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L’Inde préfère se nourrir que plaire à l’OMC

La rédaction
837 visites | 4 commentaires

L’Organisation mondiale du commerce (OMC) tente de forcer l’adoption d’un nouvel accord de libre-échange dans le cadre des négociations commerciales multilatérales ayant lieu à Bali, en Indonésie.

Objectif : raviver le cycle moribond de Doha, qui reste en suspens depuis que les pays les moins développés ont refusé de se soumettre, depuis quelques années, aux exigences des pays post-industrialisés.

Cette fois-ci, la nouvelle tête de turc des libre-échangistes est l’Inde. Ce pays continent, qui dans l’après-guerre à su acquérir une certaine souveraineté alimentaire grâce à la Révolution verte initié par Henry Wallace, le ministre de l’Agriculture de Roosevelt, est désormais accusé de bloquer un accord en raison de son entêtement à vouloir nourrir sa population.

Pour l’Inde, « la sécurité alimentaire est non-négociable », a rappelé le ministre indien du Commerce Anand Sharma aux autres membre de l’OMC, lors de cette IXe conférence ministérielle. Pour motiver son rejet, Sharma n’a pas mâché ses mots :

Nous sommes devant un ensemble de mesures sur l’agriculture qui ne sont pas au point, des déclarations d’intention pieuses de la part des pays moins développés, et plusieurs questions non résolues en ce qui concerne la partie reliée aux avancées commerciales. Aucun des textes n’oblige les pays développés à s’engager formellement au profit des pays en voie de développement. Au contraire, les pays en voie de développement se verraient obligés de s’engager de manière significative à faciliter l’accès à leur marché.

Selon Doug Palmer du site américain Politico :

Tandis que les membre de l’OMC n’ont aucune objection à ce que l’Inde subventionne la nourriture pour presque 2/3 de ses 1,2 milliards d’habitants, les Etats-Unis et plusieurs autres pays sont profondément préoccupés par les plans du gouvernement [indien] de constituer des réserves de céréales, car ce programme accroît les subsides aux agriculteurs qui provoquent des distorsions sur les marchés.

Autrement dit, pour des élites qui ont souvent du mal à cacher leur rêve malthusien de dépopulation globale, que l’Inde puisse constituer des stock physiques permettant de stabiliser les prix et d’intervenir en cas de pénurie (comme la PAC le permettait en Europe avant d’être dénaturée) est inacceptable !

Pour mémoire, rappelons ici que la chancelière allemande Angela Merkel s’était inquiétée au beau milieu de la crise alimentaire en 2008 qu’un nombre croissant d’Indiens commencent à manger plus qu’un seul repas par jour !

Le rapporteur de l’ONU pour le droit à la nourriture Olivier De Schutter a déclaré à juste titre dans un communiqué lundi que

les pays en développement doivent être autorisés à améliorer leur sécurité alimentaire, sans être menacés de sanctions (...) Les règles commerciales doivent être conçues autour des politiques nécessaires en termes de sécurité alimentaire (...)

Mais le libre-échangisme a du plomb dans l’aile. Le commissaire européen au commerce Karel de Gucht a fait part des inquiétudes des pays riches de voir échouer les pourparlers de Doha-Bali, en confiant aux journalistes qu’à cause de la polémique sur la sécurité alimentaire, des « nuages d’échec » se sont formés au-dessus de Bali, et un grand nombre de ministres ont peur de voir disparaître l’OMC s’il ne devait pas y avoir d’accord.

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Vos commentaires

  • Le 5 décembre 2013 à 22:26
    par petite souris

    Preuve que l’OMC est malthusienne
    Preuve qu’un état souverain peut être libre et agir pour le bien commun de sa population
    Preuve encore qu’il faut se passer de Monsanto ............

    Répondre à ce message

  • Le 5 décembre 2013 à 18:26
    par Henri Mathieu

    Et la beauté du libre-échange : en introduisant le télégraphe partout en Inde, il put y avoir un prix unifié, alors même dans les régions où il ne manquait pas de nourriture lorsque la sécheresse se fit sentir, la hausse des prix se répercutait instantanément et si pauvre était la population qu’on y mourrait par faute de pouvoir acheter : et grâce au train, on pouvait donc exporter le « surplus » de grain en Europe...
    Pendant les 3 famines majeures, il n’y a jamais manqué de nourriture pour tout le monde (on exporta plus qu’il en aurait suffi) : mais le régime anglais, qui doit avoir des émules parmi les totalitaires du marché à Bruxelle, ne voulait surtout pas intervenir sur la fixation des prix, ça serait, bien sûr, distordre « LE » marché... bon, on fit quand même un peu d’aide : des camps de travail benthamien où on pouvait avoir 1650 calories par jour de travaux lourds, soit moins que dans le camp nazi de Buchenwald...
    Bon, est-ce que « LE » marché sut s’autoréguler après la famine de 1876 et assurer l’allocation optimale des ressources pour éviter une autre famine, par exemple en investissant dans les infrastructures d’irrigation ? Que non ! Au contraire, on fait un maximum d’argent avec la rareté ! Les spéculateurs s’en donnent à coeur joie et en plus, les survivants sont endettés au prix fort... Deux autres fois dans le siècle !!!! La variable d’ajustement de l’« équilibre » du marché fut les humains....

    Répondre à ce message

  • Le 5 décembre 2013 à 18:27
    par Henri Mathieu

    Bon, est-ce que « LE » marché sut s’autoréguler après la famine de 1876 et assurer l’allocation optimale des ressources pour éviter une autre famine, par exemple en investissant dans les infrastructures d’irrigation ? Que non ! Au contraire, on fait un maximum d’argent avec la rareté ! Les spéculateurs s’en donnent à coeur joie et en plus, les survivants sont endettés au prix fort... Deux autres fois dans le siècle !!!! La variable d’ajustement de l’« équilibre » du marché fut les humains....
    On avait quand même organisé un système d’assurance, aux frais des Indiens, après la première famine, mais bon, lors de la deuxième, il y avait des choses plus urgentes à faire que d’employer l’argent de l’assurance pour sauver des vies : une guerre d’agression en Afghanistan par exemple... ah, il n’y a pas à dire Kipling, le pinacle de la civilisation que fut l’homme blanc aristocrate anglais...
    ... et Churchill remit ça en 1943 : un million de mort, mais chut, de ça, on en parle pas... (Madhusree Mukerjee, Churchill’s Secret War)

    Répondre à ce message

  • Le 5 décembre 2013 à 18:23
    par Henri Mathieu

    Il faut absolument lire : Génocides tropicaux : Catastrophes naturelles et famines coloniales 1870-1900 Aux origines du sous-développement, de Mike Davis, ( tire anglais est plus juste : Late Victorian Holocausts : El Niño Famines and the Making of the Third World)
    On pourra comprendre pourquoi tout Indien qui se respecte rejettera cette politique de libre-échange potentiellement meurtrière.
    En effet, entre 1876 et 1901, entre 12 millions et 30 millions d’Indiens sont décédés, inutilement, À CAUSE de la politique de libre-échange, de laissez-faire et du malthusianisme, soit plus que les famines de Staline et Mao réunis (quand les extrêmes se rejoignent...)
    Ainsi, si on pense que Marie Antoinette et sa brioche était le comble du mépris de la population, que dire de la Reine Victoria qui se fit couronnée impératrice de l’Inde dans une méga cérémonie à cout de millions pendant que « ses » sujets mourraient de faim par milliers à côté des trains qui exportaient la nourriture vers l’Angleterre....

    Répondre à ce message

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