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L’Etat argentin va encadrer les exportations de céréales

La rédaction
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La Casa Rosada (Maison Rose), le siège du gouvernement argentin.

Le gouvernement argentin, afin de se mettre à l’abri des attaques virulentes des « fonds vautours », a décidé de s’attaquer à un aspect particulier de l’activité financière spéculative, celui qui a rapport avec la question de la souveraineté alimentaire et la défense du pays contre l’action des grands cartels céréaliers.

Face au refus des grands producteurs argentins qui cherchent à forcer une dévaluation de la devise argentine en bloquant l’exportation de la moitié de leur production de soja pour l’année 2013-2014 et en privant l’Etat d’une entrée en devise de l’ordre de 8 milliards d’euros, le Congrès argentin s’apprête à légiférer pour imposer un plus grand contrôle de l’État le négoce des céréales.

Un projet de loi déjà en discussion à la Commission agricole de la Chambre des députés et qui devrait être débattu en séance plénière bientôt, vise à créer un Institut argentin pour la promotion des céréales (IAPG), qui aurait pour mission de contrôler tous les aspects du commerce domestique et extérieur sur les céréales, de même que les produits et les intrants qui y sont associés, afin de « garantir les approvisionnements domestiques » et d’établir des politiques à long terme pour ce secteur, et d’empêcher les producteurs de retenir une partie de leur production pour l’exportation.

L’auteur projet de loi, la député Adriana Puiggros, a expliqué au quotidien Noticias Argentinas que même si les contrôles ont été plus stricts au cours des dernières années, l’entité qu’elle propose de créer permettra de libérer le pays de l’emprise des cartels, qui fixent actuellement les prix et contrôlent la quantité de devises étrangères entrant dans le pays.

Une deuxième projet est sur le bureau de la présidente Cristina Kirchner, selon le quotidien MOZ, rédigée par un groupe de jeunes économistes, Gran Makro, associé au groupe pro-gouvernemental La Campora. Ce projet prône la création d’une société publique capable de concurrencer les grands céréaliers en offrant aux producteurs de taille modeste et moyenne un taux de change plus favorable que l’actuel « soja-dollar », ainsi qu’une taxe à l’exportation 5 à 10 points plus faible que la taxe de 35 % actuellement en vigueur. Ceci permettrait à l’Etat de contrôler directement 40 % de la production.

Ces politiques sont décriées par le lobby du libre-échange comme étant des mesures improvisées par un gouvernement cédant à la panique, mais elles s’inscrivent en réalité dans la tradition des politiques souveraines adoptées historiquement par les gouvernements péronistes, lorsque le pays cherchait à se libérer de l’emprise coloniale et impériale. Une Commission nationale des céréales avait été établie en 1933 pour protéger les producteurs contre la fluctuation des prix, mais le général Peron l’avait modernisée et transformée en Institut argentin pour la promotion du commerce (IAPI), en nationalisant et en contrôlant tous les aspects de la chaîne de commercialisation des céréales, incluant le transport, l’entreposage et la construction de ports dédiés à l’exportation.

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