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La Jordanie lance la première phase du canal mer Morte-mer Rouge

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Alors que nos dirigeants se disputent la palme pour savoir qui lancera le premier un missile sur tel ou tel dirigeant trop récalcitrant aux exigences du monde occidental, d’autres forces cherchent à résoudre les tensions par des politiques de coopération mutuelle. Dans les régions arides, cette coopération se concentre sur la question de l’eau.

Bien que le pays accueille des bases où Israéliens, Français et Américains entraînent des opposants djihadistes au régime syrien, le 19 août, la Jordanie, le quatrième pays le plus pauvre en eau de la planète, a annoncé le lancement du projet de canal reliant la mer Morte à la mer Rouge, permettant d’augmenter de façon substantielle son approvisionnement en eau grâce au dessalement de l’eau de mer.

Le Premier ministre Abdullah Nsour a affirmé qu’une première tranche de 980 millions de dollars permettrait d’augmenter le volume du Jourdain avec 100 millions de mètres cubes d’eau par an. « Après des années d’études techniques, politiques et géologiques, le gouvernement jordanien donne son feu vert au projet », a précisé M. Nsour lors d’une conférence de presse.

Le canal de la Paix

Le projet d’un canal mer Morte/mer Rouge, connu comme le « canal de la Paix », prévoit de pomper de l’eau dans la mer Rouge à la hauteur du port jordanien d’Aqaba, pour la reverser grâce à un canal - en fait un réseau de canalisations en grande partie souterrain - dans la mer Morte. L’eau prélevée dans le golfe d’Aqaba ira d’abord vers les hauteurs où une usine hydroélectrique serait construite, l’énergie produite servant à alimenter la station de pompage située à Aqaba (Jordanie), ainsi que l’usine de désalinisation, tout en fournissant de l’électricité à la Jordanie, à Israël et à l’Autorité palestinienne.

Depuis les années 1960, Israéliens, Jordaniens, Libanais et Syriens détournent massivement l’eau du Jourdain, la source principale d’alimentation en eau de la mer Morte, en fonction de leurs besoins et sans concertation. A l’heure actuelle, le niveau de l’eau baisse de 1 m environ chaque année et la surface de la mer Morte est passée de 950 km2 à 637 km2. Si rien n’est fait pour y remédier, la mer Morte, le bassin d’eau la plus salée du monde située à 423 m en dessous du niveau des océans, disparaîtra d’ici à 2050.

La solution

Comme solution, les ingénieurs de la Banque mondiale ont peaufiné depuis longtemps un projet envisagé dès le milieu du XIXe siècle : profiter de la différence d’altitude de 423 m entre la mer Rouge et la mer Morte pour amener, par gravité et au moyen d’un canal de 180 km, l’eau de la première vers la seconde, à raison d’environ 2 milliards de mètres cubes par an. En augmentant les volumes d’eau disponibles pour le développement mutuel, grâce à de grands travaux entrepris en commun, il s’agit de « créer un symbole de coopération pacifique dans la région ». « C’est un exemple de coopération entre des dirigeants, qui ne voient pas toujours les choses de la même façon, mais qui peuvent s’entendre sur une question aussi vitale que l’eau », assure Saad Abu-Hamour, un haut responsable jordanien chargé des questions de l’eau.

Lancée en 1994, dans la foulée de l’accord de paix israélo-jordanien, par le premier ministre Yitzhak Rabin et le roi Hussein, l’idée de revigorer la mer Morte n’est pas nouvelle. Dans le courant des années 70, l’Etat hébreu avait en effet étudié la faisabilité d’un canal reliant la baie de Haïfa (mer Méditerranée) à la vallée du Jourdain, mais le projet avait été abandonné sans explications en 1985.

Plus récemment, en avril 2013, après des années d’études menées par le cabinet d’engineering français Coyne et Bellier, filiale de Tractebel, société de conseil du Groupe Suez, la Banque mondiale a rendu son verdict : l’opération est faisable, tant sur le plan technique, financier qu’environnemental. L’étude souligne qu’Israël, la Jordanie et l’Autorité palestinienne bénéficieront des retombées de l’ouvrage, lequel comprendrait une importante usine de désalinisation d’eau de mer d’une capacité de 850 millions de mètres cubes par an, une perspective particulièrement attrayante pour la Jordanie.

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Le "Plan Oasis" défendu par l’économiste américain Lyndon LaRouche dès 1975.

Lyndon LaRouche et le plan Oasis

Alors qu’en général, l’on attend qu’aboutisse d’abord un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens avant de proposer ensuite un programme de développement, depuis 1975, l’économiste américain Lyndon LaRouche à souligné qu’il fallait inverser cette approche peu fructueuse : c’est au contraire en proposant aux différents acteurs de la région une perspective de développement résultant d’une coopération mutuelle grâce à la réalisation de grands projets d’infrastructures que le cadre d’une paix durable peut voir le jour. Dès 1975, LaRouche, avec son plan Oasis, proposait un ensemble intégré de grands chantiers pour toute la région : réseaux ferroviaires et autoroutiers efficaces, canal de Suez modernisé, canal mers Morte/Méditerranée, canal mer Morte/mer Rouge, dessalement de l’eau de mer grâce à des complexes agro-industriels utilisant l’électricité et la chaleur industrielle fournie par des centrales nucléaires.

Bien que le chantier lancé par la Jordanie ne soit qu’une première étape dans ce qui doit devenir un plan d’ensemble, il a le mérite d’exister et de rompre avec le pessimisme ambiant.

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