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La Turquie, un pays membre de l’OTAN, au coeur du financement de l’Etat islamique

La rédaction
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Alors que le parlement d’Ankara autorise l’armée turque à intervenir pour secourir les populations kurdes de Kobané, le gouvernement turque continue à jouer sur tous les tableaux.

Kobané, une ville kurde de 45 000 habitants située au nord de la Syrie tout près de la frontière turque, est en train de tomber aux mains des djihadistes de l’EI. Avec cette débâcle, l’administration Obama voit révélé au grand jour le rôle néfaste joué par l’un de ses principaux alliés, la Turquie, dans la propagation d’une nouvelle guerre de trente ans dans toute l’Asie du Sud-ouest.

Le président turc Tayyip Recep Erdogan ainsi que son Premier ministre Ahmnet Davutoglu ont fait du renversement du régime syrien de Bachar al-Assad leur priorité absolue, bien avant la défense des populations kurdes de la région et la lutte contre la mainmise de l’Etat islamique sur l’Irak et la Syrie.

Ce point avait été souligné par le Premier ministre turc lui-même lors d’une entrevue télévisée sur la chaîne américaine CNN le 6 octobre :

Si l’EI disparaît, une autre organisation radicale pourrait émerger, s’est-il exclamé. Notre approche se doit donc d’être globale, inclusive, stratégique et combinée … pas seulement de punir pour satisfaire notre opinion publique – de punir une organisation terroriste, mais d’éliminer toutes les menaces terroristes dans le futur, et d’éliminer les crimes brutaux commis contre l’humanité par le régime [de Bassar al-Assad, ndlr].

Tout comme François Hollande en France, ainsi que l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair, Davutoglu a prétendu que la montée de l’EI devait être attribuée au fait que l’Occident avait reculé devant l’idée de renverser Assad l’été dernier [et ce même s’il a été établi depuis que les attaques à l’arme chimique ne pouvaient en aucun cas être mises sur le dos du régime syrien, ndlr]. Tous oublient de dénoncer le soutien apporté par les régimes du golfe [Arabie saoudite et Qatar] aux djihadistes, ce qui devrait être le seul point de départ d’une « approche globale, inclusive, stratégique et combinée », pour reprendre les mots de Davutoglu.

Face à la menace que pose l’avancée de l’EI pour les populations kurdes du nord de la Syrie, le gouvernement turc a demandé la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne et d’une zone tampon tout au long de la frontière syrienne avec la Turquie, une stratégie qui est train d’être « examinée de près » par le secrétaire d’Etat américain John Kerry (avec l’accord des Britanniques), en dépit de l’opposition du Pentagone. Mais la Maison Blanche a ultérieurement précisé que l’idée n’était « pas à l’étude pour le moment ».

Selon des sources du renseignement américain, le plan turc a deux objectifs : 1) rassembler dans ces zones les opposants à Bachar al-Assad, afin de pouvoir poursuivre son offensive pour chasser celui-ci du pouvoir, 2) rassembler aussi les Kurdes, non pour les protéger, mais pour les empêcher de mettre en place une région autonome dans le nord-est de la Syrie, qui pourrait conduire à l’émergence d’une région similaire en Turquie.

Palestinisation des Kurdes

En permettant à l’EI de massacrer les Kurdes, Ankara espère que ces derniers se verront obligés de se réfugier dans cette zone tampon, dans des camps de réfugiés qui seraient placés sous le contrôle turc. Un observateur à Washington a qualifié ce plan de « palestinisation des Kurdes », en référence aux camps de réfugiés palestiniens établis au Liban, où ont vécu les Palestiniens pendant quarante ans sans aucune citoyenneté ni aucun autre droit.

Des pourparlers sur cette question auront lieu ce vendredi à Paris entre Laurent Fabius, chef de la diplomatie française, et son homologue turc, Mevlut Cavusoglu. Mais après une déclaration de François Hollande, favorable à la création de ces zones tampon, à Paris, on limite la portée de ces annonces. De source officielle on souligne que les « modalités » et la « légalité » d’une telle opération sont encore loin d’avoir été tranchées. Une source diplomatique citée par Le Monde précise qu’il s’agirait d’une initiative « essentiellement conduite par les Turcs et limitée à la région de Kobané, car c’est là qu’il y a urgence ». Elle pourrait se mettre en place sans l’aval juridique de l’ONU, poursuit cette source, dans la mesure où la Turquie agirait au nom de la « légitime défense ».

Cette politique dangereuse pourrait être comparée à la roulette russe. Un leader de l’opposition turque Kemal Kiliçdaroglu, a expliqué hier dans une entrevue avec le quotidien Hurriyet Daily News que le gouvernement turque continuait selon lui « à aider l’EI », et qu’il disposait d’informations montrant « qu’une partie des armes et de l’argent de l’EI a une origine turque », un fait dont se vantent ouvertement les porte-paroles de l’EI. « Si vous examinez attentivement, a-t-il poursuivi, vous verrez que le vice-président américain Joe Biden ne s’est pas excusé d’avoir dit que la Turquie avait aidé [l’EI] ; il s’est excusé d’avoir divulgué au public le contenu d’une conversation qu’il avait eu avec Erdogan, qui devait rester confidentielle. »

L’hypocrisie d’Ergogan a conduit la population kurde à organiser des manifestations mercredi dans toute la Turquie, réprimées dans le sang et qui ont conduit à la mort de 24 manifestants à Ankara, Istanbul et dans le sud-ouest du pays, à forte majorité kurde.

Marianne expose le rôle des banquiers turcs de l’Etat islamique

Dans sa livraison du 3 octobre 2014, l’hebdomadaire Marianne publie un court article révélant comment « certaines banques turques servent de véritables financiers à l’organisation de l’État islamique qui sème la terreur en Irak et en Syrie » grâce au « transfert de fonds de donateurs privés du Golfe en utilisant les services de banques britanniques ».

L’argent, déposé par des financiers saoudiens sur les comptes de banques saoudiennes qui les transfèrent à leur partenaires à Londres, est ensuite versé sur le compte d’une « d’une société commerciale fictive en Turquie », puis retiré en liquide avant d’être remis à « un représentant djihadiste à la frontière entre la Turquie et la Syrie ». Marianne conclue en rapportant que les « services de renseignement occidentaux ont commencé à faire des pressions sur les autorités turques (…) car Ankara avait tendance à fermer les yeux sur ce genre de trafic de capitaux, fautes de preuves ».

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