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Lavrov dénonce les provocateurs et l’ingérence occidentale en Ukraine

La rédaction
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A la veille d’une réunion ministérielle ce mardi entre le Conseil de l’Union européenne et la Russie, le ministre russe des Affaires étrangères Sergeï Lavrov n’a pas mâché ses mots, dénonçant dimanche le 15 décembre « les provocations et les intérêts financiers derrière les protestations en Ukraine ».

Dans un entretien à la chaîne télé russe Rossiya-24, Lavrov a déclaré que des « agents provocateurs, avec un scénario préparé longtemps d’avance » étaient derrière les événements de Kiev. Lavrov s’est demandé ce qui aurait bien pu, objectivement, justifier des telles manifestations :

Une manifestation de cette ampleur et avec des slogans aussi décapants a été arrangée comme si le pays avait déclaré la guerre à un pays pacifique contre la volonté de son propre peuple. Ceci dépasse l’analyse humaine normale. Il n’y a aucun doute que des agents provocateurs sont derrière ceci. Je suis vraiment attristé de voir que nos partenaires occidentaux ont apparemment perdu le sens des réalités.

Lavrov a expliqué que le libre-échange avec l’UE va décimer ce qui reste de la base industrielle de l’Ukraine. « L’UE essaie d’imposer sa position sur le soi-disant partenariat avec les pays d’Europe de l’est tandis qu’ils ne peuvent pas faire face à la compétition pour une majorité des produits européens. On cherche à les attirer dans une zone de libre-échange en acquérant leurs marchés, qui seront immédiatement inondés de produits plus compétitifs provenant de l’Europe, ruinant les industries identiques dans les pays qui signeraient des accords d’association. Ceci causerait des problèmes pour la Russie, car nous n’avons pas de frontière douanière avec ces pays non plus. »

Sur la participation de personnalités occidentales dans les manifestations ukrainiennes, Lavrov a demandé :

Supposons que je vienne marcher aux côtés de manifestants soutenant quelque parti en Allemagne et demandant à ce que le pays change son attitude à l’égard de l’UE, ou bien qu’il en sorte... Comment réagirait-on ? Je crois que le Parlement européen ou l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, le Conseil de l’Europe, ou bien l’OSCE auraient toutes voté des résolutions dénonçant un tel comportement comme outrageant, ainsi que la manière dont la Russie interférerait dans les affaires internes de l’Allemagne.

Pour ce qui concerne le projet d’accord d’association entre l’Europe et l’Ukraine en tant que tel, le député russe Alexeï Pouchkov a fait remarquer le 15 décembre que l’Ukraine avait d’excellentes raisons de rejeter l’accord, puisque les maigres compensations proposées en échange du démantèlement de l’industrie ukrainienne ne s’élevaient qu’à 660 millions d’euros.

La commission européenne a d’ailleurs préféré suspendre les négociations, après l’annonce du gouvernement ukrainien de vouloir les reprendre, car la décision a été prise de faire tomber le gouvernement en place plutôt que de faire des concessions supplémentaires, dont une nouvelle proposition d’aide de 20 milliards d’euros pour la signature d’un accord. N’oublions pas que le FMI avait suspendu une ligne de crédit de 12 milliards d’euros en 2011 parce que le gouvernement ukrainien refusait de mettre fin aux subsides sur les fournitures de gaz aux ménages.

Cette tentative de déstabilisation de l’Ukraine par la Troïka a également pour objectif de saboter la collaboration entre les Etats-Unis et la Russie sur la question de la Syrie et de l’Iran. Il n’est pas surprenant dans ce contexte de voir la personnalité la plus hostile à la paix en Syrie et avec l’Iran, le sénateur américain John McCain, se précipiter à Kiev en compagnie du sénateur Christopher Murphy pour participer aux manifestations.

S’adressant à quelque 200 000 manifestants depuis la tribune, McCain a menacé le pays de sanctions si les manifestations étaient réprimées. Lisant un petit bout de papier et cherchant à paraître passionné, le sénateur américain s’est exclamé :

 L’Ukraine rendra l’Europe meilleure, et l’Europe rendra l’Ukraine meilleure. Nous sommes ici pour soutenir votre juste cause, le droit souverain de l’Ukraine à déterminer librement son propre destin, et ce de manière indépendante.

Il n’a pas précisé comment une baisse supplémentaire des salaires en Europe et la mise à pied de dizaines de milliers de travailleurs ukrainiens rendrait l’un et l’autre « meilleurs ». Juste à côté du sénateur américain se trouvait nul autre que Oleh Tyahnybok, chef du parti Svoboda, un parti néo-nazi qui accuse régulièrement la « juiverie organisée » et la « mafia juive de Moscou » d’être la cause des problèmes de l’Ukraine, et dont l’idéologue en chef cite régulièrement Goebbels. Le parti de Tyahnybok a 37 députés au Parlement ukrainien, qui sont souvent responsables de combats à mains nues dans l’enceinte du Parlement dès qu’un député parle en russe.

Comme l’a par ailleurs fait remarquer le 14 décembre le député progressiste américain Dennis Kucinich dans Reader Supported News, les ukrainiens manifestant à Kiev pour des avantages économiques bien flous risquent fort bien de déchanter lorsqu’ils découvriront que le traité d’association comporte une clause d’harmonisation entre l’Europe et l’Ukraine dans le domaine des Affaires étrangères et de la sécurité, en vertu de laquelle l’Ukraine, qui ne consacre que 1,1 % de son PIB à la défense, devra se mettre au niveau des pays membres de l’UE, qui eux y consacrent au moins 2 % de leur PIB.

« Lorsque les dépenses militaires montent, les dépenses domestiques baissent », souligne-t-il, et les « gagnants risquent bien plus d’être les "gens" de Lockheed-Martin, Northrop Grumman, Boeing et autres grands groupes, que le peuple ukrainien ».

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