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La Chine a lancé sa troisième mission robotique lunaire : « le lapin de Jade »

La rédaction
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par Rudolph Biérent, du groupe espace de Solidarité et Progrès

Le 2 décembre 2013, à 1h15 heure locale, la troisième mission lunaire chinoise Chang’e 3, ou « le lapin de Jade » a été lancée avec succès et alunira d’ici trois jours.

Suivant l’exemple de la NASA, les responsables de la mission spatiale ont fait un appel ouvert à proposition pour le nom du petit rover embarqué, devant parcourir la surface lunaire.

Li Benzheng, le député en charge des missions chinoises lunaires, a annoncé qu’autour de 190 000 propositions ont été soumises, le plus grand nombre de votant ayant jeté son dévolu sur « Yutu », ou le lapin de Jade. Selon la légende, un lapin de jade accompagna la déesse Chang’e lors de son périple vers la Lune, et y réside encore avec elle jusqu’à présent.

Pour déposer le rover Yutu à la surface de la Lune, les Chinois ont dû concevoir un alunisseur dédié, à l’instar du LEM (Lunar Excursion Module) de la mission Apollo. En effet, les deux missions lunaires précédentes Chang’e 1 et 2 se sont limitées à embarquer des capteurs et instruments d’imagerie opérant en orbite lunaire.

La Lune étant dépourvue d’atmosphère, il est inutile de déployer un parachute comme sur la Terre ou sur Mars pour freiner la descente. Il faut alors utiliser un système plus complexe de propulsion inverse contrôlée, ici combiné à des coussins gonflés avant le contact au sol. Les derniers alunissages contrôlés datent des missions habitées étasuniennes Apollo (dernière mission Apollo 17 en 1972) et robotiques soviétiques Luna (rover Lunakhod 2 déposé en 1973).

L’alunissage est prévu dans le cratère Sinus Iridium, ou « baie des Arc-en-ciels », une plaine de lave basaltique où il sera possible de trouver des roches issues de couches profondes de la Lune, éjectées à l’occasion d’une activité volcanique désormais révolue sur l’ensemble de l’astre. L’intérêt scientifique du site est exceptionnel et se situe d’ailleurs non loin de l’alunissage en 1970 du rover soviétique « Lunakhod 1 » (littéralement le marcheur lunaire en russe).

Sur un plan plus pragmatique, le choix d’une plaine de lave permet d’alunir (et de repartir avec des échantillons sur Terre) sur une terrain extrêmement plat sur plus de 200km, hormis des roches éparses identifiées et évitées dès lors que l’alunisseur atteint les quatre derniers mètres au dessus du sol.

La technologie actuelle d’alunissage, tous pays confondus, ne permet en effet pas d’effectuer un alunissage sur un terrain plus accidenté. Sachant que le rover chinois ne pourra explorer qu’une zone de 3x3 kilomètres (comparés aux 35km parcourus par Lunakhod 2), il est illusoire d’espérer atteindre en se déplaçant au sol des territoires plus variés. La Lune est donc très loin d’avoir livré tous ses secrets, quoiqu’en disent les promoteurs de missions plus médiatiques à destination de Mars.

Saluons cependant les efforts chinois qui remettent l’humanité au niveau de son savoir-faire d’antan, ceci après quarante années de perdues.

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