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L’exploitation de l’hélium-3 sur la Lune, source d’une renaissance mondiale

La rédaction
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« La Chine prend l’exploitation minière de la Lune au sérieux. » Tel est le titre d’un article publié le 3 juillet sur le site mining.com, spécialisé sur les questions minières. « Tandis que les Etats-Unis effleurent l’idée et que l’Inde ou la Russie en ont, par le passé, évoqué la possibilité, la Chine est la seule puissance allant de l’avant avec un programme réel », affirme l’auteur de l’article.

« La Chine prévoit de retourner sur la Lune au début des années 2020. Une navette remplie d’hélium-3 rapporterait sur Terre l’équivalent d’un milliard de barils de pétrole en énergie. » Si l’auteur fait remarquer que la Lune est riche en terres rares et en titane, le gros de l’activité minière cependant serait centré sur l’hélium-3, abondant et accessible, qui pourrait être utilisé pour la fusion nucléaire.

Mining.com cite ensuite un autre article publié le 16 juin dans The Diplomat – Asia/Pacific, écrit par Fabrizio Bozzato, doctorant à l’université de Tamkang à Taiwan, et intitulé « Moon Power : China’s Pursuit of Lunar Helium-3 » (La Lune comme source d’énergie : la poursuite de l’hélium-3 lunaire par la Chine). En exergue : « Le développement équitable du combustible pour la fusion sur la Lune pourrait être le catalyseur d’une énergie propre et d’une renaissance mondiale. »

Bozzato écrit :

Dépourvue d’atmosphère, la Lune a été bombardée pendant des milliards d’années par les vents solaires chargés d’hélium-3. Il en résulte que la poussière lunaire est saturée de ce gaz. On a calculé qu’il y a environ 1,1 million de tonnes métriques d’hélium-3 sur la surface lunaire, jusqu’à une profondeur de quelques mètres, et qu’environ 40 tonnes d’hélium-3 – assez pour remplir la baie de chargement de deux navettes spatiales – pourraient fournir suffisamment d’électricité aux Etats-Unis pendant un an au niveau actuel de consommation. Etant donné l’énergie potentiellement contenue dans une tonne d’hélium-3 (…) la fusion à l’hélium-3 pourrait (…) accroître la productivité de l’humanité de plusieurs ordres de grandeur.

Cependant, alimenter la planète avec l’énergie de fusion pour plusieurs siècles exige que nous retournions d’abord sur la Lune. A l’heure actuelle, seule la Chine a cela à l’esprit, avec son programme Chang-e, un programme d’exploration lunaire qui permettra d’envoyer des astronautes sur la Lune d’ici le début des années 2020. Si Beijing gagne la seconde course vers la Lune, et établit un poste habité conduisant des opérations d’exploitation minière de l’hélium-3, il s’agirait du même type de monopole que celui qui a créé la fortune de sociétés comme la Compagnie des Indes orientales. Les ramifications seraient significatives, pour dire le moins.

Bozzato décrit ensuite un scénario tel que celui mis de l’avant par la revue Foreign Policy (co-fondée il y a 40 ans par le gourou du « choc des civilisations » Samuel Huntington de Harvard), où le monopole établi par les Chinois conduirait à des tensions internationales. Un scénario qu’il écarte toutefois en concluant plus positivement :

Malgré tout, ce scénario n’est en rien inéluctable. Bien au contraire, l’exploration de la Lune et le développement de ses ressources pourraient finir par encourager la coopération internationale et instaurer la confiance. Si les pays pourvus d’ambitions spatiales envisageaient une destinée commune, alors des politiques et initiatives diplomatiques créatives, ainsi que de nouveaux cadres légaux pourraient être utilisés en tant qu’instruments pour la bonne gouvernance et un partage équitable des profits. Un nouveau régime international pour le développement conjoint de l’hélium-3 lunaire serait alors viable, avec toutes les possibilités qui en découleraient pour la planète.

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