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L’euro a-t-il une chance de s’en sortir ?

La rédaction
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C’est sous ce titre que le professeur Wilhelm Hankel, ancien économiste en chef de l’Agence de crédit pour la reconstruction (KfW) allemande, est intervenu à la conférence internationale de l’Institut Schiller du 25 novembre dernier. Nous publions ici un résumé de son propos, la version intégrale vidéo/texte est disponible ici.

Avec Shakespeare, l’économiste allemand Wilhelm Hankel, en parlant de la zone euro, estime que « s’il s’agit de folie, elle est méthodique ». En vérité, « presque tous les Etats du sud de la zone euro sont en faillite et la même chose vaut pour leurs banques ». Officiellement, les gouvernements et les gestionnaires rejettent cette idée en affirmant qu’il ne s’agit pas de leur faillite mais de celle de l’euro. Pour Hankel, affirmez cela est une escroquerie.

Pourtant la faillite est indéniable. « Les dettes enregistrées des pays du sud de la zone euro se chiffrent entre 12 et 13 000 milliards d’euros. » Pour la payer, il faudrait transformer du jour au lendemain un groupe de pays qui vit de l’importation, en groupe de pays tirant un revenu de 12 à 13 000 milliards d’euros de leurs exportations. Impossible.

Pour s’en sortir, il va donc falloir effacer ces dettes. « Cette voie officielle est bloquée par une alliance très peu sainte, formée de gouvernements et de banques. » Hankel a ensuite énuméré les sommes astronomiques injectées par divers mécanismes pour « sauver l’euro » sans venir à bout de la crise. « Avec une création monétaire à tout va d’un côté, et avec une quasi-croissance zéro de l’autre, on creuse un gouffre entre les valeurs monétaires et la valeur ajoutée réelle. Cela implique un potentiel inflationniste sans limite » , précise-t-il.

Et pour les pays endettés, sans espoir de pouvoir rembourser, cela signifie humiliation, augmentation des taxes, réduction des revenus et, à partir d’un PIB en chute, payer plus encore pour la dette. Paradoxalement, affirme Hankel, la Méditerranée, pourtant le cœur de l’économie mondiale dans l’Antiquité, sépare aujourd’hui la jeunesse qui, dans le Sud, se bat pour plus de liberté et celle, au Nord, qu’on prive de futur.

La sortie de la crise, Hankel la voit dans le retour aux monnaies nationales, mais coexistant avec un euro transformé en nouvelle unité de compte européenne, l’ECU. Du coup, dit-il, « l’euro, dans un tel système, a une vraie chance de survie. Ce qui permettrait aux politiques de sauver la face ». Cette situation permettait aux nations de formuler et mettre en œuvre leur propre politique en fonction de leurs valeurs sociales. Ensuite, à la place d’une banque centrale européenne, « il existait un mécanisme automatique de taux de change étranger. Une monnaie était liée à n’importe quelle autre par un mécanisme de taux d’échange. Si le pays menait une bonne politique, la monnaie s’appréciait, sinon, elle partait dans l’autre sens, en se dépréciant. L’un des bons résultats du danger de dépréciation consistait à éviter l’endettement auprès de l’étranger. (…) Ce nouvel ECU offrirait une attractivité énorme à l’Europe car on peut dévaluer une monnaie, mais pas une unité de compte. Puisque toutes les monnaies doivent se déprécier vis-à-vis de l’unité de compte, cette dernière est la seule valeur qui, par définition, est stable. On pourrait ainsi obtenir un euro stable, en tant qu’unité de compte, dans un système de monnaies multiples. Ce serait la solution optimale (…) et tous les gouvernements stupides d’Europe pourraient dire qu’ils n’ont jamais capitulé devant leurs détracteurs. On pourrait sauver l’euro pour un but louable et pour un happy end. »

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