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Le Grexit : la stratégie de Schäuble pour une dictature européenne

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Il est désormais prouvé que le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble (à gauche), n’a jamais réellement voulu négocier avec la Grèce (à droite, Yanis Varoufakis). Ce qu’il cherche, c’est utiliser la crise actuelle pour faire adopter son plan de dictature supranationale.
Crédit : Reuters

Après cinq mois de négociations truquées, le Premier ministre grec Alexis Tsipras, fidèle à la volonté du peuple grec qui désire rester dans l’euro, fut mis devant un chantage innommable : accepter la reddition sans condition de son pays ou subir une sortie désordonnée de la zone euro, c’est-à-dire un « Grexit » plongeant la Grèce dans le chaos et la destruction.

Cette « capitulation » de Tsipras, obtenue « grâce » aux efforts des tortionnaires Donald Tusk, François Hollande et Angela Merkel, qui ne veulent pas entrer dans l’histoire comme les « fossoyeurs » de l’euro, ne réjouit guère le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble.

Dès l’élection de Syriza, ce dernier avait multiplié les humiliations et les déclarations agressives, et serré la corde autour du cou des Grecs. Avec le refus de toute restructuration de la dette et la mise sous tutelle coloniale de la Grèce, Schäuble aura son Grexit. Ce n’est qu’une question de temps.

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Pour Schäuble, un Grexit est la meilleure solution, y compris pour les Grecs. Le chroniqueur vedette du Telegraph, Ambrose Evans-Pritchard, souligne ironiquement que Schäuble est le seul politicien « à apporter une alternative pour la Grèce : la sortie de l’euro, une aide humanitaire, et le soutien à une nouvelle drachme par la BCE ». Schäuble propose même une restructuration de la dette, possible uniquement… hors des traités européens.

Cependant, il y a plus. Depuis ses premières tribunes publiées avec Karl Lamers en 1994, Schäuble se voit comme l’architecte d’une « nouvelle Union européenne ». Et la crise grecque offre une occasion historique pour réaliser son plan. « Comment sais-je que le Grexit est une partie importante du plan Schäuble pour l’Europe ? Parce qu’il me l’a dit », affirme le 13 juillet l’ancien ministre des Finances Yanis Varoufakis dans les colonnes du journal allemand Die Zeit (traduit en anglais sur son blog).

En 2012, Schaüble avait précisé dans un entretien avec Spiegel sa vision de l’Europe. Il s’agit avant tout d’une « Union politique » cœur d’un « noyau dur » autour de la monnaie unique.

Schäuble exige la création d’un ministre des Finances européen, garant de la solidarité et de la rigueur, qui aurait un droit de veto sur les budgets des États membres. Il imagine la Commission de Bruxelles transformée en véritable gouvernement de l’UE, dont les membres seraient élus par le Parlement européen, et son président au suffrage universel. Parmi les propositions de Schäuble, l’idée saugrenue mais logique que les Etats membres de l’UE seraient représentés dans une Chambre des États, comparable au Sénat américain ou au Bundesrat allemand. « L’Europe de l’avenir ne sera pas un État fédéral sur le modèle des Etats-Unis ou de l’Allemagne. Elle aura sa propre structure. »

La mise en œuvre de ce « saut fédéral » pour les plus aptes, c’est-à-dire l’enterrement de l’Europe des patries, implique la modification des traités européens, notamment parce qu’il s’agit de transferts de souveraineté que le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe considère comme incompatibles avec la Loi fondamentale allemande.

La réélection de Cameron offre à Schäuble un allié inattendu. Sous la pression des eurosceptiques au sein des Tories, Cameron, qui a accompagné la Reine Elizabeth II lors de sa visite d’État en Allemagne au moment où se négociait le sort de la Grèce, veut, lui aussi, réécrire les traités européens. Non pas pour obtenir plus, mais moins d’intégration. A cela s’ajoute qu’une partie importante des élites anglaises et la famille Royale se préparent à une « désintégration contrôlée » de l’Europe, un processus sur lequel ils comptent bien garder la main.

Sans doute pour tenter de contrôler l’Allemagne, Hollande, a relancé l’idée d’un « gouvernement économique » cher à Jacques Delors en proposant précisément la création d’un ministre européen des Finances comme le souhaite… Schäuble.

Ivres de leurs certitudes, nos dirigeants, en se soumettant aux fantasmes juridiques, économiques et politiques qu’ils ont aidé à engendrer, comme dans les années trente, deviennent aussi malfaisants que leurs créations. C’est bien cela ce fascisme financier que nous devons terrasser.

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