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La panique déflationniste gagne l’oligarchie financière

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Lors d’une conférence de presse à Washington le 10 avril, la directrice générale du FMI Christine Lagarde, se disant « sur la même longueur d’onde » que l’économiste en chef du FMI Olivier Blanchard, a une fois de plus pressé la BCE à relancer l’inflation. En guerre contre la déflation depuis plusieurs mois, elle avait précisé lors d’une conférence à Bilbao en Espagne début mars qu’une déflation de 15 à 20 % menaçait la zone euro.

Aujourd’hui, bien qu’elle se trouve rassurée par les déclarations du président de la BCE Mario Draghi – qui avait signalé que les dirigeants de l’institution de Francfort étaient « unanimement prêts » à user, si nécessaire, d’instruments non conventionnels – Mme Lagarde estime que produire de l’inflation, « c’est une question de temps maintenant » et « le plus tôt sera le mieux ».

La déflation

Si la déflation, pour les citoyens ordinaires, peut sembler sympathique (une baisse des prix), elle est en réalité l’expression d’une « crise d’effondrement généralisée ».

Dans Le Point du 3 avril 2014, l’économiste Pierre-Antoine Delhommais tente de mieux circonscrire le sujet. D’abord, dit-il, la déflation, c’est comme le cholestérol, c’est-à-dire il y a la « bonne » déflation et la mauvaise. La bonne, explique-t-il, c’est lorsque les prix baissent grâce à des gains de productivité. Par exemple, en 1960, pour construire une voiture bas de gamme, il fallait 2920 heures de travail, alors qu’aujourd’hui, 845 heures suffisent.

La mauvaise déflation, en revanche, c’est celle qui voit les prix baisser dans un contexte d’anémie économique généralisée et qui provoque de terribles dégâts. Le mécanisme ? Anticipant une poursuite de la baisse des prix, les gens diffèrent leurs achats, comme s’ils vivaient en situation de soldes perpétuels (…) Les conséquences de ces reports, c’est que les entreprises diminuent à leur tour leur production, réduisent leurs effectifs et leur masse salariale. Et c’est la catastrophe. Limitée aux seuls prix, la déflation s’étend alors à toute l’économie. Tout se met à baisser : la production, la consommation, la croissance, les salaires, les profits, la Bourse, l’immobilier, le moral aussi ; il n’y a que le chômage et l’épargne qui montent.

Une déflation est d’autant plus dévastatrice qu’elle frappe un pays très endetté. Les mensualités des emprunts à rembourser, elles, ne baissent pas, le coût réel de la dette augmente mécaniquement pour les Etats, les entreprises, les ménages, ce qui fragilise leur situation et celles des banques qui ont prêté de l’argent. Du même coup, ces dernières offrent moins de crédits (credit crunch) accentuant la récession…

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Le plan B : la titrisation

Et si la BCE refuse de rendre des nouvelles liquidités disponibles, le plan B est déjà sur la table et discuté à la une du Financial Times d’aujourd’hui. Si depuis 2008, le mot titrisation évoque inexorablement une mauvaise odeur de subprime, le 27 mars à Bruxelles, Michel Barnier, qui hier encore s’autoproclamait grand combattant contre la finance folle, a proposé de « relancer » le marché des produits titrisés afin de développer l’économie européenne sans dépendre des seules banques.

Pour vendre ce poison, Barnier s’émeut que « la consolidation budgétaire nécessaire pour revenir à des niveaux d’endettement raisonnable (…) bloque souvent les projets des collectivités locales, alors même que des besoins d’investissement importants se font sentir dans l’éducation, la recherche, la transition écologique ou le financement de services publics modernes. »

Or, la « bonne » titrisation, bien encadrée « a le potentiel de débloquer des sources de financements supplémentaires pour l’économie réelle », veut-on croire à Bruxelles. En bref, the show must go on !

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Vos commentaires

  • Le 17 avril 2014 à 13:59
    par petite souris

    "the show must go on " ...........
    au détriment des peuples et uniquement pour les gens d’en haut !

    Répondre à ce message

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