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La Commission européenne provoquera des émeutes de la faim

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Dans une tribune libre publiée le 24 juin dans l’Humanité, Luc Guyau, président du Conseil de la FAO, et l’ancien ministre de la coopération Jacques Godfrain, président d’Alliés pour combattre la faim et la malnutrition, se prononcent pour le « maintien d’une aide alimentaire intérieure en Europe » et s’opposent avec force à la forte réduction budgétaire imposée par la Commission européenne au Programme européen d’aide alimentaire aux plus démunis (PEAD), dont le budget pour 2012, en passant de 496 millions à seulement 113 millions, sera amputé de 80% !

Comme nous l’avons documenté ici, la Commission, qui aurait pu faire appel, ne fait qu’appliquer l’arrêt rendu le 12 avril 2011, et dans la plus grande indifférence, par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) qui donne raison à l’Allemagne et la Suède pour qui cette aide, provenant du budget de la Politique agricole commune (PAC), était contraire aux prérogatives de l’UE ! Berlin estimait également que cette aide financière, qui bénéficiait surtout à la Pologne et aux pays d’Europe de l’Est, enfreignait les principes de l’OMC. « Si les États qui opposent une minorité de blocage à l’évolution du règlement européen s’étaient manifestés plus tôt, nous ne serions pas dans cette impasse aujourd’hui », a réagit Olivier Berthe, président des Restos du Cœur.

« Aujourd’hui, écrivent Guyau et Godfrain, sur l’un des territoires les plus riches du monde, 16% de la population de l’UE –soit près d’un Européen sur 5 ! – vit sous le seuil de pauvreté, et 13 millions de personnes bénéficient, grâce au PEAD, d’une aide alimentaire intérieure. »

Les auteurs rappellent le caractère dérisoire de la somme consacrée à cette aide. 496 millions, c’est 0,004% du PIB européen. « Que pèse ce pauvre chiffre face à ces milliards d’euros qui, chaque jour, interviennent sur les marchés financiers à des fins spéculatives ? Que pèse encore ce chiffre face aux près de 100 milliards de dollars mobilisés pour l’aide alimentaire intérieure par l’administration américaine [food stamps], ou face aux près de 14 milliards de dollars mobilisés chaque année, depuis 2003, par le programme ‘Faim zéro’ au Brésil ? Le droit à l’alimentation est un droit sacré, sanctionné comme tel au niveau international, protégé au niveau constitutionnel dans au moins 106 pays. La sécurité alimentaire est LA condition du développement des personnes comme des nations. »

Un petit tour d’horizon permet de prendre conscience de l’importance centrale de l’alimentation : une population mondiale plus nombreuse ; « une volatilité des cours des matières premières qui fait flamber le prix du lait, des pâtes, du sucre, des produits les plus banals et les plus vitaux ; émeutes de la faim qui déstabilisent des pays entiers ; etc. »

« Autant d’éléments qui nous indiquent que l’horizon pour demain, du moins pour celles et pour ceux pour qui le mot"sécurité", "paix", "humanité" et "fraternité" veulent dire quelque chose, n’est pas la suppression ou la marginalisation de la PEAD en Europe ».

Pour les associations, cette décision provoquera des « émeutes de la faim » en Europe. Le PEAD contribue au financement de 240 banques alimentaires venant en aide à plus de 13 millions de personnes à travers toute l’Europe. Selon les statistiques de la Commission européenne, 43 millions de personnes sont menacés de pauvreté alimentaire. En France, quatre associations sont directement concernées : le Secours populaire (que le PEAD finance à hauteur de 50%), les Banques alimentaires (33%), les Restos du Cœur (23 %) et la Croix Rouge.

Pour les Restos du cœur, la réduction du PEAD représenterait 20 millions de repas en moins à servir pendant l’hiver 2012. Pour le Secours populaire, cela correspondrait à la suppression de 517 000 repas en 2012… et la fin des distributions en 2013.

« Pour beaucoup de familles, les repas distribués grâce à l’aide sont la seule nourriture correcte qu’elles mangent, rapporte, ému, à la chaîne FRANCE 24 Julien Lauprêtre, le président du Secours populaire. Nous sommes effarés par l’augmentation des jeunes en grande précarité. Mais ils veulent tous s’en sortir, alors on ne peut pas leur enlever ça. » Et d’ajouter : « ‘Ventres affamés n’a pas d’oreille’, dit le dicton populaire. Je pense que cela créerait de nouvelles émeutes de la faim en Europe ».

« Dans les États bénéficiaires du programme comme le Portugal, l’Espagne, la Grèce, et l’Italie, dont les finances publiques sont en difficulté, la situation va être dramatique. Des millions d’Européens vont devoir se passer d’une aide alimentaire directe et donc prendre des risques pour leur santé et leur sécurité alimentaire », alerte pour sa part Olivier Berthe des Restos du Coeur.


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