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La France accompagnera-t-elle la Bolivie dans l’ère nucléaire ?

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Si vous estimez que la bataille entre un Prométhée cherchant à donner le feu aux hommes contre un Zeus oligarchique est une histoire antique, vous vous trompez lourdement. Seulement, comme le montre le cas de la Bolivie et de nombreux autres pays émergents, aujourd’hui, il s’agit du « feu nucléaire » !

Le 28 octobre 2013, le président bolivien Evo Morales, qui il y a quelques années ne jurait que par la mère Terre Gaïa, a agréablement surpris le monde entier.

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Lors d’une conférence sur l’avenir de l’énergie à Tarija dans le sud du pays, Morales annonça que la Bolivie avait réuni toutes les conditions nécessaires pour développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. Selon Morales, la mise en œuvre des grands projets, comme l’énergie nucléaire, permettra de redresser l’image de la Bolivie à l’échelle internationale et de casser son image de « dernier pays de l’Amérique latine ».

La Bolivie n’est pas seulement riche en hydrocarbures qu’elle vend aux Etats-Unis, mais dispose d’uranium. Dès 1979, les études menées par la Commission bolivienne à l’énergie nucléaire avaient démontré la présence d’uranium dans le sol bolivien et avaient été suivies de projets de développement, signes de l’intérêt ancien porté à cette ressource.

Morales précisa également qu’aussi bien l’Argentine, un acteur majeur dans ce domaine avec lequel la Bolivie a conclu un partenariat nucléaire depuis mai 2013, que la France, avec laquelle des pourparlers ont été engagés, s’étaient montrées disposées à aider la Bolivie avec leur « savoir-faire » et à former le personnel nécessaire pour mener à bien ce saut scientifique et technologique.

Dès le 13 novembre, une source diplomatique à La Paz affirmait que « les gouvernements de Bolivie et de France entameront une rencontre au niveau des ministres, qui a pour but d’analyser la possible coopération au sujet de l’énergie nucléaire ».

Cependant, étant donné qu’en France on cultive le projet suicidaire d’une transition énergétique fondée sur l’abandon au moins partiel du nucléaire, la nouvelle avait fait l’effet d’une bombe. De toute évidence, certains ont immédiatement fait monter la pression.

Ainsi, rapporte une observatrice, « la déclaration de Morales fut immédiatement suivie d’une rectification de la part de Michel Pinard, ambassadeur de France en Bolivie. Ce dernier considère en effet que le terme de ‘pourparlers’ n’est pas approprié, précisant que la France, loin d’être dans une période de négociations, se contente actuellement d’écouter et de comprendre les désirs de ce pays d’Amérique du Sud et d’évaluer la manière dont elle pourrait l’accompagner. La révision de l’agenda bilatéral lors d’une réunion entre Laurent Fabius et David Choquehuanca, respectivement ministres des Affaires étrangères français et bolivien, le 13 novembre dernier a ainsi été l’occasion d’évoquer, entre autres sujets, la participation française à ce projet. »

Contrairement à la France qui s’étrangle dans sa camisole européenne, la Bolivie a clairement fait le choix de rejoindre la dynamique eurasiatique en faveur des grands projets d’avenir dans le domaine scientifique et technologique. Dernier exemple en date : le lancement par la Chine du premier satellite bolivien, un instrument fabuleux pour traiter un certain nombre de problèmes de santé et d’éducation des populations rurales isolées dans la jungle.

Il est à noter que dès que la Bolivie a annoncé sa volonté de travailler avec l’Iran, l’extrême droite au pouvoir en Israël a commencé à accuser La Paz de vouloir acquérir l’arme atomique ! Morales a répondu que la Bolivie allait outrepasser l’opposition de « certains pays », notamment les Etats-Unis, qui eux ont déjà l’énergie nucléaire mais refusent que d’autres l’acquièrent.

D’après le journal Los Tiempos, Morales a également lancé une attaque en règle contre certaines ONG « écologistes fondamentalistes » qui « s’opposent à tout. Elles ne nous laisseront pas travailler, elles ne nous laisseront pas explorer, elles ne nous laisseront pas nous industrialiser, ni même développer des barrages hydro-électriques », a-t-il martelé. En dépit de leurs campagnes, dit Morales, la Bolivie continuera à diversifier son énergie, y compris l’exploitation de nouvelles réserves pétrolières et les réserves d’uranium de Potosi dans la province de Tomas Frias.

La démarche bolivienne s’inscrit dans un sursaut de souveraineté. En août 2013, lors du sommet anti-impérialiste de Cochabamba, le ministre bolivien de la Présidence, Juan Ramón Quintana, affirma dans son exposé et en ouverture des travaux que l’OTAN représente un danger pour l’Amérique latine, avec pour preuve son avancée dans la région et plus particulièrement à travers l’Alliance pour le Pacifique. Morales avait précisé : « Je ne peux pas comprendre comment quatre pays (l’Alliance du Pacifique) veulent rééditer les traités de libre commerce avec Washington et veulent privatiser les services de base qui sont un Droit de l’Homme pour les peuples. » « Nous en avons assez de ces monarchies, oligarchies et hiérarchies. Nous en avons assez de cette anarchie des marchés. Plus jamais des pays gouvernés par des banquiers et des chefs d’industries. »

Il appela également ses auditeurs à « se décoloniser du luxe », faisant allusion au comportement de certains citadins qui changent de linge plusieurs fois par jour ou ne font usage d’un vêtement qu’une seule fois avant de le ranger définitivement au placard. Il n’a pu s’empêcher de rappeler son enfance, lorsque, comme des millions de paysans, il portait ses vêtements « jusqu’à ce qu’ils tombent en lambeaux, littéralement, comme lorsque je retirais mon tricot pour en ravauder les coudes troués ou pour en ôter les poux ».

Le 7 janvier 2014, Morales a confirmé son engagement pour le nucléaire : « Nous nous doterons très bientôt de l’énergie nucléaire. Nous nous en servirons à des fins pacifiques. Nous possédons pour cela suffisamment de matières premières, et aussi nous en avons le droit. »

Et il a ajouté que depuis sa rencontre avec François Hollande aux Nations unies, la Bolivie dispose « de très bons accords avec la France pour des transferts de technologie. Les Français ont proposé de faire du conseil pour l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. »

A nous de faire en sorte que cela tienne !

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