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L’Ukraine rejette le traité de libre-échange avec l’UE

La rédaction
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La surprise a été de taille pour les diplomates européens. Dans la dernière ligne droite des négociations pour la signature d’un accord d’association avec l’UE, et l’accord de libre échange qui se cache derrière, l’Ukraine a fait volteface et arrêté unilatéralement les pourparlers. Et ceci alors que l’accord devait être signé par le président Victor Ianoukovitch lors du sommet de Vilnius du 29 novembre prochain. L’UE et ses pays membres feraient bien de s’en inspirer pour suspendre les négociations avec Washington sur le « grand marché transatlantique (TTIP) »

Le cabinet du Premier ministre Mykola Azarov a invoqué les « intérêts de sécurité nationale » du pays pour commander « une étude détaillée, ainsi que le développement d’une série de mesures devant permettre à l’Ukraine de restaurer ses capacités de production perdues et de relancer les domaines de coopération économique avec la Fédération russe et la Communauté des Etats indépendants (CEI), et de créer un marché domestique capable d’assurer que les relations entre l’Ukraine et les pays membres de l’Union européenne soient sur un pied d’égalité. »

Les négociations avec l’Union douanière comprenant la Russie, la Biélorussi et le Kazakhstan seront relancées. Le ministère des Affaires étrangères ukrainien, avec les ministères à vocation économique et industrielle du pays, ont reçu l’ordre de proposer à l’UE et à la Russie la formation d’un commission conjointe pour explorer les perspectives de reprises de la production et du commerce. D’autres ministères ont reçu l’instruction de développer les relations avec la CEI, « afin de préserver l’emploi et de répondre aux autres problèmes sociaux par une amélioration de la stabilité économique ».

La partie centrale du projet d’association économique de 1200 pages, aujourd’hui abandonné, était le Deep and Comprehensive Free Trade Agreement (DCFTA). Il s’agit d’un accord de libre-échange étendu qui aurait éliminé les protections pour ce qui reste de l’industrie ukrainienne, déjà sauvagement sacrifiée dans le processus de privatisation engagé au cours des années 1990, puis par les termes d’admission à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2008. La Russie avait prévenu le pays contre les perturbations des liens commerciaux historiques entres les deux plus grandes économies de la période soviétique, tandis que l’UE faisait miroiter la promesse d’une aide à l’Ukraine de la part du Fonds monétaire international (FMI) si la Russie venait à imposer des sanctions.

Aujourd’hui, le vice-Premier ministre ukrainien Yuri Boyko a déclaré :

Nous ne comptons de toute manière sur aucune aide du FMI puisque sa dernière offre exigeait une augmentation des tarifs résidentiels de l’électricité de 40 pour cent.

Boyko a ajouté que le pays ne pouvait pas se permettre de mettre en danger ses liens commerciaux avec la Russie, et que ni l’UE ni le FMI n’étaient préparés à compenser l’Ukraine de quelque manière que ce soit.

Le Commissaire européen à l’élargissement Stefan Fuele a annulé son séjour à Kiev, blâmant dans un tweet « l’impact des mesures commerciales et économiques injustifiées de la part de la Russie » pour expliquer la décision ukrainienne. Le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, un ardent défenseur de l’expansion européenne vers l’est, a attaqué « les pressions politiques et brutales » de la Russie. Le Haut Représentant de l’Union aux Affaires étrangères et à la Politique de sécurité, la Britannique Lady Ashton, a pour sa part déclaré que l’Ukraine allait perdre des « investissements étrangers » à cause de sa décision.

L’économiste ukrainienne Natalia Vitrenko, dirigeante du Parti progressiste socialiste d’Ukraine, avait fait campagne dans les rues du pays pour mettre fin à la perte de souveraineté du pays et à l’« eurocolonisation » sous les auspices d’un traité de libre-échange avec l’UE.

Dans une interview du 18 novembre sur la chaîne web-télé EurasiaTV, Vitrenko a dit que les doux rêves d’ « investissement étranger » et de « niveaux de vie européens » n’étaient rien d’autres que de la propagande en vue se saisir les matières premières et d’exploiter la main d’œuvre du pays. L’UE n’a aucunement besoin des 45 millions d’Ukrainiens, a-t-elle déclaré. Elle cherche seulement la domination économique par le libre-échange et à obtenir l’avantage stratégique sur la Russie, en faisant entrer l’Ukraine dans l’OTAN.

Depuis qu’elle a joint l’OMC, l’Ukraine importe déjà presque 60 % des produits vendus chez elle, rapporte Vitrenko. Alors que 60 % de ses exportations vers la Russie et la CEI sont des produits finis, seul 18 % de ses exportations vers l’UE le sont, le reste étant des matières premières. Elle a prévenu que les coûts qui découleront des efforts pour se conformer aux 20 000 normes européennes imposées dans le cadre de l’accord en négociation, estimés à 160 milliards d’euros, auraient constitué un choc terrible pour l’économie ukrainienne, contribuant à des fermetures massives d’usines et provocant la famine.

Quant à Sergeï Glazyev, d’origine ukrainienne, ancien secrétaire de l’Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan et aujourd’hui conseiller du président russe Vladimir Poutine, il avait fait remarquer dans un discours la semaine dernière à Kiev que la seule raison pour faire adhérer l’Ukraine à un accord de libre-échange avec l’Europe était de l’empêcher de s’intégrer plus profondément dans l’Eurasie.

Il a ajouté qu’il était étrange d’entendre dire par les partisans de l’association avec l’Europe que l’Ukraine se trouvait face à « un choix de civilisation » en se tournant vers l’UE, car ce choix a déjà été fait lorsque le pays s’est converti au christianisme il y a 1000 ans. La question n’est donc pas, pour Glazyev, de savoir si l’Ukraine doit se tourner vers une Europe catholique ou rester ancrée à l’Orthodoxie, mais plutôt si elle souhaite adopter les valeurs « post-chrétiennes » caractérisant aujourd’hui l’Europe. Se joindre à l’Europe, c’est renoncer au christianisme, a-t-il déclaré.

A la lumière des politiques d’austérité et de paupérisation brutales imposées en toute connaissance de cause par la Troïka sur la Grèce, Chypre, le Portugal et les autres, il y a effectivement lieu de se demander ce qu’elles ont à voir avec les valeurs de charité et de compassion chrétiennes.

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