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Lac Tchad : percée du projet Transaqua dans la presse chinoise

La rédaction
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Alors qu’en Europe, à part en Italie, le sujet est cruellement absent dans les médias, la presse chinoise donne une bonne couverture à l’avancement de ce qui constitue peut-être le plus grand projet infrastructurel du siècle : le Transaqua. Voici l’article de Kimeng Hilton Ndukong [1], paru en anglais le 21 août sur le site du Quotidien du Peuple.

Rappelons ici qu’en France, c’est Jacques Cheminade qui défend ce projet Transaqua depuis longue date comme en témoigne son analyse de 2010 : « Lac Tchad : poumon d’eau et vecteur de vie économique pour l’Afrique centrale ».

Des entreprises chinoises et italiennes signent un accord pour la remise en eau du lac Tchad, en voie de disparition rapide.

Par Kimeng Hilton Ndukong, People’s Daily Online.

L’espoir renaît pour les 40 millions de gens qui dépendent du lac Tchad comme source de revenus, suite à la signature en juin dernier, à Hangzhou en Chine, d’un accord entre le géant chinois de la construction, Power China, et l’entreprise italienne Bonifica Spa. Cependant, la nouvelle n’a été rendue publique qu’au début de ce mois.

Un énorme transfert d’eau

L’accord porte sur la réalisation d’études de faisabilité pour un transfert d’eau de 100 milliards de m3 par an, depuis le fleuve Congo, en RDC, vers le lac Tchad, un parcours de 2500 km. But de l’opération ? Remplir ce lac en voie de rétrécissement rapide depuis des années. Le projet est connu également sous le nom de Transaqua.

Selon le site du magazine américain [à diffusion internationale], Executive Intelligence Review (EIR), la lettre d’intention a été signée lors d’une rencontre entre les PDG des deux entreprises, en présence de l’ambassadeur italien en Chine, Gabriele Menegatti.

Cet accord conclu récemment entre PowerChina et Bonifica, SPA, fait suite au mémorandum d’intention (MOU) signé entre PowerChina et la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) dans la capital nigériane, Abuja, le 13 décembre 2016. La CBLT rassemble le Cameroun, le Tchad, le Niger, le Nigeria et la République Centre-africaine.

Ce MOU court sur quatre ans, mais peut être étendu suite aux négociations entre les deux parties. Le but de l’accord est « de définir les principes d’une aide technique et financière pour la réalisation de ce transfert d’eau du bassin du Congo vers le lac Tchad », rapporte le site de la CBLT.

PowerChina financera les études de faisabilité à hauteur de 1,8 milliards de dollars américains, la CBLT s’engageant à fournir toute l’information nécessaire et l’assistance.

Relier l’Afrique centrale et de l’Ouest

Le MOU vise à poser les bases sur lesquelles les parties pourront poursuivre les recherches sur le projet de transfert d’eau vers le bassin du lac Tchad et d’autres projets futurs qui soient conformes à la Charte du bassin d’eau du lac Tchad, aux législations nationales, régulations et pratiques des pays membres.

Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour renforcer la capacité de résistance des pays du Sahel au changement climatique et pour élever ce projet au niveau d’une infrastructure continentale via l’ouverture d’un nouveau corridor de développement reliant l’Afrique centrale et de l’Ouest.

Les termes de l’accord incluent le transfert potentiel de 50 milliards de m3 d’eau par an vers le lac Tchad, via une série de barrages en RDC, en République du Congo Brazzaville et en République Centre-africaine (RCA), ainsi que la génération potentielle de 15 000 à 25 000 kWh d’hydroélectricité grâce au mouvement de l’eau par dénivellation.

D’autres bénéfices pourraient être obtenus grâce à l’irrigation des terres pour la culture et l’élevage sur 50 000 à 70 000 km2 du Sahel, dans des zones comprenant le Tchad, le nord-est du Nigeria, le nord du Cameroun et le Niger, et aussi grâce à l’introduction d’une nouvelle plateforme infrastructurelle pour l’industrie et le transport d’eau.

L’idée centrale est d’accroître la quantité d’eau du lac Tchad, améliorer les conditions de débit d’eau, réduire la pauvreté à travers des activités socio-économiques, assurer les besoins énergétiques de villes et de régions entourant la RDC et le Congo Brazzaville, ainsi que de mener des études approfondies sur l’impact environnemental de ces politiques.

De la Nouvelle route de la soie au lac Tchad

La CBLT a résolu le problème du financement de ces études de faisabilité sur le transfert d’eau vers le lac Tchad, en créant une Nouvelle route de la soie vers cette région.

PowerChina, l’une des grandes multinationales qui a construit le barrage des Trois Gorges, a signé le MOU avec la CBLT en décembre dernier. PowerChina s’est engagé à financer les études de faisabilité des premières étapes du Transaqua et, éventuellement, à construire l’infrastructure.

Le canal de transfert d’eau sera un canal navigable de 100 m de large et 10 m de profondeur, s’étendant de la RDC à la frontière de la RCA. Il sera doublé dans son parcours par une route de service public et, éventuellement, par une voie de chemin de fer.

Le rétrécissement rapide du Lac

Autrefois le plus grand au monde, le lac Tchad a connu dans les années récentes un rétrécissement rapide, en raison de la baisse des précipitations mais aussi de mauvaises pratiques d’irrigation.

D’autres phénomènes imprévus tels que l’exode de réfugiés et le déplacement des populations fuyant les horreurs du groupe terroriste Boko Haram s’y sont ajoutés entretemps.

Selon les experts, seule une mesure vigoureuse comme la remise en eau du Lac pourra empêcher que les zones humides – des terres très fertiles situées entre l’Afrique centrale et orientale – disparaissent totalement. Pour l’heure, l’assèchement du bassin du lac Tchad a rendu cette terre fertile uniquement au recrutement des terroristes de Boko Haram.

Bien que Transaqua représente depuis les années 1970 une solution viable aux problèmes du Lac, les nations occidentales et les institutions internationales ont montré peu d’intérêt à financer ce projet.

Le président Buhari fait pression

Un changement s’est produit en mai 2015 lors de l’élection du président nigérian, Muhammadu Buhari, qui est arrivé au pouvoir avec un programme pour développer l’infrastructure nationale, incluant la réalisation du projet de transfert d’eau vers le lac Tchad.

Lors de différents forums internationaux, le président Buhari a plaidé pour que les problèmes du lac Tchad soient résolus et demandé aux nations occidentales de tenir leurs promesses d’assistance financière à l’Afrique. Il a aussi fortement orienté son gouvernement vers une coopération avec les pays des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

En commentant dans le Nigérian Tribune du 25 juillet dernier la percée que représente cet accord, le ministre des Ressources aquifères du Nigeria, Suleimn Adamu, notait que les autorités chinoises avaient entrepris un projet similaire dans leur pays en transférant de l’eau du Sud vers le Nord où l’on trouve des zones semi-arides.

Le ministre a ajouté que le Nigeria, travaillant de concert avec l’UNESCO, prévoit l’organisation d’une conférence internationale sur le lac Tchad à Abuja, avant la fin 2017, pour organiser un soutien à ce projet.

Le rôle de LaRouche

Grâce au combat mené depuis des années par les organisations de Lyndon LaRouche et par les initiateurs de Transaqua, le projet est en passe de devenir réalité aujourd’hui dans le contexte du projet de Nouvelle Route de la soie. En 2015, l’Executive Intelligence Review (EIR) et l’Institut Schiller ont organisé une première rencontre entre la CBLT et les ingénieurs du Transaqua.

Elle fut suivie en décembre 2016 par la signature du MOU entre la CBLT et PowerChina, et l’établissement des contacts entre la société Bonifica Spa et l’entreprise chinoise.

L’origine de Transaqua

Ce projet a été conçu à la fin des années 70 par la société d’ingénierie italienne Bonifica. Le Congo est le deuxième fleuve du monde. Cependant, 41 000 m3 d’eau se perdent en moyenne à courts intervalles dans l’océan Atlantique. Bonifica a estimé que 3 à 4 % des eaux non utilisées du Congo suffiraient pour remettre en eau le lac Tchad.

Ce projet prévoit de construire un canal depuis la partie sud de la RDC (l’ancien Zaïre), d’intercepter les affluents du Congo sur sa rive droite à l’aide de barrages et de réservoirs, et de déplacer 100 milliards de m3 d’eau par an, par dénivellation vers le lac Tchad. Si ce projet a intéressé plusieurs intervenants, il n’a pas beaucoup progressé par manque d’intérêt et de financements.


[1Kimeng Hilton Ndukong est rédacteur au People’s Daily Online et éditeur adjoint de World News de La Tribune du Cameroun, un quotidien bilingue de ce pays. Il est actuellement chargé de recherche au China-Africa Press Centre (CAPC).

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