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La Fédération bancaire française toujours en campagne contre Glass-Steagall

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—Pas de panique camarade, grâce à la réforme Moscovici, nous, les grandes banques, resterons les maîtres du jeu ! (Eau-forte de Karel Vereycken)

Alors qu’en Angleterre et aux Etats-Unis, des voix éminentes de la finance estiment que le moment est arrivé de rétablir les principes du Glass-Steagall Act, en France, à part Bernard Esambert, les directoires de nos grandes banques persistent dans leur aveuglement.

Dans « Réforme bancaire : mythes ou réalité », un document de huit pages conçu et réalisé par la Direction information et relations extérieures de la Fédération bancaire française (FBF) et publié en janvier 2013, le lobby bancaire français s’est senti obligé de faire savoir tout le mal qu’il pense de cette solution.

Le document prétend démasquer une douzaine de « mythes » sur le monde bancaire, par exemple celui qui prétend qu’« un Glass-Steagall Act serait le meilleur moyen de sécuriser le système financier ». La vérité, dit la FBF, c’est que « le Glass-Steagall Act, mis en place en 1933 et abrogé en 1999, n’est pas du tout le meilleur moyen de sécuriser le système financier ». Pour donner du poids à cette affirmation, alors qu’il s’agit d’un mensonge absolu, la FBF prétend que « c’est la raison pour laquelle aucun législateur au monde, ni aux Etats-Unis, ni en Grande-Bretagne, ni dans l’UE, ni en France, n’envisage une telle solution ». Chacun pourra constater qu’il n’en est rien en lisant notre note stratégique Tour du monde des initiatives législatives pour une séparation stricte façon « Glass-Steagall »)

Mais, pour dépasser l’argument d’autorité, la FBF invoque la fameuse crise de 1987 des Savings & Loans (banques d’épargne) américaines, comme preuve qu’il est plus sage de « mutualiser les risques » en accouplant des banques de marché aux banques de dépôt et de crédit. Si 1043 des 3234 de ces banques d’épargne ont fait faillite, prétend la FBF, c’est bien parce qu’il s’agissait de « banques spécialisées de dépôts, issues de la mise en œuvre du Glass-Steagall Act ».

La vérité, qu’omet soigneusement le document, c’est que l’Etat américain a précisément toléré que ces banques d’épargne ne respectent pas le Glass-Steagall Act quand elles se sont mises à acheter les fameux junk bonds hyper spéculatifs que leur vendaient notamment Mike Milken et la banque d’affaires Burnham Drexel Lambert.

Et la FBF poursuit : « En outre, ce modèle de séparation stricte a été jugé comme une source de frein à la croissance, en privant l’économie américaine de modèles bancaires diversifiés, capables d’offrir toute la palette de produits financiers adaptés à l’accompagnement des particuliers et des entreprises en favorisant au contraire l’essor d’acteurs tels que Goldman Sachs, etc. »

Déjà en 2012, Pierre Moscovici avait prétendu que couper les banques en deux favoriserait la naissance de banques de type Goldman Sachs chez nous. Or, les grandes banques « universelles » françaises se livrent toutes, dans leurs activités de marché, aux mêmes pratiques que cette banque d’affaires new-yorkaise presque caricaturale. Notez par ailleurs que Goldman Sachs a demandé dès septembre 2008 le statut de holding pour pouvoir profiter des plans de renflouement de l’Etat américain…

La FBF, visiblement en campagne pour Moscovici, veut aussi démasquer « le mythe » que la réforme bancaire qui sera soumise aux députés ne protégera pas les dépôts, car pour elle, affirmer (comme S&P, Cheminade et bien d’autres le font) que « la filialisation n’empêche pas la contagion car les filiales sont solidaires de la holding » est présenté comme le mythe n° 11 : « Le projet de loi bancaire est très clair et impose une ségrégation entre la holding et sa filiale dédiée aux activités de pure compte propre. Notamment, toute exposition de la holding aux risques de la filiale est précisément encadrée dans les mêmes conditions que s’il s’agissait d’une entité tierce, sans aucun lien capitalistique. »

Pour les banques, c’est bien cela qu’il fallait démontrer, c’est-à-dire, dans un exercice digne de la novlangue chère à George Orwell, que la loi de réforme bancaire fera « aussi bien » que le Glass-Steagall Act, mais sans lui !

Signez sans tarder l’Appel à un Glass-Steagall global

Auditions des banquiers : terrible aveu ?

Le monde à l’envers ? Alors que les députés s’attendaient à des attaques en règle contre la réforme bancaire du gouvernement de la part Jean-Paul Chifflet, président de la Fédération bancaire et directeur général du Crédit agricole, de Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale, et de Jean-Laurent Bonafé, directeur général de BNP-Paribas, lors de leur audition le 30 janvier devant les membres de la commission des Finances, à leur grande surprise, ce sont plutôt les banquiers qui ont plaidé avec vigueur pour la réforme Moscovici. « Vous donnez l’impression que vous n’êtes pas spécialement gênés par cette loi », s’exclama, gênée, Karine Berger, rapporteure socialiste du projet de loi.

Interrogés sur l’impact de cette réforme sur les banques, les dirigeants bancaires ont répliqué dans un premier temps qu’il leur était impossible de donner une estimation. Enorme ! Aveu d’incompétence ? Esquive habile ou simple mépris des élus ? A les entendre, tout était si complexe, si entremêlé… Attendons de voir au cas par cas avec le régulateur pour identifier les opérations liées à la spéculation…

Quand les députés ont tenté de savoir quelle proportion de leurs activités serait cloisonnée dans la filiale dédiée envisagée par la nouvelle loi, Frédéric Oudéa, le PDG de la Société générale, a fini par lâcher un chiffre : entre 0,75 % et 1,5 % ! Effroi dans les rangs des membres de la commission des Finances : comment des banques qui affirmaient réaliser plus de 40 % de leur bénéfice grâce à leurs activités de marché avant la crise pouvaient-elles être si peu touchées par un texte visant à juguler la spéculation financière ?

Dans l’après-midi, Moscovici a tenté de convaincre en reprenant à son compte la chanson écrite par l’argumentaire de la Fédération bancaire (voir ci-dessus) : « Si j’avais estimé qu’aller au-delà était une solution efficace, je l’aurais fait. Mais la séparation stricte n’est pas une solution. Couper les banques en deux, créer des banques d’investissements n’en est pas une. Ces banques d’investissement constituent une grande fragilité. Dans la crise, ce sont elles qui ont disparu. »

Alors que la liste des cadavres bancaires s’allonge jour après jour, Moscovici, se prenant pour le Docteur Coué, a insisté que « s’il s’agit de réformer, il ne s’agit pas de casser. Le modèle de la banque universelle a réussi ».

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