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La drôle d’histoire des banques françaises

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Arte présentait hier soir le documentaire La drôle d’histoire des banques françaises, enjeu crucial à l’heure où le refus de notre gouvernement de combattre l’ennemi intérieur nous condamne à l’austérité sans fin.

La double personnalité des banques

En partant de la bulle de John Law en 1720, le documentaire fait clairement ressortir la double personnalité historique des banques françaises, prises entre spéculation effrénée et irrigation de l’économie réelle. La doctrine Germain, du nom du fondateur du Crédit Lyonnais en 1863, y est très clairement exprimée : le progrès de toute une nation nécessite la création de banques collectant les dépôts populaires et accordant du crédit aux ménages et aux entreprises ; or comme l’a établi Henri Germain, ce système vertueux ne peut fonctionner que si dépôts et crédit sont protégés des risques inhérents aux affaires financières.

La séparation bancaire de 1945

Montrant comment la haute finance exerça sa tutelle sur les gouvernements français durant toute la IIIe République et particulièrement dans les années 1930, le documentaire permet de mesurer la victoire que fut la loi 45-15 du 2 décembre 1945 consacrant la séparation stricte entre banques d’affaires et banques de dépôt. Cette loi imposée par de Gaulle et le CNR mis provisoirement fin aux « féodalités financières » et permit à la puissance publique d’orienter le crédit vers une croissance réelle.

La trahison de 1984

Bien avant les libéralisations de Jacques Chirac en 1986, ce sont les socialistes eux-mêmes, sous la houlette de Jacques Delors et d’un groupe de hauts-fonctionnaires avides, qui mirent fin à cette séparation bancaire pour mieux bâtir les géants bancaires français d’aujourd’hui, capable de jouer – et de perdre – dans la cour mondiale.

Combattre l’ennemi

Mais le documentaire ne va pas réellement plus loin... il s’achève avant d’avoir expliqué que la prochaine tentative de sauvetage de nos géants bancaires se fera au détriment des dépôts et de l’épargne. La réforme bancaire de juillet 2013 institue un mécanisme de renflouement interne des banques qui permettra de faire en France ce qui a été fait à Chypre en février de cette même année.

Puis cette longue et utile chronologie est présentée comme une suite d’événements sans véritable chaîne de causalité. Comment comprendre le vice intrinsèque aux banques universelles françaises sans parler du système au sein duquel elle opère : l’empire financier de la City et de Wall Street. Par exemple, le documentaire attaque à juste titre la culpabilité totale des banques dans l’évasion fiscale qui coûte au budget de l’Etat 50 milliards d’euros par an. Les banques françaises ont plus de 600 milliards d’avoirs dans les paradis fiscaux et ont désormais pour seule réglementation la loi de ce système financier offshore qui n’en a pas. Or ce système offshore est entièrement dirigé par la City de Londres, premier centre financier mondial, qui gère en direct 60 % des paradis fiscaux du monde. Et ces prédateurs de l’intérêt général ne sont pas tombés du ciel, ils prennent simplement leur revanche : sur leur défaite internationale de 1933 face au Glass-Steagall Act de Franklin Roosevelt (que le documentaire ne mentionne pas !) et sur leur défaite de 1945 en France.

L’ennemi a bien un visage : des géants bancaires français bâtis et dirigés par d’anciens hauts fonctionnaires qui se sont fait les collaborateurs et les correspondants français des prédateurs financiers anglo-américains. Cet ennemi siège aux conseils d’administration des sociétés du CAC 40 comme à Bercy, et étend sa domination jusqu’à l’Assemblée nationale et l’Elysée.

Voilà le visage de l’ennemi qu’il faut montrer au citoyen et qu’il faut combattre. L’on pourra aller de remaniements en élections, tout empirera tant que l’on n’éliminera pas cet ennemi qui interdit le développement des hommes. Cela commence par le rétablissement strict et non-négociable de la séparation bancaire établie à la Libération.

A revoir sur youtube

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