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le prix du progrès ne doit pas être celui du sang...

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...cela peut être celui de la sueur
De grands projets d’objectif pacifique comme alternative à la guerre

Discours de l’ancien gouverneur d’Alaska Hickel, le 24 avril 2007, à l’occasion de la conféence du Détroit de Béring à Moscou

...cela peut être celui de la sueur
De grands projets d’objectif pacifique comme alternative à la guerre

Discours de l’ancien gouverneur d’Alaska Hickel, le 24 avril 2007, à l’occasion de la conféence du Détroit de Béring à Moscou
Ce qui suit est le texte d’un document présenté lors de cette conférence sur « les perspectives pour la création d’un corridor de transport multimodal pour l’Eurasie et l’Amérique du Nord via le Détroit de Béring ».

Le monde se joint à la Russie dans sa tristesse face à la mort de Boris Yeltsin hier. Son courage pouvait changer une nation.

Unir la Russie et l’Amérique changera le monde

Mes félicitations pour l’académicien Granberg, le conseiller pour l’étude des forces productives, et notre hôte pour cet important événement. En initiant cette série de conférences internationales sur les grands projets de transports du 21è siècle, vous rendez un service pour tous les peuples. Et l’Alaska veut apporter son aide.
Ces conférences pourraient devenir parmi les plus importantes initiatives de ce siècle. Et je partage votre vision.

Cela peut être une alternative à la guerre

Dans les récentes années, le choc des cultures dans plusieurs parties du monde s’est étendu, allant de l’incompréhension et la suspicion à l’hostilité et la violence. Les pays aspirant à devenir des cultures de liberté sont devenues des cultures de peur.
Ayant observé les conflits mondiaux toute ma vie, j’ai toujours pensé que la guerre ne résout que rarement les problèmes.
Historiquement, les dirigeants cyniques du monde politique et des affaires l’ont utilisé comme une stratégie économique. Les guerres peuvent unifier et mobiliser un peuple. Les guerres mettent les gens au travail et leur donnent un but. Mais ma question est : pourquoi la guerre ? Pourquoi pas des grands projets ? La guerre n’est qu’un grand projet.
Le prix du progrès ne doit pas être celui du sang. Cela peut être celui de la sueur.
Les grands projets sont l’alternative à la guerre. Cette idée est aussi vieille que les pyramides d’Egypte, les aqueducs de Rome et les cathédrales d’Europe.
Faisons que cette série de conférences s’inscrive dans cette tradition ; créons une infrastructure de transport à travers le monde pour le 21è siècle.
Pourquoi ne pas transporter l’eau douce là où sévit la sécheresse ?
Pourquoi ne pas remplacer le charbon et le pétrole par le gaz naturel et la puissance électrique afin de rendre nos villes propres ?
Pourquoi ne pas ouvrir la route russe du Nord, pionnière, au monde ?
Pourquoi ne pas explorer l’espace pour les ressources dont l’homme a besoin ?
Tout cela est possible. Et bien plus encore.
Alors que j’étais gouverneur d’Alaska à la fin des années 1960, j’avais proposé la construction d’un chemin de fer à travers le monde, un chemin de fer partant des Etats-Unis continentaux, traversant l’Alaska, puis passant par le détroit de Béring, et connectant la Russie par l’Est avec le Transsibérien, jusqu’en Europe.
Le Time Magazine fut très enjoué par cette idée. Ils l’appelèrent « Vladivostok, Nome and the Santa Fe ». Mais ils ne pensaient pas assez grand. Imaginez que vous preniez ce train à Londres ou à Paris, que vous voyagiez jusque Moscou, puis à travers la Sibérie jusque vers l’Alaska, et enfin vers les Grands Lacs et enfin New York...
Un tel lien par le rail ferait jaillir des fontaines d’idées, de curiosité et de commerce. Cela deviendrait une des grandes merveilles du monde.

« Travailleurs, unifiez le monde »

Pendant des années, les philosophes ont rêvé de bâtir un monde nouveau. Je crois que la meilleure manière de bâtir un monde nouveau est de réellement LE BATIR.
Cela commence avec les optimistes et les visionnaires, comme ceux qui se trouvent actuellement dans la salle. Ensuite nous avons besoin de dirigeants qui peuvent prendre des décisions. Alors les ingénieurs peuvent se mettre en marche. Ainsi que les ouvriers qualifiés. Des dizaines de milliers, voire même des millions, peuvent être impliqués. Il est temps de réécrire le slogan « les travailleurs du monde unifié ». Il est temps de proclamer : « travailleurs, unifiez le monde ».
Nous nous sommes réunis aujourd’hui pour discuter des perspectives pour la création d’un corridor de transport multimodal, via le détroit de Béring. De notre côté, cela en est toujours au stade de vision.
En Alaska notre attention se focalise sur un autre grand projet, un pipeline de gaz naturel allant des côtes du Nord de l’Alaska jusqu’aux eaux de marée ou à travers le Canada. Nous espérons pouvoir en commencer la construction dès 2010.
Un corridor de transport liant l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord nécessitera un leadership de l’Alaska, aussi bien que de notre Président et de notre Congrès, pour permettre l’accès aux terres et eaux fédérales et nationales de l’Alaska.
Cela nécessitera le soutien par les peuples d’Alaska et d’Amérique. La clé pour gagner ce soutien est la validité du projet. Et c’est là que je voudrais décrire cette vision.
Quand on regarde les objectifs pour le 21è siècle, tout mène vers une alliance des Etats-Unis et de la Russie. Il ne pourrait pas y avoir de symbole plus important.
J’ai cru pendant des années que cela était possible. Et le commencement se fera au Détroit de Béring.
Construisons un lien entre nos deux grandes nations ; un tunnel pour déplacer les individus, les ressources et les biens, d’Est en Ouest, et d’Ouest en Est.
Les plus grandes réserves mondiales en ressources naturelles attendent en Sibérie, en Alaska et dans le Nord du Canada.
Bâtissons une connexion par rail afin d’apporter ces richesses au monde entier.
Construisons un lien par câble de fibre optique afin d’améliorer les télécommunications mondiales.
Construisons des lignes de transmission à longue distance pour les 1.6 milliards d’êtres humains qui n’ont pas d’électricité.
Montrez-moi un endroit dans le monde où il manque de l’énergie, et je vous montrerai la pauvreté la plus élémentaire. Il y a un rapport direct entre énergie et pauvreté, énergie et guerre, énergie et paix.
Dans les années 1970, l’inventeur Buckminster Fuller avait lancé l’idée d’un réseau d’énergie global. Des générateurs d’électricité, dans l’hémisphère Nord, restent inutilisés durant les nuits, et peuvent donc être mis à plein régime pour donner à l’hémisphère Sud les moyens de combattre la pauvreté.
La technologie dont nous disposons, pour le transport de l’électricité sur de longues distances, a encore besoin d’être améliorée. Mettons à contribution les plus grands esprits pour réaliser ce défi. Cela peut être une entreprise de mérite vaste et visionnaire pour notre génération et la prochaine. Et l’un des liens manquant est le Détroit de Béring.
Certains demandent « mais d’où va venir l’argent ? » Mon expérience est que l’argent n’est jamais le problème. Je me souviens des jours noirs de la grande dépression des années 1930. Nous luttions pour sauver nos fermes et nourrir nos familles. Quand nous demandions aux politiciens de nous aider, ils nous répondaient qu’il n’y avait pas d’argent. Ensuite le Japon envahit Pearl Harbor et nous avions tout l’argent du monde !
Aujourd’hui, il y a des doutes sur la possibilité de construire un tunnel dans le Détroit de Béring. Ils disent « cela ne peut pas se faire ».
Quand je me rendis en Alaska, alors que j’étais un jeune homme, je m’étais battu pour la construction d’une grande route, allant des 48 Etats du Sud jusqu’en Alaska. Ils dirent alors qu’il était impossible de construire une route de 2000km passant par l’Alaska et les régions les plus reculées du Canada. Mais une fois que la deuxième guerre mondiale a commencé, la US Army construisit la Grande route d’Alaska en neuf mois !
D’autres critiques du Détroit de Béring croient que « small is beautiful » (le petit est beau) et « wilderness is the world » (le monde est une terre sauvage). Ils disent que le lien par rail amènera trop de dépenses et détruira l’environnement. Ils s’opposent à tous les grands projets. Mais nous, dans le Nord, nous comprenons quelle est puissance de tels grands projets pour changer la société pour le meilleur. La Russie l’avait fait en construisant les 10000km de chemin de fer transsibérien. L’Alaska l’avait fait avec le grand pipeline de pétrole trans-Alaska. Ces merveilles modernes ont mobilisé nos peuples, leur donnant un défi et un but.
Et il en sera ainsi avec ce corridor de transport entre l’Eurasie et l’Amérique du Nord. En réalité, je crois que cela sera bon pour l’environnement mondial. Parce qu’il n’y aura aucune réponse à la pollution tant que nous ne donnerons pas de réponse à la pauvreté. Cette vérité est aussi vraie que les 10 commandements.

La règle du capitalisme débridé ne peut pas être la seule règle

Aujourd’hui, je voudrais saluer la Russie pour avoir pris l’initiative pour penser aux grands projets. Le fait que cette conférence se déroule à Moscou est un signe du rôle nouveau que joue la Russie dans le monde. Je l’avais prédis lorsque j’étais venu ici en tant que gouverneur d’Alaska, en 1992.
« Vous allez voir une Russie nouvelle et prospère », avais-je dis. « Non pas en une nuit, mais en une génération ».
Aujourd’hui, vous avez même surpassé mon optimisme. Vous êtes le plus grand exportateur d’énergie du monde. Vos plus grandes villes sont en train de s’épanouir. Et vous êtes désormais prêts à étendre cette prospérité depuis le centre jusqu’aux régions les plus reculées.
C’est là que l’Alaska peut aider. L’Alaska est une région reculée, historiquement pauvre, ignorée et exploitée, et qui a trouvé sa propre voie vers la prospérité. Notre solution commence avec une compréhension de ce que nous avons en commun.
Il y a des terres très vastes en Alaska. Et c’est le gouvernement, pas le secteur privé, qui contrôle ces biens.
Autres que les populations d’Alaska, les corporations natives possèdent 12 % des terres. Le gouvernement possède 99 % du reste. Les individus privés ne possèdent que le 1 % restant.
Les Etats-Unis et l’Europe occidentale ont une tradition de possession privée, mais cela n’est pas vrai pour l’Alaska. Et cela n’est pas vrai pour le monde pris comme un tout. 84 % du monde est un bien commun, en incluant les océans.
Les Nations Unies les appellent les terres de possession commune ; les eaux et ressources les « biens communs globaux ». Donc, afin de prendre soin de ces biens communs et de les utiliser pour le bénéfice de l’humanité, nous devons apprendre à travailler ensemble.
Comme faire cela ? Le capitalisme débridé ne peut pas être la réponse. Quand il s’agit de biens communs, les règles de ce capitalisme ne peuvent être le seul guide. Sans préoccupation pour les autres, pour leurs besoins et leurs manques, les activités orientés vers le seul gain privé deviennent destructives, seulement pour les autres, mais éventuellement pour soi-même.
Les populations du Nord ont toujours vécu sur le bien commun. Ils ont appris il y a longtemps que dans un environnement froid et sévère, vous devez prendre soin des autres. Vous ne gaspillez rien. Vous prenez soin du tout. Vous partagez pour survivre. Tout chasseur partage la baleine, le morse ou le caribou, avec les autres, et plus spécifiquement avec les plus vieux et les plus jeunes.
Ces principes sont inscrits dans la constitution de l’Alaska. Ce dont nous disposons en commun en Alaska doit être géré non pas dans l’intérêt de quelque uns, mais pour le bénéfice maximum de tous. Il revient au gouvernement l’obligation de prendre soin des terres et de les rendre productives. C’est la raison pour laquelle j’appelle l’Alaska « l’Etat propriétaire ».
En conclusion, je veux dire que je crois que si nous allions la Russie à l’Amérique, cela changera le monde.
Premièrement, nous pouvons créer une nouvelle génération d’espoir, et une diminution des tensions.
Deuxièmement, un corridor de transport améliorera grandement les communications et le commerce.
Et troisièmement, la Russie et l’Alaska peuvent offrir aux autres nations du monde un modèle de conservation et de développement en commun.
Le résultat peut être un monde réellement meilleur. Faisons-le !
Pour finir, laissez-moi dire qu’au-delà de la mer, nos cœurs sont avec les russes.
Merci

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