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La réponse de Varoufakis à ceux qui l’accusent de trahir son pays

La rédaction
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Voici la réponse de l’ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis à ceux qui l’accusent d’avoir trahi le pays. Elle fut postée en anglais sur son blog et publiée en français sur le site belge Koter Info.

Accusations de trahison. Ce qui se cache derrière ces étranges allégations. Cette tentative surprenante de me faire accuser de trahison pour avoir conspiré afin de pousser la Grèce hors de l’Eurozone, est le reflet de quelque chose de bien plus vaste.

Elle reflète un effort acharné à délégitimer notre négociation de 5 mois (du 25 janvier au 5 juillet) avec une Troika furieuse que nous ayons eu l’audace de douter ouvertement de la sagesse et l’efficacité de son plan raté pour la Grèce.

Le but de mes pseudo-procureurs est de faire passer notre attitude rebelle lors des négociations pour une aberration, une erreur, ou mieux encore, selon la perspective de l’Establishment oligarchique grec favorable à la Troika, pour un crime contre l’intérêt national de la Grèce.

Mon crime ignoble a été, en exprimant la volonté collective de notre gouvernement, d’incarner les péchés suivants :

  1. Me comporter devant les leaders de l’Eurogroupe comme un égal qui s’autorise à dire NON et présente des arguments de poids pour repousser le manque de logique catastrophique des énormes prêts concédés à un Etat insolvable soumis à une austérité contre-productive.
  2. Démontrer que l’on peut être un Européiste engagé, lutter pour maintenir son pays dans l’Eurozone, et en même temps rejeter les politiques de l’Eurogroupe qui nuisent à l’Europe, déconstruisent l’Euro et piègent fondamentalement son pays par un esclavage de la dette entretenu par l’austérité.
  3. Préparer des réponses à des dangers éventuels dont me menacent les collègues de premier plan de l’Eurogroupe et des officiels hauts placés de la Troïka lors de discussions en tête à tête.
  4. Révéler de quelle manière les gouvernements grecs précédents ont transformé des ministères aussi cruciaux que le Secrétariat Général des Recettes Publiques et l’Office Statistique Hellénique en des ministères sous contrôle de la Troïka et soumis à des pressions ayant vocation à saper le gouvernement élu.
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Il est très clair que le gouvernement grec a le devoir de retrouver sa souveraineté nationale et démocratique sur tous les ministères, et en particulier le ministère des Finances. S’il ne le fait pas, il continuera à renoncer aux instruments d’élaboration de sa politique auxquels les électeurs attendent de le voir recourir dans le cadre de la mise en œuvre du mandat qu’ils lui ont confié.

Dans le cadre de mes efforts en tant que ministre, mon équipe et moi-même avons mis au point des méthodes innovantes de développement d’outils du Ministère des Finances afin de répondre efficacement à la crise des liquidités créée par la Troïka tout en récupérant des pouvoirs exécutifs auparavant usurpés par la Troïka avec le consentement des précédents gouvernements.

Au lieu d’accuser et de poursuivre ceux qui, aujourd’hui encore, agissent au sein du service public comme les larbins et lieutenants de la Troika (tout en recevant des salaires substantiels des contribuables grecs qui souffrent depuis des années), c’est moi qui suis aujourd’hui persécuté par les hommes et partis politiques condamnés par les électeurs pour avoir transformé la Grèce en protectorat, aidés et encouragés par les médias de l’oligarchie.

Je porte leurs accusations comme des marques d’honneur.

La négociation fière et honnête que le gouvernement Syriza a menée depuis le premier jour de son élection a déjà amélioré la qualité des débats publics en Europe. Le débat sur le déficit démocratique qui affecte l’Eurozone ne pourra plus être étouffé.

Malheureusement, les supporters de la Troïka dans notre pays semblent incapables de tolérer ce succès historique. Leurs efforts pour le criminaliser se briseront sur les mêmes hauts fonds que ceux sur lesquels s’est brisée la campagne de propagande contre le NON au référendum du 5 juillet : la grande majorité des Grecs courageux.

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