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La réforme de la santé d’Obama : bonne pour les sociétés d’assurance maladie, mortelle pour les pauvres et les vieux

La rédaction
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Par Harley Schlanger, porte-parole de Lyndon LaRouche pour l’Ouest des Etats-Unis, le 21 octobre 2009.

Dans plusieurs discussions que j’ai eues depuis mon arrivée à Paris, je me suis trouvé face à des économistes, par ailleurs sérieux, qui nourrissent l’illusion que la réforme de la santé proposée par le président Obama représente un pas important vers une couverture universelle, similaire au modèle français.

Rien n’est plus loin de la vérité.

Le plan Obama, tel que rédigé sous la direction du sénateur Baucus et adopté par la Commission financière du Sénat qu’il préside, n’est pas calqué sur le système français, mais sur le National Health Service de la Grande-Bretagne pour ce qui est d’un aspect particulièrement dangereux de ce dernier, à savoir l’application du « Liverpool Care Pathway ». Cette approche des soins, qui est contestée par de nombreux médecins outre-Manche, consiste à refuser l’alimentation et l’hydration aux patients jugés « en phase terminale », puis à mettre fin à leur vie au moyen d’une sédation profonde. Les adversaires de ce système dans la communauté médicale britannique font valoir que c’est de l’euthanasie involontaire, qui ne dit pas son nom.

Il s’agit aussi, comme l’économiste et homme politique américain Lyndon LaRouche n’a cesse de le dire, d’une application explicite de la même politique mise en œuvre en Allemagne nazie en octobre 1939, sur ordre d’Hitler. Dans le cadre de ce programme nazi, dit Tiergartenstrasse 4 (T-4), plus de 200 000 personnes ont été tuées, avant le génocide massif dans les camps de concentration. Cette politique fut condamnée par le deuxième Tribunal de Nuremberg, qui jugeait les médecins nazis, dont huit furent condamnés à la mort par pendaison.

Le programme T-4 dans le plan Obama prend la forme de la création d’un Comité consultatif indépendant pour Medicare (I MAC, Medicare étant l’assurance maladie publique pour les retraités), ou la « Commission Medicare » dans la proposition de loi Baucus. Il s’agit d’une commission indépendante, par rapport à l’influence et au pouvoir du Congrès américain, autrement dit des élus nationaux, et elle décide, à l’aide de concepts frauduleux comme l’efficacité des coûts, quels examens (IRM, scanner cérébral, etc.) et quels traitements (chimiothérapie, radiothérapie, dialyse) sont « inefficaces par rapport aux coûts », et qui par conséquent ne seront pas autorisés.

En d’autres termes, on crée une commission qui détermine quels malades tombent dans la catégorie de « bouches inutiles », pour reprendre le terme du programme T-4, et qui seront éventuellement mis à mort via l’euthanasie.

A ceux qui contestent ce fait, je recommande de considérer les commentaires du sénateur John D. Rockefeller IV, un démocrate de la Virginie occidentale, lors du débat en question à la Commission financière du Sénat. Rockefeller s’est félicité à plusieurs reprises du maintien de l’IMAC dans le texte de loi adopté, puisqu’il permet aux médecins de discuter de questions de « fin de vie ». Le sénateur a même regretté qu’un tel mécanisme n’ait pas existé à l’époque où sa propre mère eût pu en profiter pour être euthanasiée, puisqu’elle a « vécu six années de trop ».

Le président Obama a dit et répété avec insistance que la proposition de réforme devait comporter à tout prix une disposition prévoyant un tel Comité indépendant.

Un cadeau aux assureurs

On entend souvent dire que les compagnies d’assurance et les géants pharmaceutiques font du lobby contre la proposition de loi de Baucus. Bien que le lobby des assureurs ait effectivement exprimé, sur le tard, des points d’opposition symboliques, ce dernier ainsi que le lobby pharmaceutique soutiennent pour la plupart la réforme proposée. En effet, pour aider à rédiger la proposition de loi en question, la Maison Blanche et le Sénat ont fait appel à Simon Stevens, le vice-Président de UnitedHealth Group, la plus grande compagnie d’assurance maladie (HMO) aux Etats-Unis, et qui travaillait auparavant pour Tony Blair au National Health Service britannique où il a largement contribué à l’adoption du Liverpool Care Pathway.

Outre les mensonges éhontés à propos de l’existence projetée d’une « commission de la mort », les défenseurs de la loi Obama ont maintenu un flot constant de désinformation, en affirmant, par exemple, qu’il s’agit d’un pas vers la couverture universelle. Ce n’est pas vrai. Deux tiers des quelque 50 millions personnes aux Etats-Unis actuellement sans couverture médicale, soit plus de 30 millions, le resteront. L’autre tiers, quelque 16 millions, seront couverts de manière inadéquate, obligés d’acheter une assurance ayant un fort taux de franchise (suivant le modèle de Massachusetts), et celle de nombre d’entre eux, qui n’ont pas les moyens de la payer, sera subventionnée par le gouvernement. Celui –ci versera donc l’argent directement aux assureurs, alors que les familles concernées ne seront couvertes qu’après avoir pris en charge elles-mêmes un minimum de frais (souvent 4000 ou 5000 dollars par an de leur poche), minimum que la plupart des familles pauvres n’arriveront jamais à payer.

En outre, compte tenu des critères de l’efficacité des coûts, la couverture des traitements nécessaires pourra être refusée.

Puis, comme le rôle du Comité indépendant est de réduire les coûts de Medicare, le programme public couvrira de moins en moins de traitements. Qu’arrivera-t-il aux malades, aux vieux, aux pauvres à qui Medicare et Medicaid refuseront les traitements ? Ils mourront. Toutefois, grâce à sir Simon Stevens, ils mourront « dans la compassion », à l’aide du Liverpool Care Pathway.

Quant à l’argument selon lequel les compagnies pharmaceutiques ont renoncé aux 80 milliards de dollars que Medicare leur devait pour le remboursement de médicaments, le président Obama a accepté, en retour, de ne pas autoriser Medicare à négocier les prix des médicaments sur ordonnance. Cela veut dire que pour les 80 milliards de dollars que les sociétés pharmaceutiques ont « sacrifié », elles pourront continuer à augmenter les prix des médicaments, ce qui revient à une subvention pour l’industrie pharmaceutique estiméee à au moins 600 milliards de dollars au cours des dix premières années. Vous avez dit « investissement intéressant » ?

Bref, l’administration Obama, qui a donné, par l’intermédiaire de la Réserve fédérale et du Département du Trésor, plus de 25 000 milliards de dollars aux banques commerciales insolvables qui sont considérées comme « trop grandes pour sombrer », s’apprête maintenant à sabrer les coûts en faisant adopter à la hussarde une loi qui accorde encore plus de subventions aux assureurs, tout en réduisant les dépenses pour ceux qui en ont le plus besoin, et en éliminant les « bouches inutiles » désignées par le Comité indépendant, sans compte à rendre aux citoyens.

Il n’y va pas d’un « petit pas » vers la couverture universelle, mais d’un pas de géant en direction d’un génocide de fait qui n’aurait rien à envier aux nazis.

Voilà pourquoi une dynamique de grève de masse balaie l’Amérique. La majorité des citoyens américains ne sont pas prêts à sacrifier leur vie pour des banquiers corrompus et des assureurs escrocs au nom de l’efficacité financière à court terme.

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