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La bataille pour Glass-Steagall repose le danger d’une crise bancaire

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La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, en campagne pour rétablir le Glass-Steagall Act.
Crédit : Reuters

Le 7 juillet, la sénatrice Elizabeth Warren a réintroduit avec trois collègues (John McCain, Maria Cantwell, Angus King) un projet de loi pour un « Glass-Steagall du XXIe siècle ».

Il s’agit d’une version fidèle mais adaptée à notre époque de la loi de séparation bancaire qui avait permis en 1933 au Président Franklin Roosevelt de rétablir la confiance dans le système bancaire en coupant les banques en deux.

Reprenant la « doctrine Germain », la loi avait séparé de façon stricte les banques ordinaires qui collectent des dépôts et qui font du crédit de celles qui prennent des risques énormes sur les marchés (banques d’affaires).

Entre 1933 et son abrogation en 1983 en Europe et en 1999 aux États-Unis, la loi avait permis d’éviter que les crises bancaires fassent s’effondrer l’ensemble du système financier.

Dans son allocution, Warren a dit qu’en soi la loi ne permettrait pas d’empêcher les banques de devenir « trop grosses pour sombrer » et d’obtenir, en cas de difficulté, de l’argent de l’Etat. Cependant, a-t-elle argué, la loi rendra le système plus sûr en empêchant que les banquiers fassent des paris spéculatifs avec les dépôts (garantis par l’Etat) des clients et les obligera à être vraiment responsables de leurs propres investissements. « Cela mettra fin à des jeux que ces banques ont joué depuis trop longtemps », a-t-elle conclu.

Le quotidien britannique Financial Times, dans un article intitulé « Des sénateurs américains conspirent pour la résurrection du Glass-Steagall », a immédiatement noté que la démarche d’Elizabeth Warren va inquiéter les mégabanques qui triomphent sur Wall Street et à la City.

Car, bien que les rapports de force actuels (aussi bien Obama que le Parti républicain s’y opposent avec virulence) empêchent toute adoption rapide de la loi, le simple fait de remettre la question sur la table va forcer tous les candidats à la présidentielle à prendre position sur la question.

Pour des candidats, comme l’ancien gouverneur du Maryland, le démocrate Martin O’Malley, qui ne prospèrent pas grâce à la manne de Wall Street pour financer leurs campagnes électorales, la tâche est facile. Partisan affiché d’un retour à Glass-Steagall, O’Malley a immédiatement remercié les sénateurs à l’origine de l’initiative.

Cependant, comme le note le journal de Washington The Hill, la démarche pour Glass-Steagall risque fortement de donner quelques maux de tête à Hillary Clinton. Les progressistes de l’aile gauche du Parti démocrate sont aux anges et (parlant d’Hillary) soulignent qu’« on ne peut pas prétendre défendre l’homme de la rue et en même temps faire l’impasse sur un des défis majeurs que doit confronter le pays ».

Les syndicats américains ne sont pas en reste. Le secrétaire général de l’AFL-CIO Robert Trumpka a déclaré :

Nous applaudissons la réintroduction du Glass-Steagall du XXIe siècle qui aidera au rétablissement de notre économie déséquilibrée afin de la remettre au service des gens qui travaillent (…) Le temps est venu de changer les règles et d’empêcher que les grandes banques passent par les mailles du filet et augmentent leur pouvoir politique.

L’association citoyenne Public Citizen qui, avec l’AFL-CIO et l’organisation Americans for Financial Reform (AFR), a réuni 700 000 signatures pour le rétablissement de Glass-Steagall, s’est félicitée de la nouvelle offensive.

En Europe

En Europe, c’est l’ONG Finance Watch qui continue à plaider dans ce sens. Interrogé par Libération le 2 juin, son secrétaire général, l’ancien banquier Christophe Nijdam estime que l’Europe n’est pas à l’abri d’une nouvelle crise bancaire, car

L’Union bancaire est inopérante en cas de faillite des très gros établissements. La sagesse serait donc d’en éliminer la taille et d’isoler les banques réceptacle de l’épargne populaire et pourvoyeuse de crédits à l’économie réelle, des banques actives sur les marchés. Le Conseil de stabilité financière, instauré par le G20, a identifié 30 banques qui représentent un risque systémique au niveau mondial : quatre d’entre elles sont françaises (BNP-Paribas, Crédit agricole, Société générale et BPCE) ! Les Allemands n’en ont qu’une, la Deutsche Bank.

Sur la question de la séparation bancaire, Nijdam précise que

sur le fond, la loi de séparation des activités bancaires portée fin 2012 par Pierre Moscovici n’a rien séparé. L’objectif véritable de cette loi était surtout de préempter le projet beaucoup plus ambitieux, et trop tardif, du commissaire européen Michel Barnier. Et cela a fonctionné. Cette loi française a donné un considérable coup de frein à l’avancée de la régulation financière européenne, les autres pays de l’Union se retranchant derrière l’initiative française pour justifier leurs résistances.

Pour conclure, signalons également la tribune publiée en faveur de Glass-Steagall dans le Frankfurter Rundschau, rédigée par trois membres du Parlement européen.

Le Belge Philippe Lamberts (Verts), l’Allemand Fabio De Masi (Die Linke) et l’Italien Marco Zanni (Mouvement 5 étoiles) y affirment que « les vrais ennemis de l’économie de marché sont BNP Paribas, Deutsche Bank et Cie ».

Alors que la Commission européenne a enterré les projets de régulation, les trois députés européens appellent leurs collègues à les rejoindre pour imposer une vraie séparation bancaire. Pour cela il faut, à la place d’une législation européenne de plus de mille pages, un texte comme le Glass-Steagall, qui tient sur 30 pages.

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