l’intention des six occupants actuels de l’ISS. Deux autres véhicules « frères » doivent être lancés au cours des deux prochaines années, mais la poursuite du programme au-delà de ces deux autres lancements a été arrêtée, ainsi que les efforts pour en développer une version permettant aux stationautes de revenir sur Terre de manière autonome en cas d’urgence.

Il est clair dans ce contexte que toute prétention européenne à la poursuite d’un programme d’exploration spatiale digne de ce nom devient un vœu pieux, et que ses ambitions même commerciales vont finir par mourir asphyxiées faute d’oxygène.
 

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