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L’espace à la rescousse des malades cardiaques

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Qu’y a-t-il en commun entre l’espace et l’intérieur du corps humain ? C’est la question à laquelle ont dû réfléchir les ingénieurs d’Astrium et des médecins comme le Professeur Alain Carpentier, pour la conception d’un nouveau cœur artificiel qui sera bientôt testé sur quatre patients.

Lancer un satellite dans l’espace et implanter un cœur artificiel à l’intérieur du corps humain, voilà une étrange similitude. Dans les deux cas cependant, on a affaire à un environnement extrême, sujet à de constants changements et où, en raison de leur relative inaccessibilité, il faut savoir faire fonctionner les choses de manière fiable et autonome.

Ce nouveau cœur artificiel, devant être capable de s’ajuster aux conditions sans cesse variables où il évolue, est bourré de senseurs pouvant mesurer la pression sanguine et autres paramètres, et est doté d’un mini ordinateur pouvant traiter l’information, sans parler de pompes, de valves et autres pièces mécaniques, le tout enrobé de membranes biologiques provenant de tissus animaux.

Rigueur et durabilité

Comme l’Agence spatiale européenne (ESA) l’explique dans son communiqué, l’équipe travaillant sur le projet « devait construire un appareil pouvant endurer les conditions difficiles existant au sein du système sanguin du corps humain ». Si un satellite évoluant à 36 000 km au-dessus de la surface de la Terre doit faire preuve d’une durée de vie de 15 ans, « le cœur humain doit battre 35 millions de fois par an pour au moins cinq ans sans aucune faille. Les ingénieurs avaient besoin du summum en matière de durabilité, et la réponse est venue des méthodes de conception, des stratégies de test et du savoir-faire utilisés dans l’électronique des satellites. »

L’une des stratégies de l’ESA est de faire en sorte que le savoir-faire et les découvertes effectuées dans le domaine spatial puissent être transmises dans les autres secteurs d’activité.

Le directeur technique de Carmat, Marc Grimmé, explique qu’il n’avait pas compris à « quel point les tests que l’on fait subir aux engins spatiaux sont exigeants », et que s’il avait une idée que le secteur militaire avait des normes élevées, « dans l’espace la barre est encore plus haute ». Et bien sûr, lorsqu’il s’agit de notre moteur biologique, il faut ce qu’il y a de plus fiable, avec le niveau de sophistication des processus vivants.

Fabriqué en partie de tissu biologique et en partie de pièces d’équipement satellite miniaturisées, ce nouveau cœur incorpore les toutes dernières avancées en médecine, biologie, électronique et science des matériaux. Il est sans aucun doute appelé à sauver un grand nombre de vies, puisque 100 millions de personnes meurent de problèmes cardiaques tous les ans (uniquement dans les pays développés). Le nombre de patients attendant une transplantation excède de loin les dons d’organe.

Développé par Carmat, une entreprise fondée sous la protection d’EADS, avec une participation financière de l’Etat et d’investisseurs privés, le cœur a obtenu l’aval des autorités de la santé pour que puissent être effectuées les premières transplantations.

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