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Grèce : la stratégie de la tension pour sauver la zone euro ?

La rédaction
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Dans le cadre d’un remake de la célèbre « stratégie de la tension » qui déstabilisa l’Italie et l’Allemagne dans les années 1970, nous venons d’assister ces dernières semaines en Grèce à un meurtre, suivi d’une tentative d’assassinat et d’autres manœuvres d’intimidation contre toute opposition légitime à l’encontre des tentatives de la Troïka (FMI, UE, BCE) d’imposer des mesures d’austérité d’une brutalité toujours plus grande.

Le 17 septembre, un chanteur de hip-hop de gauche, Pavlos Fyssas, a été tué par Gioros Roupakias, membre autoproclamé du parti néo-nazi l’Aube dorée. D’après des sources grecques, il s’agirait d’un agent-provocateur. Comme prévu, le meurtre a suscité une vague d’indignation et de manifestations légitimes de la part des groupes antifascistes.

Le 18 septembre, Panos Kammenos, le dirigeant du parti des Grecs indépendant qui s’oppose fermement à la Troïka et à son Mémorandum, a fait l’objet d’une tentative d’assassinat alors qu’il participait à l’une de ces manifestations.

Malgré une protection policière considérable, un groupe de nervis a réussi à l’attaquer, blessant au même temps plusieurs policiers. Cette attaque a été minimisée par les médias, mais est généralement considérée comme une tentative d’assassinat, ou du moins comme un avertissement clair à Kammenos.

L’Aube dorée, qui compte 18 sièges au Parlement, est une créature synthétique, qui a bénéficié d’une couverture médiatique maximale lors des dernières élections par la presse nationale et internationale qui a transformé un groupe néo nazi relativement marginal en un parti politique pouvant capter les voix contestataires de l’opposition légitime, notamment des Grecs indépendants et de Syriza.

Selon des sources du renseignement grec, le fondateur de l’Aube dorée, Nikos Michaloliakos, est lui aussi un agent provocateur, depuis au moins les années 1970 lorsqu’il fut arrêté par la police pour avoir mis des bombes dans des théâtres fréquentés par des gauchistes. Il a été libéré après avoir purgé qu’une fraction de sa peine.

Dans un climat rappelant les affrontements violents entre les ligues un peu partout en Europe au cours des années 1930, six députés de l’Aube dorée, y compris son chef Michaloliakos, ont été arrêtés le weekend dernier, et quatre d’entre eux ont été formellement mis en accusation lundi le 30 septembre.

Pendant ce temps, les membres de la Troïka présents à Athènes pour discuter de la prochaine série de mesures d’austérité s’esquivaient discrètement en laissant derrière eux un pays sous tension, affirmant que les discussions sont « bloquées » sur les mesures de privatisations à suivre, notamment dans l’industrie de la défense et en ce qui concerne le géant minier et sidérurgique LARCO, ainsi que sur de nouvelles hausses d’impôts et des licenciements massifs. Il n’est pas clair si la Troïka exige la liquidation des entreprises publiques et des licenciements en masse avant leur privatisation, ou bien s’il faut procéder dans l’ordre inverse. Il semble que la première solution sera retenue dans le cas de LARCO.

A cela il faut ajouter que la soi-disante « réforme » des universités a déclenché un mouvement de grève dans tout le pays, impliquant les recteurs eux-mêmes. Ces derniers refusent d’obtempérer au licenciement exigé de 1349 membres (soit les trois quarts) du personnel administratif des universités techniques du pays. Le gouvernement menace de considérer les recteurs en grève comme des fonctionnaires « manquants à leur devoir », ce qui peut conduire à leur suspension et même à l’emprisonnement.

Les nouvelles mesures d’austérité devront, indépendamment du scénario choisi, être votées au parlement, et il est clair que la situation de tension extrême provoqué avec l’affaire de l’Aube dorée devrait faciliter la tâche d’un gouvernement à la botte de la Troïka.

Lisez notre rapport : Pour un miracle économique en Europe du Sud, autour du bassin méditerranéen et en Afrique

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