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Lavrov demande à la Turquie de s’expliquer sur l’atterrissage forcé de l’avion de ligne russe

La rédaction
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Dans une entrevue à Rossiskaya Gazeta le 23 octobre, le ministre des Affaires étrangères russe Sergei Lavrov a confirmé que la Russie allait demander des explications à la Turquie concernant l’atterrissage forcé d’un avion de ligne russe à destination de Damas le 10 octobre dernier. Il a également demandé que la Turquie reconnaisse publiquement qu’il n’y avait aucune arme à bord de l’avion arraisonné.

En plus d’avoir faussement allégué que l’avion transportait des armes pour le régime syrien, la Turquie n’a pas informé la Russie sur ce qui se passait avec les 17 russes qui se trouvaient à bord de l’avion. « Selon les journaux turques, l’information selon laquelle l’avion transportait supposément des armes avait été passée aux Turcs par les Américains. Les Turcs n’auraient jamais osé faire une telle chose, s’ils n’avaient pas fait confiance aux américains à 100 %. Il s’est avéré toutefois qu’il n’y avait aucune arme à bord. L’avion transportait du matériel électrique pour les radars syriens, un chargement légal qui n’est prohibé par aucune convention internationale. L’information visait à renforcer les relations entre la Turquie et les Etats-Unis par rapport à la Syrie. Mais il existe un mécanisme de consultation politique entre la Russie et la Turquie. Ayant reçu pareille information, les Turcs auraient pu consulter Moscou et l’incident aurait pu être évité », a expliqué Lavrov.

Il a ajouté que puisque la Russie et la Turquie étaient de proches voisins et entretenaient de bonnes relations sur les questions stratégiques, un tel incident, fomenté de l’extérieur, ne devrait pas pouvoir polluer les relations entre les deux pays.

Le chef de l’état-major des armées russes, le général Nikolai Makarov, a par ailleurs déclaré le 24 octobre que les rebelles syriens sont maintenant armés de systèmes de défense portables (MANPADS), incluant des lance-missiles Stinger fabriqués par des pays étrangers, dont les Etats-Unis (General Dynamics), rapporte aujourd’hui l’agence de presse Ria Novosti. Makarov a affirmé que la Russie possède des « preuves probantes » montrant que les rebelles disposent de ces armes, mais pour déterminer « qui les a livrées, nous devons enquêter sur la question ».

En août dernier, l’agence de presse américaine NBC News avait rapporté que les rebelles avaient reçu des MANPADS d’origine indéterminée, possiblement en provenance de Turquie, d’Arabie saoudite ou du Qatar, des pays qui ont souvent été sollicités à fournir un soutien militaire à l’opposition syrienne.

La porte-parole du département d’Etat américain Victoria Nuland a dit ne pas être en mesure de confirmer si les rebelles disposent effectivement de tels missiles, mais elle a prétendu que les Etats-Unis sont opposés à la dissémination non contrôlée de MANPADS. « Nous avons déjà insisté sur le fait que nous sommes très sourcilleux à l’égard de la présence de ce type d’armes à travers le monde. Nous travaillons avec les gouvernements qui essaient de retirer les MANPADS de la circulation », a-t-elle déclaré.

Les MANPADS sont des lance-missiles portables sur l’épaule d’un seul individu, qui sont dotés d’un mécanisme de guidage à infra-rouge visant la source de chaleur d’un moteur d’avion, pouvant frapper une cible à 4000 mètres de hauteur. Ils sont particulièrement dangereux pour les avions gros et lents comme les avions civils et les hélicoptères. Plusieurs avions civils avaient été pris pour cible à la fin des années 70, et ces armes avaient été soumises à des contrôles pour empêcher leur prolifération suite à la signature d’un traité par 95 pays en 2003. Un autre traité encore plus restrictif a été signé en mai 2004 par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et les Etats-Unis.

Soulignons pour conclure que les autorités jordaniennes rapportent que ses soldats sont de plus en plus souvent attaqués par des rebelles cherchant à entrer de force en Syrie. Le ministre de l’Information de Jordanie Samih Maaytah a déclaré qu’un soldat a été tué récemment en essayant d’empêcher 16 combattants extrémistes d’entrer en Syrie. Quatre rebelles ont été tués à cette occasion et 12 ont réussi à s’enfuir de l’autre côté de la frontière.

Le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta a reconnu pour la première fois lors d’une conférence de l’OTAN à Bruxelles le 9 octobre que 150 soldats américains avaient été envoyés en Jordanie, supposément pour aider le royaume hachémite à répertorier les sites d’armes chimiques et biologiques en Syrie, mais également pour l’aider à faire face au flux de réfugiés venant de Syrie. Un tel aveu tend à confirmer que l’armée américaine est nettement plus engagée dans le conflit syrien qu’elle veut bien le reconnaître, et que la situation en Jordanie se dégrade en raison du grand nombre de rebelles et de terroristes transitant par le pays en provenance du Liban, d’Arabie saoudite ou bien d’Irak, vers la Syrie.

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